Les Français infligent un sévère camouflet au FN

FranceLes électeurs se sont mobilisés pour le 2e tour des élections régionales. Et ils n'ont pas laissé le Front national s'imposer dans une seule région.

Marine Le Pen, leader du FN.

Marine Le Pen, leader du FN. Image: AP/Keystone

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L'extrême droite française n'aura finalement remporté aucune région au second tour d'un scrutin à fort suspense, dimanche, après avoir pourtant engrangé des résultats record au premier tour. Les électeurs se sont fortement mobilisés pour l'empêcher d'accéder au pouvoir. Selon des estimations encore provisoires, la droite et la gauche remportent au moins cinq régions chacune, sur treize au total qui en métropole.

La forte poussée du Front national (FN), le 6 décembre, avait braqué les regards de l'Europe entière sur la France, et l'entre-deux tours avait été dominé par la mobilisation face à l'extrême droite. La gauche a sacrifié ses listes dans le Nord et le Sud en appelant à voter pour la droite.

La participation des Français au second tour a été nettement plus importante qu'au premier tour, signe d'une plus grande mobilisation. Cette semaine, le Premier ministre socialiste, Manuel Valls, avait brandi la menace d'une «guerre civile» si le FN prenait le pouvoir.

«Le danger n'est pas écarté»

Ces résultats, à seize mois de la présidentielle de 2017, sont un camouflet pour les trois figures emblématiques du FN: sa présidente Marine Le Pen, perdante dans le Nord, sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, qui a dû s'incliner dans le Sud, et Florian Philippot, stratège du parti, dans le Grand Est.

«Le danger de l'extrême droite n'est pas écarté, loin de là», a réagi Manuel Valls. Il a salué un «élan très digne» mais assuré que les résultats ne donnaient lieu à «aucun soulagement, aucun triomphalisme».

Dans une virulente déclaration, Marine Le Pen a dénoncé de son côté «un régime à l'agonie». «Rien ne pourra nous arrêter», a-t-elle dit.

Le chef de l'opposition de droite, Nicolas Sarkozy, contesté dans sa formation Les Républicains, a jugé pour sa part que ces résultats ne doivent «sous aucun prétexte faire oublier les avertissements» du premier tour.

Parti dédiabolisé

Selon le politologue Jean-Yves Camus, le résultat de ce dernier scrutin avant la présidentielle de 2017 «tend à confirmer qu'il y a une impasse pour le Front national: c'est un excellent parti de premier tour, mais il ne sait pas aller au-delà».

Au soir du 6 décembre, le FN avait célébré le plus fort score au niveau national de son histoire: 28%, et jusqu'à 40% dans le Nord et le Sud. Parti europhobe et anti-immigrés, le Front national est à la tête d'une dizaine de municipalités en France, mais il n'a jamais dirigé aucune région. Fondé en 1972, il est présidé depuis 2011 par Marine Le Pen qui a entrepris de dédiaboliser le parti en brandissant une «image différente» de celle beaucoup plus radicale et provocatrice imposée par son père Jean-Marie, co-fondateur de du Front.

Signe de cette volonté de normalisation, Jean-Marie Le Pen a été exclu du parti en août, au terme d'un psychodrame aux accents familiaux, pour des propos réitérés sur les chambres à gaz pendant la Seconde guerre mondiale qualifiées de «détail de l'Histoire».

Participation en nette hausse

Pour ce second tour, les électeurs français se sont davantage mobilisés que la semaine dernière. A 18h, la participation s'élevait à 50,54% en France métropolitaine pour le second tour des élections régionales. Une hausse de plus de sept points par rapport à la même heure lors du premier tour le 6 décembre (43,01%). Selon «Le Monde», la participation, en fin de journée, aurait atteint près de 60%.

La participation était déjà supérieure à celle enregistrée sur l'ensemble de la journée une semaine plus tôt (49,91%), selon les statistiques du ministère de l'Intérieur. Ce chiffre dépasse également celui du second tour des régionales de 2010 à la même heure (43,47%), mais demeure légèrement inférieur à celui du précédent scrutin, en 2004 (51,24%).

Selon une intervenante de l'émission spéciale consacrée par France 3 aux élections, il faut remonter à 2002 pour voir une telle hausse de participation entre les deux tours d'une élection. Il s'agissait de la présidentielle et, là encore, les électeurs avaient fait barrage au Front national puisqu'ils avaient massivement élu Jacques Chirac, au détriment de Jean-Marie Le Pen.

La droite s'offre Paris

La droite a par ailleurs ravi à la gauche au pouvoir la région parisienne (Ile de France), la plus importante du pays. Avec ses alliés centristes, ils ont obtenu entre 43,2% et 44% des voix, contre 41,8 à 42,9% au Parti socialiste (PS) du président François Hollande, allié aux écologistes et aux communistes, qui dirigeait depuis dix-sept ans cette région pesant près d'un tiers du PIB français. (ats/nxp)

Créé: 13.12.2015, 20h01

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