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«El Chapo» connaîtra son sort mercredi

Le narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman, alias «El Chapo» devrait être condamné mercredi à New York à la prison à vie.

La justice mexicaine a annoncé dimanche avoir extradé vers les États-Unis José «S», le «Monsieur Tunnels» du cartel mexicain de Sinaloa. (19 janvier 2020)
La justice mexicaine a annoncé dimanche avoir extradé vers les États-Unis José «S», le «Monsieur Tunnels» du cartel mexicain de Sinaloa. (19 janvier 2020)
Keystone
Le Parquet a réclamé mercredi la réclusion à perpétuité contre le narcotrafiquant mexicain Joaquin «El Chapo» Guzman, assortie d'une peine de 30 ans de prison, pour avoir organisé le passage de plusieurs centaines de tonnes de drogue aux États-Unis. (11 juillet 2019)
Le Parquet a réclamé mercredi la réclusion à perpétuité contre le narcotrafiquant mexicain Joaquin «El Chapo» Guzman, assortie d'une peine de 30 ans de prison, pour avoir organisé le passage de plusieurs centaines de tonnes de drogue aux États-Unis. (11 juillet 2019)
AFP
Joaquin Guzman Loera, alias 'El Chapo' a été arrêté le 22 février à Mazatlan au Mexique.
Joaquin Guzman Loera, alias 'El Chapo' a été arrêté le 22 février à Mazatlan au Mexique.
Keystone
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La fin d'un feuilleton de plus de quarante ans va prendre fin ce mercredi avec la condamnation du narcotrafiquant «El Chapo».

Les textes sont formels. Le juge fédéral Brian Cogan, qui a présidé le procès fleuve d'El Chapo entre novembre et février, doit prononcer la réclusion à perpétuité, rendue automatique par les chefs dont il a été reconnu coupable le 12 février.

Considéré comme le narcotrafiquant le plus puissant depuis la fin du règne du Colombien Pablo Escobar en 1993, Joaquin Guzman, aujourd'hui âgé de 62 ans, a acheminé aux États-Unis au moins 1200 tonnes de cocaïne sur un quart de siècle.

«Les preuves accablantes présentées lors du procès ont montré que (Joaquin Guzman) était le chef impitoyable et sanguinaire du cartel de Sinaloa», qu'il a codirigé entre 1989 et 2014, a écrit le bureau du procureur fédéral de Brooklyn Richard Donoghue, dans son réquisitoire avant le prononcé de la peine.

26 personnes tuées

Durant le procès, l'accusation a montré que le Mexicain avait ordonné l'assassinat ou mis lui-même à mort au moins 26 personnes – parfois après les avoir torturées – qui étaient informateurs, trafiquants issus d'organisations rivales, policiers, collaborateurs, voire même des membres de sa propre famille.

Au moins une victime, dont le procureur a simplement indiqué qu'elle avait survécu à une tentative de meurtre commanditée par Joaquin Guzman, devrait s'exprimer mercredi avant la condamnation.

Les trois mois d'audience du procès ont permis de brosser le tableau le plus détaillé à ce jour de l'organisation du cartel de Sinaloa et de l'existence aussi terrifiante que rocambolesque de Joaquin Guzman.

Le trafic continue

Mais les autorités ne se satisfont pas de la perpétuité et ont réclamé, dans leur réquisitoire, qu'y soit ajoutée une peine supplémentaire de trente années de réclusion pour usage d'armes automatiques.

Elles réclament aussi la saisie de 12,6 milliards de dollars, ce qui correspond, selon elles, aux gains tirés du trafic de drogue. À ce jour, la justice américaine n'en a pas vu le moindre centime.

Celui dont le parcours a commencé en travaillant dans les champs de cannabis du Sinaloa, sa région d'origine, devrait purger sa peine à l'Administrative Maximum Facility, un établissement situé au milieu de nulle part, à Florence (Colorado).

Surnommée l'«Alcatraz des Rocheuses», la prison est considérée comme la plus sûre des États-Unis et abrite plusieurs détenus célèbres comme Terry Nichols (complice dans l'attentat d'Oklahoma City) ou le Français Zacarias Moussaoui, qui a participé à la préparation des attentats du 11-Septembre.

«Une version aseptisée de l'enfer», titrait l'émission «60 Minutes» de la chaîne CBS en 2007.

Placé dans une prison ultrasécurisée au sud de Manhattan depuis son extradition en janvier 2017, Joaquin Guzman s'est régulièrement plaint par le biais de ses avocats de ses conditions de détention, sa cellule sans fenêtre étant éclairée artificiellement en permanence.

Évadé 2 fois

Le narcotrafiquant, qui s'est déjà évadé à deux reprises de prisons mexicaines, en 2001 et en 2015, pourrait voir pour la dernière fois à l'audience de mercredi son épouse et ses deux filles, qui ne sont pas autorisées à lui rendre visite.

«La peine demandée par l'État, soit la perpétuité assortie de trente ans, est une blague», a estimé son avocat Eduardo Balarezo. «La condamnation et l'incarcération de Joaquin [...] ne vont rien changer à la guerre contre la drogue.»

Lors d'un entretien à l'AFP, la procureure spéciale de New York en charge des stupéfiants, Bridget Brennan, a reconnu que la mise hors circuit de Joaquin Guzman n'avait pas amoindri l'influence du cartel de Sinaloa.

«Nous pensons que c'est celui qui est responsable de l'acheminement de la plupart de la drogue qui entre aux États-Unis», a-t-elle expliqué.

(AFP)

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