La gauche grecque se prépare à gouverner

GrèceAlors que le pays était en grève jeudi, c’est à Londres, où les dirigeants de la gauche radicale étaient à la City, que se jouait son avenir.

Image: REUTERS

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Bateaux à quai, avions cloués au sol, trains à l’arrêt, bus et métro au ralenti: la Grèce s’est retrouvée une nouvelle fois en grève générale jeudi pour protester contre le nouveau budget de rigueur de 2015. Et malgré une forte présence policière, la participation des personnels de santé et des enseignants – les deux secteurs les plus visés par les nouvelles mesures d’austérité – a été importante.

Mais l’avenir du pays s’est joué ailleurs. A Paris (pour éviter les manifs), la dernière journée de négociation du gouvernement avec la troïka (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Comission européenne) s’est terminée par un «naufrage», comme le titrait la presse grecque, avec la prolongation des mesures de rigueur, à l’opposé de la sortie de crise promise.

D’où la réaction pathétique de Guikas Hardouvelis, ministre des Finances: «Nos créanciers n’ont rien voulu entendre, malgré le lourd climat politique.» Il faut dire que le gouvernement et sa majorité sont aux abois, mis sous pression d’une élection présidentielle qui s’annonce difficile pour eux au printemps, et l’avancée significative du SYRIZA, la gauche radicale, dans les sondages (plus de 30%, soit 10% devant la Nouvelle Démocratie).

Tournée secrète
C’est de Londres, de la City plus exactement, qu’est venue l’explication: «Il leur faudra bien s’habituer à cette nouvelle donne, celle où le SYRIZA formera le prochain gouvernement. Nous sommes désormais un interlocuteur reconnu et écouté mondialement.» C’est par ces mots que Giorgos Stathakis et Giannis Milios, deux représentants de la Gauche radicale, terminaient leur tournée secrète auprès de l’establishment politique et bancaire.

Ils ont rencontré les gestionnaires de fonds d’investissement les plus puissants (Merrill Lynch, Deutsche Bank, Goldman Sachs, York Capital, etc.), auxquels ils ont exposé leur programme de gouvernement (alléger la dette, diminuer la pression sociale et rester dans les cas de figure dans la zone euro).

Premier ministrable
C’est dans ce même esprit qu’Alexis Tsipras, le leader de SYRIZA, peaufine son image de premier ministrable. Après une tournée qui l’a mené de Washington à Buenos Aires, en passant par Madrid – où il a entamé une collaboration avec le «parti frère» émergent Podemos – il va aller en Albanie, Serbie et Russie. Et terminer l’année par une visite au bureau de l’Organisation internationale du travail à Genève. Une OIT dont un rapport paru cette semaine évoque le risque d’une «crise sociale prolongée en Grèce». Et prédit qu’avec la poursuite de la politique actuelle, la Grèce ne s’en sortira qu’en 2038.

Sur la banderole de tête de cortèges d’hier, on pouvait lire «pour mettre fin à la pauvreté, renversons le gouvernement maintenant». L’heure du changement a-t-elle sonné en Grèce?

Créé: 27.11.2014, 21h42

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