L’Espagne toujours sans majorité au parlement

EspagneLe président sortant Mariano Rajoy est le mieux placé pour former un gouvernement mais il devra trouver des alliés.

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Le nouveau vote n’a pas vraiment changé la donne. L’Espagne se trouve toujours sans majorité. L’incertitude continue de régner aux lendemains des élections législatives. Les urnes ont confirmé, dimanche, un paysage parlementaire fragmenté, guère différent de celui découvert en décembre. Mais il y a six mois, le scrutin avait été marqué par l’irruption des nouveaux partis sur l’échiquier politique alors que, cette fois, le vote renforce au contraire la présence des partis traditionnels.

«Face aux incertitudes créées par l’issue du référendum britannique et à l’éventualité d’un gouvernement dirigé par Podemos, les électeurs ont opté pour un vote refuge», signale le politologue Pablo Simon, professeur à l’Université Carlos III. Le résultat montre une montée en puissance du Parti populaire (PP, droite) qui récupère une partie du vote des centristes de Ciudadanos et un frein à la chute des socialistes, qui retrouvent des votes Podemos.

Le PP est confirmé en tête, avec 137 députés, ce qui place le président sortant, Mariano Rajoy, en bonne position pour briguer un deuxième mandat. Il obtient 14 sièges de mieux par rapport à décembre mais reste loin des 176 députés nécessaires pour obtenir la majorité du parlement. Il lui faudrait trouver des alliances. Reste encore à savoir lesquelles. «J’espère que nous pourrons éviter encore six mois de blocage», déclarait hier Rajoy en annonçant qu’il tendrait la main à «tous les partis modérés».

Pour l’instant, Ciudadanos (32sièges) a décliné l’offre. «Si tout doit rester pareil, avec le même président, nous resterons dans l’opposition», a assuré Albert Rivera, leader de la jeune formation qui a mené une campagne virulente contre les scandales de corruption qui encerclent le PP.

Même son de cloche chez les socialistes du PSOE (85 sièges). «Si Mariano Rajoy veut parler, qu’il s’adresse à ceux qui sont proches de lui idéologiquement», affirmait hier le porte-parole du PSOE, Antonio Hernando, en insistant: «Nous n’appuierons pas l’investiture de Mariano Rajoy, ni par notre vote ni par l’abstention.»

Les projets du PP sont donc en suspens. Mais l’hypothèse d’une grande coalition «à l’allemande» entre la droite et la gauche, avait déjà été avancée, en décembre, par certains poids lourds socialistes. Ils ne cachaient pas leur préférence pour un PSOE dans une alliance avec le PP, plutôt que dans un éventuel front de gauche avec Podemos. Le leader socialiste Pedro Sanchez avait vite écarté les deux hypothèses. Mais cette fois le PSOE pourrait accepter.

Il faut dire que le scrutin a laissé des sentiments ambigus chez les socialistes. Ils ont perdu 5 sièges et les résultats sont catastrophiques. Mais ils ont réussi à rester devant Podemos (71 sièges). Le petit parti qui menaçait de les dépasser sur leur gauche perd en effet un million de votes. L’honneur est sauf pour les socialistes qui préservent leur rang de leader du camp progressiste. C’est un vrai soulagement pour Pedro Sanchez, mais ce n’est pas forcément suffisant pour l’état-major de son parti qui devrait lui demander des comptes lors d’une réunion le 9 juillet.

Créé: 28.06.2016, 08h00

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