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SyrieEnterrement en vue pour le plan Annan

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a assuré qu'il continuait à chercher une solution diplomatique, aux côtés de l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe Kofi Annan.

Kofi Annan.
Kofi Annan.
AFP

Les trois veto opposés en moins d'un an par la Russie et la Chine à des résolutions de l'ONU sur la Syrie risquent de sonner le glas du plan de paix de Kofi Annan, laissant régime et opposition se livrer un combat jusqu'au bout, estiment des experts.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a assuré samedi qu'il continuait à chercher une solution diplomatique en Syrie aux côtés de l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe Kofi Annan, dans l'espoir de mettre fin à 16 mois de violences qui ont fait plus de 19'000 morts, selon le bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Kofi Annan, prédécesseur de Ban Ki-moon comme secrétaire général de l'ONU, n'est jamais parvenu à obtenir l'application de sa demande de cessez-le-feu théoriquement accepté par les deux parties en avril et qui devait s'accompagner du lancement d'un dialogue politique.

Il s'est déclaré "déçu" par l'échec jeudi d'une nouvelle résolution au Conseil de sécurité à la suite du troisième veto sino-russe à un texte qui aurait menacé Damas de sanctions si le régime Assad poursuivait ses attaques à l'arme lourde contre la rébellion.

Accusations croisées

Alors que la violence redouble et que l'opposition syrienne se sent pousser des ailes à chaque défection dans le camp Assad, ce troisième veto (après ceux d'octobre 2011 et de février 2012) risque d'enterrer le plan Annan, selon des diplomates.

Les puissances ont déjà commencé à s'accuser d'être responsables du fiasco.

L'ambassadeur de Chine auprès de l'ONU, Li Baodong, a estimé que des pays qu'il n'a pas nommés avaient été "négatifs" à l'endroit du plan Annan depuis le départ. Moscou a accusé l'Occident d'avoir cherché à préparer "une intervention militaire" en Syrie, même si les intéressés ont assuré qu'ils n'avaient aucune intention de rééditer l'intervention de 2011 contre la Libye.

"Russes et Chinois voient dans les sanctions une façon déguisée de provoquer un changement de régime et dans une certaine mesure ils n'ont pas tort", observe Mats Berdal, spécialiste des questions de sécurité et de développement au King's College de Londres.

"Ils ne bougeront pas d'un iota", prédit-il.

«Pas une grosse perte»

De leur côté, les Occidentaux accusent la Russie d'avoir sapé les efforts de Kofi Annan en ignorant sa requête: inclure dans la résolution la menace de "conséquences réelles" pour Damas en cas de poursuite des violences.

Mais l'échec du plan de paix "n'est pas une grosse perte", juge Richard Haass, président du Council on Foreign Relations, un centre de réflexion de Washington, observant qu'il n'avait aucune chance d'être jamais mis en oeuvre.

"Il vaut mieux le passer par pertes et profits et mettre en place une nouvelle initiative qui aurait pour mission de parvenir à la chute du régime en place", suggère-t-il.

Pour Richard Gowan, de l'Université de New York, "un mélange de mauvaise foi, d'intransigeance et d'incompétence a provoqué une catastrophe". "Ce qui se passe à Damas comme à New York montre que la guerre civile en Syrie se réglera sur le champ de bataille, pas au Conseil de sécurité", dit-il.

Kofi Annan critiqué par l'opposition syrienne

Kofi Annan a été critiqué par l'opposition syrienne pour ses efforts en direction du président Bachar al-Assad, qui n'ont guère été couronnés de succès.

Kofi Annan "a tenté de renforcer sa position par des ouvertures en direction d'Assad, des Russes et de l'Iran, ami de la Syrie", relève Richard Gowan. Son passage à Téhéran "a provoqué la fureur" des Américains, ajoute l'expert, qui salue cependant les efforts du médiateur international chargé d'une mission "quasi impossible".

"Il serait compréhensible, peut-être même sage, qu'il remette sa démission après les événements de la semaine dernière", estime Richard Gowan.

AFP

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