En Corse, le raz de marée des nationalistes à l’élection territoriale

PolitiqueMalgré l’enjeu du scrutin, une forte abstention a été enregistrée dimanche.

Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Comme prévu, la vague nationaliste a submergé l’île de Beauté dimanche. Emmenée par Gilles Simeoni, la liste commune «Pè a Corsica» (pour la Corse) conclue entre autonomistes et indépendantistes remporte haut la main le premier tour de l’élection de la Collectivité territoriale unique de Corse. Avec 47,5% de voix (estimation de dimanche soir), elle prépare l’apparition d’un tsunami qui pourrait submerger les urnes dimanche prochain à l’issue du second tour. Un bémol cependant: la forte abstention, malgré l’enjeu du scrutin. À 17 h, seuls 45% des Corses s’étaient déplacés pour voter.

Les listes concurrentes, emmenées par Jean-Martin Mondoloni (13,7%, droite régionaliste), Valérie Bozzi (11,2%, soutenue par Les Républicains) et le macroniste Jean-Charles Orsucci (12,09%, La République en marche), suivent loin derrière. Leur retard est tel qu’une fusion de leurs listes (éventualité d’ores et déjà rejetée par Orsucci) ne menace guère les nationalistes modérés. Les nationalistes «durs» (Rinnovu Naziunale) obtiendront peut-être, avec 7% des suffrages, le droit de se présenter au second tour. Les listes d’extrême gauche et d’extrême droite font de piètres scores (près de 3% pour le Front national, alors que Marine Le Pen était passée en tête en Corse au premier tour de la présidentielle).

Comme notre journal l’a expliqué samedi, les nationalistes de Jean-Guy Talamoni ont renvoyé aux calendes… corses la séparation de l’île d’avec la République française. Indépendantistes et autonomistes sont tombés d’accord pour viser cet objectif: «Obtenir dans les trois ans un statut d’autonomie de plein droit et de plein exercice et le mettre en œuvre en dix ans.»

En quoi consisterait cette autonomie? La reconnaissance du corse comme langue coofficielle avec le français et du peuple corse en tant que tel, le transfert progressif des ressources et des compétences fiscales de Paris vers la Corse ainsi que la restriction de l’accession à la propriété foncière, réservée aux seuls habitants disposant de leur résidence principale en Corse depuis plus de cinq ans. Or, la plupart de ces propositions se révèlent incompatibles avec la Constitution française. Pour la modifier, il faut soit obtenir la majorité des trois cinquièmes du Congrès (réunissant les députés et les sénateurs), soit remporter un référendum. C’est dire si la route vers l’autonomie risque d’être longue. (24 heures)

Créé: 03.12.2017, 22h49

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.