L’Etat islamique revendique l’attaque du Musée du Bardo

TerrorismeL’organisation djihadiste n’avait jamais frappé en Tunisie. Mais 3000 Tunisiens combattraient dans ses rangs.

Musée du Bardo: c’est la première fois que Daech frappe à Tunis et vise des civils.

Musée du Bardo: c’est la première fois que Daech frappe à Tunis et vise des civils. Image: AP

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Le communiqué est tombé en fin d’après-midi, hier. Dans une vidéo diffusée sur Internet, avec pour illustration une écriture sur fond noir proclamant qu’«il n’y a de Dieu que Dieu», l’organisation Etat islamique (EI, Daech en arabe) revendique l’attaque meurtrière, mercredi, du Musée du Bardo, qui a fait 21 victimes, dont 20 touristes.

C’est la première fois que Daech frappe à Tunis et vise des civils. Depuis 2011, la Tunisie a été à plusieurs reprises la cible d’attaques menées par des groupes armés. Elles visaient les forces de sécurité, surtout dans les zones frontalières, et notamment au Mont-Chaambi, à la frontière algérienne. La katiba Okba ibn Nefaa, qui en a revendiqué plusieurs, compterait selon les autorités une trentaine d’hommes qui opèrent dans cette zone légèrement montagneuse. Cette katiba avait proclamé son affiliation à Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique).

Les attaques commises par ces groupes armés ont fait environ septante victimes parmi les forces de l’ordre – armée, garde nationale ou police. La dernière en date a visé quatre gendarmes à Kasserine à la mi-février. La plus meurtrière en avait tué quinze en juillet dernier. La classe politique a aussi été visée: le 6 février 2013, un avocat de gauche, Chokri Belaïd, était assassiné; en juillet de la même année, un député, Mohamed Brahmi, subissait le même sort.

L’Etat islamique ne dispose pas de cellules actives connues, mais on estime à 3000 le nombre de Tunisiens qui ont rejoint ses rangs en Irak ou en Syrie. Parmi eux, 500 seraient rentrés au pays. En décembre dernier, dans une vidéo diffusée par l’EI, un militant supposé être Boubakeur el Hakim, un Franco-Tunisien suspect dans l’assassinat de Chokri Belaïd, la revendiquait au nom de son organisation.

Pour Michael Ayari, chercheur à l’International Crisis Group, il faut toutefois être prudent avec ces revendications: «Il y a une compétition entre différents groupes où chacun veut revendiquer et montrer qu’il a une marge d’action importante.»

Arrestations

A Tunis, où un fort dispositif policier est en place, difficile d’obtenir des informations. Un cadre sécuritaire peu disert parle de neuf arrestations «dans des opérations menées depuis hier sur le Grand Tunis. Nous avons renforcé la sécurité sur tous les lieux touristiques, en dehors de la capitale aussi.» Une information diffusée par la présidence de la République détaille, dans un communiqué diffusé à l’issue d’une réunion avec les ministères de force, armée, Intérieur et les hauts cadres sécuritaires, «l’arrestation de quatre personnes en lien direct avec l’attaque et de cinq autres impliquées plus indirectement dans sa préparation». Une source à la présidence indique que ces arrestations ont eu lieu dans le Grand Tunis, sans plus de précision, et à Kasserine. Un membre des forces de l’ordre interviewé sur place, mais qui préfère garder l’anonymat, confirme la présence de deux terroristes seulement. Contrairement aux informations disponibles au tout début de l’attaque, ils n’étaient pas vêtus d’uniformes militaires. Ils sont rentrés directement par l’entrée côté musée, sans passer par l’assemblée nationale, et ont commencé à mitrailler des bus de touristes.

Photos des tueurs

Les photos du corps de deux jeunes hommes ont circulé sur Internet hier. Peu après, le premier ministre communiquait leur identité: Yassine Labidi, de la cité Ibn Khaldoun, à Tunis, et Hatem Khachnaoui, de Kasserine. Ces éléments n’ont pas été confirmés par la suite. Dans son communiqué, l’Etat islamique parle des deux individus en les citant comme «deux chevaliers du califat», Abou Zakarya el Tounsi et Abou Anas el Tounsi.

Créé: 20.03.2015, 11h25

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