Le nouveau visage du gouvernement allemand

PolitiqueLe président du Parti social-démocrate a présenté dimanche les six ministres SPD du nouveau gouvernement de «grande coalition» avec les conservateurs d'Angela Merkel.

Sigmar Gabrial (centre) a présenté ses nouveaux ministres: Heiko Maas, Andrea Nahles, Manuela Schwesig, Barbara Hendricks, Frank-Walter Steinmeier  et Aydan Ozoguz.

Sigmar Gabrial (centre) a présenté ses nouveaux ministres: Heiko Maas, Andrea Nahles, Manuela Schwesig, Barbara Hendricks, Frank-Walter Steinmeier et Aydan Ozoguz. Image: Keystone

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Egalement responsable de l'Economie, et porteur du titre honorifique de vice-chancelier, Sigmar Gabriel tentera d'imposer une inflexion sociale, dans un gouvernement où prédominera la continuité dans la gestion de la crise de l'euro.

Parmi les nouveaux ministres SPD, Frank-Walter Steinmeier retrouvera les Affaires étrangères qu'il occupait déjà lors du premier mandat de Mme Merkel (2005-2009). Heiko Maas sera ministre de la Justice, Manuela Schweisig ira à la Famille et Barbara Hendricks à l'Environnement.

Première femme à la Défense

Le conservateur Wolfgang Schäuble reste ministre des Finances. Avec le poste de chancelière, les Unions chrétiennes (CDU et CSU), arrivées largement en tête des législatives le 22 septembre, disposent ainsi des principaux leviers de la politique.

La nomination d'Ursula von der Leyen à la tête du ministère de la Défense représente une surprise. A 55 ans, cette gynécologue de formation, issue de l'aile la plus conservatrice de la CDU, devient la première femme à occuper ce poste en Allemagne.

Hans-Peter Friedrich (CSU), ministre de l'Intérieur sortant, est nommé à l'Agriculture, tandis que le secrétaire général de la CSU, Alexander Dobrindt, prend la tête d'un ministère des Transports et des Infrastructures numériques.

Continuité de la politique

Parmi les autres portefeuilles attribués dimanche, l'ancien ministre de la Défense Thomas de Maizière, très proche de Mme Merkel, passe à l'Intérieur. Hermann Gröhe, ancien secrétaire général de la CDU, hérite du ministère de la Santé et Joanna Wanka reste ministre de l'Education. Peter Altmaier devient ministre chargé de la Chancellerie.

Claire Demesmay, experte du Conseil allemand des relations internationales (DGAP), un centre de réflexion berlinois, table sur une continuité de la politique allemande, d'autant plus que le SPD a «soutenu le gouvernement précédent dans pratiquement toutes les mesures de gestion de crise».

Inflexion en politique intérieure

Elle s'attend toutefois «à des inflexions qui vont venir de la politique intérieure» avec des dépenses supplémentaires «pour les infrastructures ou la politique sociale». Selon elle, cela «aura nécessairement un impact sur la politique européenne et la situation des pays voisins».

Nommée ministre du Travail, la secrétaire générale du SPD Andrea Nahles sera notamment chargée de concrétiser la principale avancée sociale du contrat de coalition: un salaire minimum fixé à 8,50 euros de l'heure. Jörg Asmussen, membre du directoire de la Banque centrale européenne, sera secrétaire d'Etat au Travail dans le nouveau gouvernement.

Abandon du nucléaire

Les milieux d'affaires allemands et une grande partie de la presse ont beaucoup critiqué les dépenses et investissements, évalués à 23 milliards d'euros d'ici à 2017. Le quotidien conservateur Die Welt fustigeait dimanche «un gouvernement dirigé par la droite qui mène une politique de gauche» et qui va «coûter cher» à l'Allemagne.

Sigmar Gabriel prend un risque en choisissant d'endosser la responsabilité de la transition énergétique, l'un des plus gros chantiers de l'Allemagne, et l'un des plus délicats, selon Die Welt. Cette transition découle de l'abandon du nucléaire, décidé en 2011 par Mme Merkel suite à la catastrophe de Fukushima.

Première femme d'origine turque

Symboliquement, le SPD a choisi Mme Aydan Özuguz comme secrétaire d'Etat auprès de la chancellerie chargée des Migrations, des Réfugiés et de l'Intégration. Elle devient la première femme d'origine turque à faire partie d'un gouvernement allemand.

L'accord de coalition entre conservateurs et sociaux-démocrates, conclu fin novembre, a été approuvé samedi par les adhérents du SPD à une très large majorité. La chancelière devrait entamer mardi son troisième mandat consécutif à la tête du gouvernement. (ats/afp/nxp)

Créé: 15.12.2013, 18h22

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