Une accusatrice de Tariq Ramadan voit sa version mise à mal

FranceJeudi a eu lieu la confrontation entre la première plaignante dans cette affaire, Henda Ayari, et l’islamologue.

Tariq Ramadan n’est pas encore tiré d’affaire, même si sa défense a marqué quelques points.

Tariq Ramadan n’est pas encore tiré d’affaire, même si sa défense a marqué quelques points. Image: Yvain Genevay

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La version de la première et plus médiatique accusatrice de Tariq Ramadan, Henda Ayari, a été mise à mal par le propre demi-frère de cette dernière. Cela a été confirmé jeudi en fin d’après-midi, à l’issue de la confrontation, devant les juges, entre l’accusé et son accusatrice.

Cet épisode concerne le lieu et le jour où la plaignante affirme avoir été violée. Dans une première déclaration, elle situait l’acte dans l’hôtel Holiday Inn sis près de la gare de l’Est à Paris, entre le 31 mars et le 8 avril 2012. Puis, après avoir consulté son agenda qu’elle a remis aux juges, Henda Ayari a changé le lieu et la date; les faits se seraient déroulés dans une chambre d’un autre hôtel parisien, le Crown Plaza, le 26 mai 2012.

Les enquêteurs ont vérifié les allées et venues de la plaignante et interrogé le demi-frère cadet de cette dernière, le 9 juillet dernier. Selon ce témoignage, le 26 mai 2012, Henda Ayari assistait au mariage de son demi-frère et participait à la fête. Les festivités se sont déroulées à Petit-Couronne, soit à 129 kilomètres de Paris. Le demi-frère précise que sa sœur était présente de «20h à 3h du matin environ» et qu’«elle était installée à la table des amies de la mariée», selon le site Internet du «Point».

Il faut cependant tenir compte du fait que les relations entre la dénonciatrice et son demi-frère sont exécrables et qu’ils ne se parlent plus. Cela dit, les enquêteurs ont mis la main sur un élément plus probant: deux photos du mariage sur lesquelles figure Henda Ayari. Dès lors, il paraît impossible que l’acte incriminé fût commis le 26 mai 2012.

À l’issue de la confrontation entre Tariq Ramadan et Henda Ayari, l’avocat de cette dernière, Me Szpiner, a minimisé la portée de cet épisode: le fait que l’on ne sache pas encore la date exacte des faits ne signifie pas qu’ils ne se sont pas produits. Il souligne que les déclarations de sa cliente correspondent à celles d’autres plaignantes et sont conformes au contenu des messages de l’accusé faisant état d’une «sexualité violente».

L’avocat de Tariq Ramadan, Me Marsigny, annonce qu’il va déposer rapidement une demande de mise en liberté. Il est formel: «Il n’y a plus de dossier Ayari. Elle est incapable de dire où et quand se sont déroulés les actes qu’elle dénonce! Toutes ses allégations ont été démontées par les éléments objectifs du dossier.»

Décision prochaine des juges
Prochainement, les juges d’instruction devront décider du maintien ou non de la détention provisoire de l’islamologue genevois, mais aussi du sort à donner à la plainte de Henda Ayari.

Mais cette dernière n’est pas la seule plaignante. En France, deux autres femmes ont porté plainte. Récemment, l’une de ces dénonciations n’a pas abouti. Elle avait été déposée par une femme qui accusait Tariq Ramadan de l’avoir violée à neuf reprises entre 2013 et 2014. Non sans tergiversations, le prêcheur musulman a admis avoir eu avec elle des relations sexuelles «consenties». Même «consentis», des rapports extraconjugaux sont proscrits par l’islam, d’où la difficulté pour l’accusé de les admettre. Cela dit, ce qui est interdit par une religion ne l’est pas forcément par la loi. Les juges d’instruction n’ont donc pas retenu le viol et ont renoncé, le 5 juin dernier, à mettre Tariq Ramadan en examen sur ce point particulier.

Il reste encore une plaignante qui doit être confrontée au Genevois, celle que les médias ont appelée «Christelle». Cette confrontation aurait dû se dérouler mercredi, mais la jeune femme est tombée malade, comme l’atteste un certificat médical. Selon son avocat, elle maintient son accusation de viol contre Tariq Ramadan. L’acte aurait été commis dans la chambre d’hôtel que l’islamologue occupait à Lyon. Ce dernier admet avoir rencontré «Christelle», mais uniquement dans le hall de l’établissement. Selon lui, les rapports qu’il entretenait avec elle relèveraient de la «sexualité virtuelle». À l’appui de son accusation, cette plaignante a décrit aux enquêteurs la cicatrice que Tariq Ramadan présente à l’aine. Version de l’islamologue: il avait peut-être évoqué cette particularité à «Christelle», à moins qu’elle en ait eu connaissance par d’autres femmes.

Si la défense de Tariq Ramadan a marqué récemment quelques points, il n’en demeure pas moins que l’islamologue n’est pas encore sorti d’affaire. (24 heures)

Créé: 20.07.2018, 16h11

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