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Espionnage américainLes Etats-Unis s'excusent pour les écoutes de la NSA

John Kerry a admis que son pays était allé «trop loin». Par ailleurs, la Maison Blanche a ordonné la fin des écoutes sur le FMI et la Banque mondiale.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry.
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry.
Keystone

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a reconnu jeudi pour la première fois que les Etats-Unis étaient parfois allés «trop loin» en matière d'espionnage.

Cette mise au point intervient en pleine polémique avec l'Europe sur la collecte massive de données par l'Agence nationale de sécurité (NSA). Et à son tour, l'Asie manifeste son opposition.

«Dans certains cas, je vous le concède, comme l'a fait le président Barack Obama, certaines de ces actions sont allées trop loin et nous allons nous assurer que cela n'arrive plus à l'avenir», a admis M. Kerry lors d'une conférence à Londres à laquelle il participait depuis Washington par liaison vidéo.

Lutte antiterroriste

Dans son intervention retransmise dans la capitale anglaise, en présence de son homologue britannique William Hague, le chef de la diplomatie américaine a cependant longuement justifié les pratiques de renseignements et de collecte d'informations par la nécessaire lutte antiterroriste et la prévention contre d'éventuels attentats.

«Nous avons de fait empêché que des avions ne tombent, que des immeubles n'explosent et que des gens soient assassinés, parce que nous étions en mesure d'être au courant en amont de ces projets», a argumenté le patron de la diplomatie américaine.

«Je vous assure que dans ce processus des personnes innocentes n'ont pas été trompées, mais nous nous efforçons de rassembler des informations. Et oui, dans certains cas, c'est allé trop loin de manière inappropriée», a encore reconnu M. Kerry.

Il s'agit du premier aveu du gouvernement américain après dix jours de polémique internationale entre les Etats-Unis et leurs alliés. Notre président est résolu à tenter de clarifier et (...) procède à un réexamen (de ces pratiques) afin que personne ne se sente trompé», a encore insisté le secrétaire d'Etat.

FMI et Banque mondiale

Plus tôt, un responsable américain sous couvert d'anonymat avait indiqué que la Maison Blanche avait ordonné à la NSA de mettre fin aux écoutes qu'elle pratiquait sur le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale dans le cadre de ses activités de renseignement. C'est la première fois qu'était mentionnée la surveillance de ces deux institutions.

S'exprimant sous le sceau de l'anonymat, ce responsable n'a cependant pas précisé si une telle surveillance avait été mise en place par le passé.

Un autre officiel américain a, lui, indiqué que le président américain avait donné ordre de cesser ces pratiques au cours des semaines passées. Cette instruction a été donnée à peu près au même moment que celle mettant fin aux écoutes du QG de l'ONU à New York.

L'Asie frappée à son tour

Après l'Europe, l'Asie s'inquiète également des pratiques américaines. L'Indonésie a convoqué vendredi l'ambassadeur d'Australie, dont la mission est accusée d'être utilisée par les Américains dans le cadre d'un vaste réseau d'espionnage international qui a aussi suscité l'ire de la Chine. Les Indonésiens ont qualifié de «totalement inacceptable» cette possible utilisation.

L'ambassadeur australien Greg Moriarty a été convoqué après publication des affirmations du magazine allemand «Der Spiegel» et du quotidien australien «The Sydney Morning Herald» selon lesquelles des ambassades australiennes en Asie ont été utilisées par les renseignements américains afin d'intercepter des échanges de données, notamment sur internet.

Selon les deux médias, nonante missions diplomatiques américaines auraient ainsi abrité des équipements d'interception de données, dont la Chine, la Malaisie, l'Indonésie, la Thaïlande. Pékin a fait part de ses «graves préoccupations». «Nous exigeons des Etats-Unis des clarifications et des explications», a déclaré Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Nous demandons que les missions diplomatiques amies et leur personnel en Chine suivent à la lettre les traités internationaux et ne participent à aucune activité qui pourrait menacer la sécurité et les intérêts de la Chine», a-t-elle ajouté lors d'un point de presse.

ats

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