«Londres retient Ioulia Skripal par la force»

Affaire SkripalLes autorités russes accusent l'Angleterre de retenir la fille de l'ex-agent double. Par ailleurs, l'OIAC a confirmé l'origine russe du produit.

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La Russie a accusé jeudi le Royaume-Uni de «retenir par la force» Ioulia Skripal, empoisonnée début mars avec son père, un ex-agent double russe, et qui a quitté l'hopital où elle était soignée pour un lieu tenu secret.

«Les derniers événements renforcent nos craintes selon lesquelles il est question de l'isolement d'une citoyenne russe. Nous avons toutes les raisons de croire qu'il peut être question d'un cas de rétention par la force de citoyens russes, éventuellement qu'on les retienne par la force pour une mise en scène», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova lors d'une conférence de presse.

Pour rappel Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, ont été empoisonnés le 4 mars à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre) par l'agent innervant. Ils ont été hospitalisés dans un état critique. Entretemps, Ioulia a pu quitter l'hôpital et l'état de son père est en constante amélioration, selon les médecins qui le suivent. Un policier britannique, qui avait été hospitalisé après avoir été intoxiqué en portant secours aux Skripal, a pu quitter l'hôpital le 22 mars.

Jeudi matin, l'ambassade de Russie à Londres avait déjà exprimé ses doutes après le refus par Ioulia Skripal de l'aide que lui proposait la représentation diplomatique russe en Grande-Bretagne. Elle a demandé à plusieurs reprises de bénéficier d'un accès consulaire à Ioulia Skripal. Mais la jeune femme de 33 ans a refusé par voie de communiqué. «Le texte (du communiqué) a été rédigé de façon à soutenir la position officielle des autorités britanniques et en même temps d'empêcher Ioulia d'avoir des contacts avec le monde extérieur - diplomates, journalistes et même ses proches», indique l'ambassade de Russie.

Origine russe du poison

L'OIAC a confirmé jeudi la thèse du gouvernement britannique sur l'identité de l'agent innervant utilisé en Angleterre pour empoisonner l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille. Elle ne cite toutefois pas nommément le Novitchok.

«Les résultats de l'analyse menée par les laboratoires désignés par l'OIAC (...) confirment les découvertes du Royaume-Uni quant à l'identité de l'agent chimique toxique utilisé à Salisbury qui a grièvement blessé trois personnes», indique l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) dans un communiqué publié à Londres.

Les tests effectués ont établi que la substance utilisée était «d'une grande pureté», ce qui laisse supposer qu'un agent étatique a été impliqué dans cet empoisonnement. L'OIAC se garde toutefois d'accuser qui que ce soit. Elle précise par ailleurs que le nom et la structure de la substance chimique identifiée sont contenus dans «le rapport classifié complet» disponible pour les Etats membres.

Moscou demande à voir

La Russie a pour sa part averti qu'elle «ne croira pas sur parole» et sans accès de ses experts aux analyses les conclusions de l'enquête de l'OIAC. Moscou souhaite également avoir accès à «toute l'information véritablement en possession de Londres à propos de cet incident».

Pour la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova, il y a tout lieu de croire qu'on assiste à une nouvelle tentative, de la part de Londres, de discréditer la Russie. Elle a dénoncé un «flux de désinformation».

Réunion du Conseil de sécurité exigée

La Grande-Bretagne a demandé dans ce contexte que le Conseil de sécurité de l'ONU se réunisse la semaine prochaine afin de discuter du rapport de l'OIAC. Une première réunion du Conseil de sécurité à l'initiative de la Grande-Bretagne avait déjà eu lieu le 14 mars.

Moscou a également demandé la semaine dernière une réunion des 15 membres du Conseil de sécurité afin de discuter des accusations émises par Londres. L'ambassadeur russe à l'ONU Vassily Nebenzia avait alors réitéré que «la Russie n'avait aucun lien avec l'empoisonnement des Skripal». (afp/nxp)

Créé: 12.04.2018, 17h33

Moscou réagit

La Russie a averti jeudi qu'elle «ne croira pas sur parole» et sans accès aux analyses les conclusions de l'enquête de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) sur l'agent innervant utilisé pour empoisonner l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille.

«La Russie ne croira pas sur parole les conclusions dans l'affaire Skripal tant que ses experts n'obtiendront pas l'accès aux analyses mentionnées dans l'expertise de l'OIAC», a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova lors d'une conférence de presse.

Réunion demandée

Le Royaume-Uni a réclamé jeudi une réunion du Conseil de sécurité pour discuter des conclusions de l'enquête de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) sur l'agent innervant utilisé pour empoisonner l'ex-espion russe Sergueï Skripal et sa fille.

La réunion devrait se tenir cette semaine, a précisé la mission britannique auprès des Nations unies, à la suite de l'annonce par l'OAIC que les analyses en laboratoires «confirment les découvertes du Royaume-Uni quant à l'identité de l'agent chimique toxique utilisé à Salisbury» (Angleterre) le 4 mars

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