Les milices d’extrême droite pullulent en Slovaquie

Radicalisme Depuis le succès électoral du parti fasciste en mars, les groupes paramilitaires sont de plus en plus actifs.

La principale milice du pays, Slovenskí Branci, compte 200 membres actifs. 
SLOVENSKÍ BRANCI

La principale milice du pays, Slovenskí Branci, compte 200 membres actifs. SLOVENSKÍ BRANCI

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En tenue de camouflage, ils s’entraînent, une mitraillette non létale à la main, dans les forêts de Slovaquie. Techniques de survie, parachutage, entraînement à la guérilla, maniement des armes: les jeunes recrues ne sont pourtant pas des soldats de l’armée slovaque, loin de là.

Peter Švrcek, par exemple, est étudiant en archéologie à l’université. C’est lui qui dirige la principale milice du pays, Slovenskí Branci (SB, «les recrues slovaques»), un groupuscule de 200 membres actifs qui se veut apolitique mais que les services secrets surveillent étroitement et que les autorités considèrent comme étant affilié à l’extrême droite. «Nous sommes de vrais patriotes. Nous suivons un entraînement sophistiqué et nous sommes prêts à aider nos soldats et notre patrie», assure-t-il.

Supplétif de la police

Une jeune fille se fait embêter au début d’août par un arabe à Piešt’any, ville thermale très prisée des touristes du Golfe? Peter et ses sbires déboulent aussitôt. «Avec la police, nous avons rétabli l’ordre dans les rues de la ville, afin que les citoyens se sentent à nouveau en sécurité. Nous avons pu montrer aux gens que nous sommes opérationnels, déterminés et forts», assure Peter Švrcek.

Une femme se fait agresser dans un train par un garçon rom en avril? Cette fois, c’est Marian Kotleba, le chef du parti néonazi L’SNS, qui envoie ses troupes pour patrouiller dans les trains et arrêter d’éventuels suspects, avant de les livrer à la police.

«Slovenskí Branci et les organisations similaires tentent d’accroître leur popularité auprès des locaux en menant de telles actions», explique Daniel Milo, expert en extrémisme. Kotleba, fraîchement élu député, n’en fait pas mystère: il veut utiliser 5 des 5,2 millions d’euros versés par l’Etat à la suite de son succès électoral du mois de mars pour créer des milices chargées de «faire régner l’ordre là où la police n’y parvient pas».

Ces derniers mois, les milices sont plus actives que jamais en Slovaquie. «Le fait d’être représentées au parlement renforce leur popularité et leur confiance en elles», assure Jaroslav Nad’, spécialiste des questions de défense et sécurité. Leur succès croissant montre, selon lui, «combien la société slovaque est en train de se radicaliser».

Infiltrer l’armée

En juin, le Ministère de l’intérieur a même officiellement reconnu une des branches de Slovenskí Branci. Pourtant, ce même ministère a rédigé des rapports établissant un lien direct entre ce groupuscule et les idées extrémistes. Et son collègue, à l’Education, lui a publiquement demandé de ne plus intervenir dans les écoles, au motif que «les leçons et l’entraînement dispensés par une organisation extrémiste peuvent représenter un danger pour le développement personnel des élèves». Des membres de SB avaient pénétré dans plusieurs établissements scolaires, avec l’accord des directeurs, pour initier les enfants au tir à blanc et leur donner un cours sur l’histoire slovaque.

Résistance, une autre milice, connue pour ses saillies anti-juifs et anti-roms, donne elle aussi de la voix. L’un de ses responsables, qui figurait sur la liste des candidats L’SNS aux dernières élections générales, a appelé «tous les nationalistes courageux et forts mentalement et physiquement à infiltrer s’ils le peuvent l’armée et la police».

Pour Jaroslav Nad’, ces gens posent un réel problème de sécurité en Slovaquie. «Le jour où ils auront de vraies armes, ils pourraient être vraiment dangereux.»

(24 heures)

Créé: 28.08.2016, 22h14

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