L'élection mi-mandat sera délicate pour Trump

Etats-UnisLes Américains seront appelés le 6 novembre aux urnes, la première fois depuis l'élection du président américain, en 2016.

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Son nom ne sera inscrit sur aucun bulletin de vote, mais sera dans tous les esprits. Donald Trump se prépare à des élections cruciales au congrès, qui donneront le ton de la deuxième partie de son mandat à la présidence des Etats-Unis.

Dans deux mois, tous les Américains sont appelés aux urnes pour la première fois depuis le 6 novembre 2016, date d'une soirée électorale à jamais gravée dans l'histoire américaine puisqu'elle a propulsé l'impétueux milliardaire de New York à la Maison-Blanche.

En jeu: tous les sièges de la chambre des représentants, un tiers de ceux du Sénat, ainsi que les postes de gouverneurs dans une trentaine d'Etats. Les républicains, aujourd'hui aux commandes du congrès, jouent gros. Si un basculement du Sénat semble a priori peu probable, les sondages dessinent une «vague bleue» pour la chambre des représentants.

Le dernier en date, réalisé pour Washington Post/ABC, donne un clair avantage aux démocrates. Si les élections avaient lieu aujourd'hui, 52% des électeurs inscrits voteraient pour un de leurs candidats, contre 38% pour un candidat républicain.

Signaux économiques au vert

Fait notable, 58% des Américains jugent que la situation économique des Etats-Unis est «bonne» ou «excellente». De fait, nombre d'indicateurs de la première puissance mondiale sont au vert: taux de chômage au plus bas depuis 18 ans, à 3,9%, croissance de 4,2% en rythme annuel.

En dépit de ces chiffres flatteurs, le «Grand Old Party» est en difficulté, un relatif paradoxe qui met crûment en relief l'impopularité de Donald Trump. L'élection est encore loin d'être jouée, met cependant en garde Larry Sabato, directeur du centre politique de l'université de Virginie, rappelant combien «l'ère Trump est tumultueuse».

Les élections de mi-mandat sont traditionnellement délicates pour le président en place tant il peine à répondre, à court terme, à l'excitation et aux attentes démesurées propres à une campagne électorale.

Deux ans après l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche, les démocrates avaient ainsi subi une cuisante défaite, payant en particulier les âpres débats autour de la réforme du système de santé.

«Trump, Trump et Trump»

Depuis Harry Truman, la seule fois où le parti du président a gagné, lors d'un premier mandat, des sièges à la chambre des représentants, fut en 2002, dans une Amérique sous le choc des attentats du 11 septembre 2001.

Plus que jamais, le locataire de la Maison-Blanche sera cette fois-ci au coeur des débats, tant son style et sa personnalité divisent le pays. «Les trois sujets les plus importants de l'élection sont Trump, Trump et Trump», résume Larry Sabato. «Dans la mesure où il est à environ 40% dans les sondages, cela ne peut être une bonne nouvelle pour les républicains».

Mais ce clivage net peut aussi avoir un avantage: faire monter Trump en première ligne pourrait permettre de galvaniser sa base électorale et de limiter les dégâts, voire, comme le répète le président sur les estrades de campagne, de créer la surprise avec une «vague rouge».

Le magnat de l'immobilier s'apprête à sillonner le pays dans les semaines à venir. Il a même annoncé qu'il irait prêter main-forte à Ted Cruz, son ancien grand rival des primaires, au risque d'un spectaculaire grand écart.

Innombrables scandales

«Ted a mon soutien total et sans réserve», a-t-il tweeté il y a quelques jours. «Pourquoi les habitants du Texas soutiendraient-ils Ted Cruz alors qu'il n'a absolument rien fait pour eux?», écrivait-il en 2016.

Au-delà des batailles législatives à venir, Donald Trump est conscient qu'un revers électoral à l'automne pourrait assombrir son horizon politique. Les innombrables scandales qui entourent sa présidence le rendent plus vulnérable à autant de commissions d'enquête que les démocrates seraient en mesure de déclencher s'ils devenaient majoritaires à la chambre.

Dès le 7 novembre 2018, les Etats-Unis basculeront sans retenue sur la prochaine échéance: la présidentielle du 3 novembre 2020. Donald Trump, qui aura 74 ans au moment du scrutin, a déjà son slogan: «Gardons sa grandeur à l'Amérique!».

Pour les démocrates, ce sera le début d'une bataille féroce - à l'issue imprévisible - pour désigner celui ou celle qui portera leurs couleurs.

«On dirait qu'ils vont avoir beaucoup de monde sur la ligne de départ. Si je voyais quelqu'un qui pourrait être une menace pour moi, je le dirais. Mais jusqu'ici, je ne vois personne», a ironisé Donald Trump cette semaine dans un entretien au Daily Caller. (ats/nxp)

Créé: 07.09.2018, 07h50

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