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L'enrichissement de l'uranium va reprendre à Fordo

L'usine de Fordo au sud de Téhéran, dont les activités d'enrichissement d'uranium sont gelées depuis 2015, va relancer sa production.

L'Iran relance peu à peu son programme nucléaire.
L'Iran relance peu à peu son programme nucléaire.
AFP

Le président iranien Hassan Rohani a annoncé mardi une nouvelle réduction des engagements pris par son pays devant la communauté internationale concernant son programme nucléaire. L'Iran va reprendre ses activités d'enrichissement d'uranium.

Ses activités d'enrichissement d'uranium étaient gelées depuis l'entrée en vigueur de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015. Elles vont reprendre dans son usine de Fordo (à quelque 180 km au sud Téhéran) , a déclaré M. Rohani.

Aux termes de l'accord, a rappelé M. Rohani dans un discours retransmis par la télévision d'Etat, l'Iran stocke à Fordo 1044 centrifugeuses de première génération IR-1 qui tournent à vide. «À partir de demain, nous commencerons à injecter du gaz (ndlr: de l'uranium à l'état gazeux) à Fordo», a-t-il ajouté, en faisant référence au procédé utilisé pour produire de l'uranium enrichi en isotope 235 à partir de ces machines.

Il s'agit de la «quatrième étape» du plan de réduction des engagements iraniens en matière nucléaire lancé en mai en riposte au retrait des États-Unis, un an plus tôt de l'accord de Vienne, a indiqué M. Rohani.

«Risque pour notre sécurité nationale»

Londres a appelé mardi Téhéran à «revenir d'urgence au plein respect» de l'accord sur le nucléaire de 2015 après l'annonce de l'Iran.

Les activités à Fordo «contreviennent clairement à l'accord et posent un risque pour notre sécurité nationale», a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab dans un communiqué. Il a appelé à un «dialogue international constructif, mais il faut que l'Iran tienne les engagements qu'il a pris et revienne d'urgence au plein respect» de l'accord.

Sous le contrôle de l'AIEA

L'annonce d'un nouveau recul iranien était attendue. Lundi a marqué l'expiration d'un nouveau délai de 60 jours donné par la République islamique à ses partenaires de l'accord de Vienne pour l'aider à contourner les sanctions américaines rétablies depuis le départ des États-Unis.

M. Rohani a précisé que les activités nucléaires à Fordo resteraient sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), comme le reste des activités nucléaires iraniennes. Celles-ci sont soumises au régime d'inspection le plus strict jamais mis au point par cet organe de l'ONU.

Le président iranien a par ailleurs donné une nouvelle période de deux mois aux Etats encore partie à l'accord de Vienne (Chine, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) pour répondre aux demandes de l'Iran, faute de quoi son pays réduira encore davantage ses engagements.

Aux termes de ce pacte, Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses activités nucléaires – afin de garantir leur caractère exclusivement civil – en échange de la levée d'une partie des sanctions internationales asphyxiant son économie. Le retrait des États-Unis de l'accord et la politique de «pression maximale» du gouvernement du président américain Donald Trump contre Téhéran prive l'Iran des bénéfices économiques qu'il escomptait.

La République islamique assure rester attachée à la survie de l'accord. Elle est prête à revenir à l'application complète de ses engagements dès lors que les autres parties respecteront les leurs en prenant des mesures concrètes pour satisfaire ses demandes, et en particulier en lui permettant d'exporter son pétrole.

(ats)

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