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Assange blanchi, mais dans le viseur des Anglais

Le fondateur de WikiLeaks est réfugié depuis décembre 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres.

La justice britannique examine à partir de lundi la possibilité d'extrader le fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis. (23 février 2020)
La justice britannique examine à partir de lundi la possibilité d'extrader le fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis. (23 février 2020)
AFP
Julian Assange présente «tous les symptômes (de) torture psychologique», a affirmé vendredi le Rapporteur de l'ONU sur la torture, qui a pu le rencontrer en prison avec des médecins.(vendredi 31 mai 2019)
Julian Assange présente «tous les symptômes (de) torture psychologique», a affirmé vendredi le Rapporteur de l'ONU sur la torture, qui a pu le rencontrer en prison avec des médecins.(vendredi 31 mai 2019)
Keystone
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L'affaire Assange a connu vendredi un rebondissement spectaculaire. La Suède a abandonné les poursuites pour viol contre le fondateur de WikiLeaks, réfugié depuis 2012 à l'ambassade d'Equateur à Londres pour échapper à une extradition. La police britannique se dit toutefois «obligée» d'arrêter M. Assange.

La procureure Marianne Ny a annoncé devant la presse avoir «décidé de classer sans suite l'enquête pour viol présumé contre Julian Assange» et requis la levée du mandat d'arrêt européen qu'il tentait depuis 2010 de faire annuler. Elle a expliqué avoir jeté l'éponge en raison de l'inefficacité d'une procédure exceptionnellement longue et non pas à la lumière de faits nouveaux sur le fond de l'affaire.

«Toutes les possibilités de faire avancer l'enquête ont été épuisées (...) et il n'apparaît plus proportionné de maintenir la demande de placement en détention provisoire par défaut de Julian Assange ni le mandat d'arrêt européen», a-t-elle fait valoir dans ses réquisitions.

«Victoire totale»

«C'est une victoire totale pour Julian Assange. Il est libre de quitter l'ambassade quand il veut», s'est réjoui un avocat suédois de M. Assange, Per Samuelsson. «Il est naturellement heureux et soulagé. Mais il critique le fait que cela ait duré aussi longtemps», a-t-il déclaré à la radio suédoise SR.

«Détenu pendant sept ans sans charges pendant que mes enfants grandissaient et que mon nom était traîné dans la boue. Je ne pardonne pas et n'oublie pas», a plus tard tweeté le fondateur de WikiLeaks.

Pour Christophe Marchand, membre de l'équipe juridique de l'ancien hacker à Bruxelles, «Julian Assange a été victime d'un abus de procédure énorme» et l'abandon des investigations en Suède «marque la fin de son cauchemar».

Scotland Yard persiste

La police britannique a néanmoins promptement diffusé un communiqué pour faire savoir qu'elle serait «obligée» d'arrêter Julian Assange s'il sortait de l'ambassade équatorienne. Elle l'accuse d'avoir violé en 2012 les conditions de sa liberté sous caution au Royaume-Uni.

«M. Assange reste recherché pour un délit bien moins sérieux. La police londonienne fournira des moyens proportionnés à ce délit», indique-t-elle dans un communiqué. Le fondateur de Wikileaks risque une peine allant de la simple amende jusqu'à un an de prison pour ces faits.

WikiLeaks a pris acte de cette mise en garde. «La Grande-Bretagne annonce qu'elle arrêtera Assange quoi qu'il arrive et refuse de confirmer ou de démentir qu'elle a déjà reçu une demande d'extradition des Etats-Unis», écrit-il sur Twitter.

Julian Assange dénonce en effet une manoeuvre pour le faire extrader vers les Etats-Unis, où il risque d'être poursuivi pour la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels. L'administration Trump a affirmé le mois dernier que son arrestation était une «priorité». Et elle est en train de monter un dossier d'accusation, selon des médias citant des responsables américains.

L'Equateur a salué la décision de la justice suédoise. Quito a appelé le Royaume-Uni à «fournir une sortie sûre» du pays au fondateur de WikiLeaks.

Plaignante «choquée»

«Choquée» par la décision du parquet, la plaignante suédoise maintient ses accusations, a affirmé son avocate, Elisabeth Fritz. «C'est un scandale qu'un violeur présumé puisse échapper à la Justice et par là éviter les tribunaux (...) aucune décision pour classer l'affaire ne peut changer le fait qu'Assange a commis sur elle un viol», a-t-elle indiqué dans un courriel à l'AFP.

La jeune femme, âgée d'une trentaine d'années à l'époque des faits, avait rencontré Julian Assange lors d'une conférence de WikiLeaks à Stockholm. Elle a porté plainte le 20 août 2010. Elle l'accuse d'avoir engagé un rapport sexuel non protégé pendant qu'elle dormait dans la nuit du 16 au 17 août.

Julian Assange soutient que la jeune femme était consentante, à la fois désireuse d'avoir une relation sexuelle avec lui, et acceptant de ne pas utiliser de préservatif. L'enquête a pâti d'interminables complications procédurales dès l'origine, la défense ayant multiplié les recours pour faire cesser les poursuites. L'instruction suédoise a notamment été retardée par le refus de M. Assange d'être entendu en Suède.

A cause de ces retards, la plainte d'une autre jeune femme pour une agression sexuelle présumée à la même époque, en 2010, a été classée sans suite, frappée par la prescription en 2015.

(AFP)

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