L'UE prolonge les sanctions contre la Russie

Crise ukrainiennePetro Porochenko a affirmé que la pression économique était la seule solution pour faire respecter les accords de paix de Minsk.

Le président ukrainien Petro Porochenko sur le parvis de l'Elysée avec son homologue français François Hollande.

Le président ukrainien Petro Porochenko sur le parvis de l'Elysée avec son homologue français François Hollande. Image: AP Photo/Thibault Camus/Keystone

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Les ambassadeurs des 28 pays de l'UE ont approuvé mardi la prolongation pour six mois des sanctions adoptées contre la Russie en raison de son rôle dans le conflit ukrainien, selon des sources diplomatiques. Pour Kiev, il n'y a «pas d'alternative» à ces sanctions.

Les ministres de l'Union européenne (UE) doivent encore apporter leur sceau officiel à la prorogation jusqu'au 31 janvier de ces sanctions, qui arrivent à expiration à la fin juillet. Ces mesures touchent notamment des banques et des entreprises pétrolières et de défense russes. Elles ont lourdement pénalisé l'économie du pays, qui a en retour décrété un embargo sur les importations agro-alimentaires de l'UE.

Les ministres de l'UE qui se retrouveront vendredi à Luxembourg devraient entériner cette prolongation, ce qui, selon l'avis des diplomates, devrait être une formalité. La décision pourrait toutefois être renvoyée au sommet européen des 29 et 29 juin, voire à plus tard. Paris et Londres ont demandé un délai afin d'informer au préalable leurs parlements du renouvellement des sanctions.

«Unique instrument»

En visite à Paris, le président ukrainien Petro Porochenko a fait valoir mardi que ces sanctions étaient «l'unique instrument» disponible pour faire pression sur la Russie et la contraindre à respecter les accords de paix de Minsk.

Dans une interview diffusée avant son entretien avec son homologue François Hollande, le chef de l'Etat ukrainien a martelé qu'il n'y avait «pas d'alternative» à ces sanctions qui ont durablement empoisonné les relations entre Bruxelles et Moscou.

Lundi, le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault avait évoqué la nécessité de réfléchir à des «ouvertures» envers la Russie, avant le prochain renouvellement des sanctions attendu fin décembre. Fin mai, son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier avait lui aussi jugé possible une levée «graduelle» des sanctions en cas de progrès dans l'application des accords de paix.

Peu d'entrain de certains pays

Paris et Berlin, qui ont négocié ces accords, devraient présenter une évaluation au plus tard à l'automne aux autres pays de l'UE. Certains d'entre eux, comme l'Italie, la Hongrie, la Grèce ou Chypre, ne font pas mystère de leur manque d'entrain pour prolonger ces mesures.

les dirigeants européens ont lié dès mars 2015 la levée partielle ou totale des sanctions économiques russes aux accords de Minsk. «La prochaine étape est claire: l'application complète de l'accord, ni plus ni moins. C'est le seul moyen de commencer notre conversation et le seul moyen de lever les sanctions économiques imposées», a ainsi répété la semaine dernière le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, en visite à Saint-Pétersbourg.

«Nous ne sommes pas rancuniers et nous sommes prêts à faire un pas vers nos partenaires européens», avait répliqué le président russe Vladimir Poutine, mais cela «ne peut pas être, bien entendu, à sens unique».

Responsabilité de Kiev

Mardi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a répété qu'à ses yeux, il est «illogique de lier les sanctions à l'application par Moscou des accords de Minsk». Il a rejeté la responsabilité de leur mise en œuvre sur les autorités ukrainiennes, notamment en ce qui concerne la tenue d'élections locales dans les zones rebelles de l'est de l'Ukraine et l'octroi d'un «statut spécial» à ces régions.

Les accords de Minsk prévoient toute une série de mesures politiques et économiques qui sont loin d'être remplies, et la trêve des combats sur la ligne de front est violée quotidiennement.

Près de 150 personnalités russes et ukrainiennes, dont des proches de M. Poutine, figurent par ailleurs sur une «liste noire» de l'UE: elles sont interdites de visas et leurs avoirs sur le territoire de l'Union sont gelés. Les Européens ont aussi décrété des sanctions spécifiques à la Crimée, annexée par la Russie en mars 2014. (ats/nxp)

Créé: 21.06.2016, 13h17

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