L’Europe centrale, pièce du puzzle global chinois

GéostratégieA Belgrade mardi, le premier ministre Li Keqiang a confirmé l’intérêt de Pékin pour une région en plein développement.

Li Keqiang, premier ministre chinois. Image d'archives.

Li Keqiang, premier ministre chinois. Image d'archives. Image: DR

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Sans faire de bruit, mais méthodiquement, la Chine poursuit sa lente expansion économique planétaire. Mardi à Belgrade, son premier ministre Li Keqiang était la vedette du troisième sommet annuel rassemblant l’Empire du Milieu et seize pays d’Europe centrale et orientale, les fameux PECO.

Au cœur de cette rencontre, la volonté de la Chine de développer la coopération avec des pays plutôt stables et dont le potentiel économique est prometteur. Les projets examinés à Belgrade étaient essentiellement liés au développement des infrastructures (transports, énergie et télécoms), domaines où les entreprises chinoises sont très performantes.

Cette stratégie visant à «pénétrer» les marchés européens a pris corps il y a six ans en Grèce avec la cession au géant chinois Cosco de deux terminaux du port du Pirée, alors que 80% du commerce de la deuxième (première depuis peu?) puissance économique mondiale avec le Vieux-Continent se fait par la mer.

TGV Budapest-Belgrade

Parmi les nombreux accords qui devaient être signés mardi soir, celui portant sur la construction d’une ligne de TGV Budapest-Belgrade est le plus spectaculaire. Les échanges commerciaux qui sont en hausse avec 48 milliards d’euros en 2014, soit 3,9 milliards de plus qu’en 2013 ont aussi été au cœur des discussions. Reste que la Chine enregistre néanmoins un excédent net par rapport à ses seize partenaires européens. Pour y remédier, certains pays, comme la Pologne, espèrent accroître leurs exportations vers la Chine et répondre ainsi aux effets négatifs des sanctions imposées par Moscou à l’Union européenne en réponse à celles que Bruxelles a introduit contre la Russie à cause de la crise ukrainienne.

Volonté de s’imposer

Maitre d’enseignement et de recherche à l’Université de Lausanne et fin connaisseur de la Chine, Antoine Kernen n’est pas surpris par la politique de Pékin dans les PECO. «On l’a vu en Afrique, les Chinois vont toujours là où il y a des opportunités. Aujourd’hui, les pays d’Europe centrale et orientale sont idéaux pour les entreprises chinoises, car la concurrence n’y est pas trop rude.» Par ailleurs, dit encore l’analyste, «après des années de lutte contre la fuite des capitaux, la Chine en dispose désormais d’énormes quantités. Le grand changement, c’est qu’aujourd’hui Pékin encourage leurs détenteurs à investir à l’étranger, où les rendements sont d’ailleurs bien meilleurs qu’en Chine.» Sur un plan plus général, enfin, «les efforts chinois pour s’installer en Europe centrale et de l’Est participent évidemment de cette volonté de s’affirmer sur le plan international comme la grande puissance de demain», conclut Kernen.

Créé: 16.12.2014, 19h46

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