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Enième épisode judiciaire pour Julian Assange

La Suède doit décider vendredi si elle renouvelle sa demande de mandat d'arrêt européen contre le fondateur de WikiLeaks.

La justice britannique examine à partir de lundi la possibilité d'extrader le fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis. (23 février 2020)
La justice britannique examine à partir de lundi la possibilité d'extrader le fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis. (23 février 2020)
AFP
Julian Assange présente «tous les symptômes (de) torture psychologique», a affirmé vendredi le Rapporteur de l'ONU sur la torture, qui a pu le rencontrer en prison avec des médecins.(vendredi 31 mai 2019)
Julian Assange présente «tous les symptômes (de) torture psychologique», a affirmé vendredi le Rapporteur de l'ONU sur la torture, qui a pu le rencontrer en prison avec des médecins.(vendredi 31 mai 2019)
Keystone
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Le parquet suédois chargé de l'enquête pour viol contre Julian Assange doit décider vendredi s'il renouvelle la demande de mandat d'arrêt européen contre le fondateur de WikiLeaks dans le cadre d'une procédure qui s'éternise depuis 2010.

Julian Assange, 45 ans, est réfugié à l'ambassade équatorienne à Londres depuis 2012, dans l'espoir d'échapper à un mandat d'arrêt européen pour le viol présumé d'une jeune femme en Suède en 2010.

L'Australien nie ce viol et dénonce une manoeuvre pour le faire extrader in fine vers les États-Unis, où il risque d'être poursuivi pour la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels.

Arrêter Assange, une priorité pour Trump

L'administration Trump a répété en avril que son arrestation était une «priorité» de Washington. Les médias locaux, citant des responsables américains, ont indiqué que les autorités américaines seraient en train d'établir des chefs d'inculpation à son encontre. Le parquet avait précisément jusqu'au 19 mai pour renouveler une demande d'incarcération auprès d'un tribunal de Stockholm qui statuera ultérieurement. Il s'agit d'une première depuis l'audition de l'Australien par un magistrat équatorien en novembre 2016 à Londres.

Bête noire du mis en cause, la procureure suédoise en charge de l'enquête, Marianne Ny, n'a pas dévoilé à l'avance ses intentions mais elle a convoqué la presse à 12H00 (10H00 GMT).

Ni les avocats d'Assange, qui réclament inlassablement mais sans succès la levée du mandat d'arrêt européen, ni l'avocate de sa victime présumée n'étaient joignables jeudi.

Âgée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, la jeune femme a porté plainte le 20 août 2010 contre Julian Assange, qu'elle avait rencontré lors d'une conférence de WikiLeaks à Stockholm quelques jours auparavant. Elle l'accuse d'avoir engagé un rapport sexuel pendant qu'elle dormait dans la nuit du 16 au 17 août, et sans préservatif alors qu'elle lui avait à plusieurs reprises refusé tout rapport non protégé.

Prescription en 2020

«Je suis totalement innocent», écrivait le codeur informatique dans un message publié avec la retranscription de ses déclarations au procureur équatorien.

Il soutient que la jeune femme, «SW», était consentante, à la fois désireuse d'avoir une relation sexuelle avec lui, et acceptant de ne pas se protéger. La transcription de cette audition menée en présence d'une magistrate suédoise a été remise au parquet de Stockholm, mais celui-ci ne s'est toujours pas prononcé au fond.

L'enquête pâtit d'interminables complications procédurales depuis son origine. La défense d'Assange multiplie les recours pour faire cesser les poursuites et lui permettre de sortir de l'ambassade.

L'instruction suédoise, notamment retardée par le refus de Julian Assange d'être entendu en Suède, a pris tellement de temps que la plainte d'une autre jeune femme pour une agression sexuelle présumée à la même époque, en 2010, avait été classée sans suite en 2015, les faits étant prescrits. Le viol présumé sera lui prescrit en 2020.

L'enquête ne progresse pas

L'Équateur a une nouvelle fois dénoncé dans une lettre datée du 8 mai adressée au gouvernement suédois «le manque manifeste de progrès» dans l'enquête. «Il est extrêmement préoccupant de constater que six mois après l'audition à l'ambassade d'Équateur au Royaume-Uni, le parquet suédois ne s'est toujours pas prononcé sur la situation judiciaire de Julian Assange», a protesté le ministère des Affaires étrangères équatorien dans ce courrier dont l'AFP a obtenu copie.

L'Équateur exige que la justice du pays scandinave inculpe Assange ou abandonne ses poursuites. «Sans accusation formelle, cette situation équivaut à une détention arbitraire», estime-t-il.

Un groupe de travail de l'ONU avait appelé en février 2016 à mettre fin à ce qu'il avait également qualifié de «détention arbitraire», demande immédiatement rejetée par Londres et Stockholm.

(AFP)

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