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Erdogan tacle Bolton venu discuter de la Syrie

John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale, a provoqué le mécontentement du président turc.

La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)
La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)
AFP
Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)
Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)
AFP
De Londres, la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'il n'y avait «pas d'alternative à l'usage de la force», assurant que «tous les recours diplomatiques» avaient été explorés, en vain.
De Londres, la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'il n'y avait «pas d'alternative à l'usage de la force», assurant que «tous les recours diplomatiques» avaient été explorés, en vain.
Keystone
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Le conseiller américain à la sécurité nationale John Bolton, venu à Ankara discuter du retrait américain prévu de Syrie, a essuyé mardi l'ire du président turc Recep Tayyip Erdogan. L'Américain défend une milice kurde syrienne que la Turquie entend mettre en déroute.

Les désaccords entre les deux pays portent sur les Unités de protection du peuple (YPG). Celles-ci sont partenaires de Washington dans la lutte contre le groupe djihadiste, Etat islamique (EI) mais considérées comme «terroristes» par Ankara qui menace depuis plusieurs semaines de lancer une nouvelle offensive pour les déloger du nord de la Syrie.

Retrait conditionné

Lors d'un déplacement en Israël dimanche, John Bolton avait déclaré que le retrait des Etats-Unis de Syrie, annoncé le mois dernier par le président Donald Trump, serait notamment conditionné à des garanties concernant la sécurité de leurs alliés kurdes. Ces propos «sont pour nous inacceptables et impossibles à digérer», a déclaré M. Erdogan lors d'un discours, peu après la fin d'un entretien à Ankara entre John Bolton et un haut responsable de la présidence turque, Ibrahim Kalin.

«Alors que ces gens sont des terroristes, certains disent 'Ne touchez pas à ceux-là, ils sont kurdes'. (...) Ils pourraient aussi bien être turcs, turkmènes ou arabes. D'où qu'ils viennent, si ce sont des terroristes, alors nous ferons le nécessaire», a lancé le président turc. «Nous allons très bientôt passer à l'action pour neutraliser les groupes terroristes en Syrie», a-t-il insisté.

Entretien «productif»

Un porte-parole de John Bolton, Garrett Marquis, a pourtant qualifié son entretien avec Ibrahim Kalin de «productif». Le quotidien américain New York Times a publié lundi une tribune de M. Erdogan présentant la stratégie turque pour «stabiliser» la situation en Syrie et y éliminer les «racines» de la radicalisation après le retrait américain.

Donald Trump a annoncé en décembre le retrait des quelque 2000 soldats américains postés en Syrie, prenant de court les alliés de Washington, des milices kurdes sur le terrain aux autres membres de la coalition internationale antijihadiste.

Opération «très peu probable»

L'annonce surprise du retrait américain et le flou qui entoure ses modalités et son calendrier ont poussé la Turquie à surseoir à l'offensive qu'elle semblait sur le point de déclencher mi-décembre dans le nord de la Syrie. «L'opération militaire turque est très peu probable tant que la question de la domination de l'espace aérien dans le nord-est de la Syrie n'a pas été résolue», estime l'analyste militaire Metin Gürcan.

Selon lui, il n'est pas encore clair si les Etats-Unis vont aussi se retirer de l'espace aérien syrien et, le cas échéant, si la Russie, alliée du régime syrien, va permettre à Ankara de mener des raids aériens en territoire syrien.

L'EI «est actuellement à 350 km de la frontière turque. Comment est-ce que l'armée de l'air turque est censée les atteindre? Sans le feu vert de Moscou, cela est impossible», explique-t-il.

A l'issue de pourparlers en Russie fin décembre, Ankara et Moscou avaient annoncé vouloir «coordonner leurs actions» en Syrie après le retrait américain.

(ats)

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