Enfin candidate, Hillary Clinton va pouvoir entrer dans l’Histoire

Etats-Unis Avant même les primaires de mardi en Californie, l’ex-First Lady savait qu’elle serait la candidate du Parti démocrate

Hillary Clinton le 6 juin 2016 à Los Angeles (Etats-Unis).

Hillary Clinton le 6 juin 2016 à Los Angeles (Etats-Unis). Image: Key

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Hillary Clinton a fait un pas important vers la Maison-Blanche lundi soir. Selon un décompte de l’agence AP, l’ancienne secrétaire d’Etat a passé le seuil des 2383 délégués nécessaires pour remporter l’investiture démocrate à l’élection présidentielle américaine. Elle n’a pas eu besoin d’attendre les résultats de la Californie, du New Jersey et de quatre autres Etats américains qui votaient mardi pour s’assurer une finale brutale face au républicain Donald Trump en novembre. Si elle l’emporte, elle deviendra la première femme présidente des Etats-Unis.

Popularité en baisse chez les femmes

Hillary Clinton a écrit l’une des plus belles pages de sa carrière politique huit ans après son discours du 7 juin 2008, dans lequel elle avait reconnu sa défaite face à Barack Obama. «Même si nous n’avons pas pu briser le plafond de verre le plus haut et le plus dur cette fois-ci, il a désormais 18 millions de fissures grâce à vous», avait-elle lancé aux 18 millions de personnes qui avaient voté pour elle lors des primaires démocrates cette année-là.

A l’époque, Hillary Clinton pouvait compter sur le soutien quasi passionnel de nombreuses femmes. Aujourd’hui, sa cote de popularité a souffert de la polémique suscitée par son utilisation d’un serveur privé pendant qu’elle était secrétaire d’Etat. Et les attaques de Bernie Sanders sur ses discours à prix d’or à Wall Street ont fait des dégâts en la présentant comme une candidate qui a quelque chose à cacher. «J’ai une année de plus que Hillary et je devrais théoriquement la soutenir, mais j’ai voté pour Bernie dans les caucus du Kansas car il est le seul candidat honnête», réagit Vernette Chance, une maîtresse d’école à la retraite.

Une image en délicatesse

Hillary Clinton travaille sur son image en s’affichant régulièrement aux côtés de femmes combattantes, par exemple l’ancienne représentante démocrate Gabrielle Giffords, grièvement blessée dans une fusillade. Elle a multiplié les meetings intimistes et conçus comme des conversations avec des mères de famille ou des électrices. «She’s with us» (Elle est avec nous), l’un des slogans de campagne de Hillary, fait référence à son féminisme.

La candidate à la Maison-Blanche mentionne régulièrement les attaques des républicains contre elle et cite son idole Eleanor Roosevelt, l’épouse de l’ancien président démocrate Franklin Roosevelt, pour rappeler qu’une femme en politique doit avoir «la peau aussi épaisse qu’un rhinocéros».

Cette image de dame de fer, ambitieuse, a éloigné Hillary Clinton de nombreuses électrices. Malgré cela, elle domine de quinze points Donald Trump auprès des femmes dans un sondage Reuters du 3 juin (46%-31%). Seuls soucis: seulement 8% des supportrices de Hillary la soutiennent pour sa personnalité alors que 48% d’entre elles citent leur opposition viscérale à Donald Trump: «Je ne veux absolument pas Trump», réagit April McCall, une électrice afro-américaine du New Jersey. «Je ne dis pas ça parce qu’il est blanc, mais il parle trop des Noirs et des Hispaniques.»

Pragmatisme

Le pragmatisme sur lequel Hillary Clinton n’a cessé d’insister au cours de la campagne n’a pas renversé les foules mais lui a valu des voix: «Il vaut mieux être honnête avec les gens», explique Loxsett Macintosh dans le New Jersey. «Il est temps que nous donnions à Hillary une chance de nous montrer ce qu’elle peut faire pour nous.»

Ironie de cette campagne dans laquelle on retrouve aussi Jill Stein, une femme qui se présente à la Maison-Blanche pour les Verts, Hillary Clinton est dans la peau de la candidate conventionnelle face à un Donald Trump imprévisible et incontrôlable. Et les sondages semblent indiquer que les critères raciaux seront plus importants pour la présidence que le fait que Hillary Clinton soit une femme. Dans ce contexte, Barack Obama, le populaire président, pourrait mobiliser les électeurs noirs et latinos et aider Hillary à décrocher la Maison-Blanche.

Créé: 07.06.2016, 22h12

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