Le Portugal se prépare à légaliser l'euthanasie

SantéAprès la Belgique, le Luxembourg et les Pays-bas, le Portugal pourrait devenir le quatrième pays européen à légaliser l'euthanasie.

Cinq propositions de loi autorisant la «mort médicalement assistée», dont une déposée par le Parti socialiste au pouvoir, seront débattues jeudi. (Photo d'archives)

Cinq propositions de loi autorisant la «mort médicalement assistée», dont une déposée par le Parti socialiste au pouvoir, seront débattues jeudi. (Photo d'archives) Image: AFP

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Le Parlement portugais examine jeudi plusieurs textes en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie, rejetée de justesse il y a près de deux ans mais qui a désormais de bonnes chances d'être adoptée malgré l'opposition de l'Eglise catholique et de médecins.

Cinq propositions de loi autorisant la «mort médicalement assistée», dont une déposée par le Parti socialiste au pouvoir, seront débattues à partir de 15H00 puis votées en première lecture. Plusieurs organisations opposées à l'euthanasie ont appelé à manifester devant l'Assemblée en milieu de journée.

En mai 2018, le Parlement portugais avait rejeté à une très courte majorité de cinq voix plusieurs textes allant dans le même sens. Depuis, les socialistes sont sortis renforcés des élections législatives d'octobre dernier et la balance devrait maintenant pencher en faveur de l'euthanasie.

«Je pense que toutes les propositions seront adoptées, car nous avons maintenant une majorité parlementaire favorable à la dépénalisation de l'euthanasie», a déclaré à l'AFP Bruno Maia, médecin neurologue et dirigeant d'un mouvement en faveur du «droit à mourir dignement».

Dans la mesure où les députés du PS et de la principale formation d'opposition de droite n'ont pas reçu de consigne de vote, le résultat du vote n'est pas entièrement sûr. Mais le Premier ministre Antonio Costa et le chef de l'opposition, Rui Rio, y sont tous les deux favorables.

Un président conservateur

En revanche, l'Eglise catholique, très largement majoritaire au Portugal, les organisations représentatives des médecins et des infirmiers, ainsi que le Conseil national de l'éthique pour les sciences de la vie, un organe consultatif indépendant lié au Parlement, se sont tous opposés aux textes qui seront examinés.

A la proposition socialiste, qui détermine «les conditions spéciales pour la pratique de l'euthanasie non punissable», s'ajoutent celles du Bloc de gauche (extrême gauche), du parti animalier PAN, des Verts et d'un député libéral. Le Parti communiste, le parti minoritaire de droite CDS-PP et le seul élu d'extrême droite ont eux d'ores et déjà annoncé qu'ils voteraient contre tous les textes.

Si les propositions sont adoptées en première lecture, elles seront rassemblées dans un seul texte avant un vote final. Cette loi devra ensuite être soumise à la signature du président de la République, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa.

Le chef de l'Etat n'a pas ouvertement pris position sur le sujet mais, en tant que fervent catholique, il pourrait opposer un véto, qui serait pourtant annulé par un deuxième vote des députés, ou envoyer le texte à la Cour constitutionnelle pour qu'elle juge de sa conformité avec la loi fondamentale du pays.

«Référendum d'initiative populaire»

Si ce processus législatif aboutit, le Portugal deviendra le quatrième pays européen à légaliser l'euthanasie après la Belgique, le Luxembourg et les Pays-bas. Dans l'Espagne voisine, le gouvernement socialiste a obtenu la semaine dernière le feu vert de la Chambre des députés pour lancer l'examen d'un projet de loi reconnaissant le droit à l'euthanasie sous strictes conditions.

Devant le nouveau rapport de forces issu des élections d'octobre, et contrairement à 2018, l'Eglise catholique a cette fois défendu la tenue d'un référendum pour consulter la population dont elle pense qu'une majorité rejetterait l'euthanasie.

Même si l'idée a très peu de chances d'être soutenue par le Parlement, «le référendum est notre seule chance de freiner cette loi», reconnaît à l'AFP José Seabra Duque, catholique pratiquant et membre de la direction de la Fédération portugaise pour la vie.

Cette plateforme regroupant une vingtaine d'associations conservatrices a déjà recueilli près des deux tiers des 60'000 signatures nécessaires pour demander aux députés d'examiner une proposition de «référendum d'initiative populaire» sur le sujet.

Dans le plus récent sondage réalisé en la matière, qui remonte à 2017, 46,1% des personnes interrogées se disaient favorables à l'euthanasie, 27,4% contre. Mais une majorité de 44,1% jugeait alors qu'il fallait organiser un référendum, contre 32,7% d'opinions inverses. (afp/nxp)

Créé: 20.02.2020, 04h27

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