Armé, Nicolas Sarkozy annonce un retour dans la peau d’un flic

FranceSa candidature à la primaire, il la rêve depuis cinq ans. L’ex-président veut un démarrage à couper le souffle… Un «blast» qui le lance vers l'Elysée. Récit d’une revanche

Nicolas Sarkozy se comporte non comme s’il avait perdu une élection, mais comme s’il avait été chassé du pouvoir. Ses équipes, organisées comme la Brigade criminelle, promettent un début de campagne choc! A suivre dès lundi prochain...

Nicolas Sarkozy se comporte non comme s’il avait perdu une élection, mais comme s’il avait été chassé du pouvoir. Ses équipes, organisées comme la Brigade criminelle, promettent un début de campagne choc! A suivre dès lundi prochain... Image: PHILIPPE WOJAZER/REUTERS

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Un blast!» Nicolas Sarkozy veut être président en 2017, ça, on le sait déjà. Par contre, c’est par un «blast», un effet de souffle, que le président des Républicains annoncera aux alentours du lundi 22 août sa candidature à la primaire de son parti. Ce scrutin (les 20 et 27 novembre) désignera le champion de la droite et du centre pour l’élection présidentielle de 2017. L’annonce imminente, selon les indiscrétions savamment dosées depuis des semaines par les sarkozystes, doit en effet créer une onde de choc qui balaiera tout sur son passage.

La méthode est à l’image de Nicolas Sarkozy (61 ans): prévisible et puissante. On sait ce qu’il va faire mais on ne sait pas comment il va le faire (voir son site). C’est l’autre effet du «blast»: l’onde de choc dont profitent les policiers pour déloger un preneur d’otages retranché. Frédéric Péchenard, ancien patron de la police nationale, désormais directeur général chez Les Républicains, n’hésite pas à filer la métaphore. «On a adopté une organisation qui ressemble à celle de la Brigade criminelle», dit-il au Parisien en avant-goût de la campagne.

L’homme providentiel

C’était pourtant clair. L’envie de revanche de l’ex-président de la République (2007 – 2012) ne faisait aucun doute. Déjà au lendemain de sa défaite en mai 2012, Nicolas Sarkozy rêvait de reconquête. La lecture de son livre La France pour la vie (Plon), ou encore ses allusions en marge de l’interview accordée en juin dernier, ne laisse planer aucun doute. Alors l’évidence de la mise en scène de cette annonce, inspirée de la doctrine d’intervention policière qui délogerait les illicites et les imposteurs, montre bien à quel point Nicolas Sarkozy se comporte non comme s’il avait perdu une élection, mais comme s’il avait été chassé du pouvoir.

L’homme providentiel, c’est lui. Nicolas Sarkozy revient sauver la France, tel Alain Delon dans un de ses nombreux films où un flic seul et contre tous fait triompher la vérité. Ce récit que raconte l’ex-chef d’Etat aux Français est évidemment romancé.

D’abord, Nicolas Sarkozy n’est pas seul. Son carré de fidèles l’a toujours épaulé. Son ancien ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a créé l’Association des amis de Nicolas Sarkozy au lendemain de la défaite de 2012, déjà. Elle a autant fait pour défendre son bilan que pour assurer son omniprésence dans la vie politique et éviter que des portes ne se ferment. Celles de son parti, par exemple.

Le carré des fidèles et les porte-flingues

Car après la défaite de Nicolas Sarkozy, l’UMP était tout entière dévouée à François Fillon. Mais en décembre 2012, Jean-François Copé a barré la route à l’ex-premier ministre lors d’une élection à la présidence du parti qui a viré au pugilat. Entre 2012 et 2014, le grand parti de la droite française issu de la lignée de Gaulle n’a été qu’une ombre. Inaudible. Selon la plupart des commentateurs, ce chaos a été organisé en coulisses par Nicolas Sarkozy et ses fidèles.

Alors que l’UMP sombrait dans le premier tiers de quinquennat socialiste, Nicolas Sarkozy se refaisait une image. Il perfectionnait son anglais, relisait les classiques de la littérature… Il faut lire l’interview hallucinante donnée au Point, il y a quinze jours, où il évoque Maupassant, Balzac, Cassavetes, Mozart, Michel-Ange, le pape Benoît XVI, Groucho Marx, et tous les cinéastes italiens avec des «Tiens, Barbey d’Aurevilly, un écrivain que j’aime beaucoup». L’époque de l’amitié «sympatoche» avec l’humoriste le plus beauf de France, Jean-Marie Bigard, semble bien loin.

C’est encore durant cette période (hiver 2014) que Nicolas Sarkozy a accompagné sa femme, Carla Bruni, lors de sa tournée de concerts à travers la France. Il a continué par ailleurs à donner des conférences rémunérées aux quatre coins du monde. Et notamment dans les pays du Golfe, où il rêve de créer un fonds d’investissement. Projet resté en berne.

La coqueluche des militants

Le retour officiel a démarré en automne 2014. Nicolas Sarkozy emportait la présidence de l’UMP avec 64,5% des suffrages. Sans suspense: il est la coqueluche des militants. Malgré de nombreuses réticences, le président remettait en marche un parti dont il changera le nom en Les Républicains. Trop d’affaires, dont celles de la dette abyssale et des facturations mensongères de la société Bygmalion, étaient accolées à cet acronyme.

Ces démêlés judiciaires s’ajoutent à ceux qui impliquent directement Nicolas Sarkozy. Pour l’instant, aucune affaire n’a abouti à une condamnation. Au final, depuis mai 2012, l’ex-président n’a jamais quitté l’arène politique ni médiatique. Et depuis quelques mois, d’omniprésent, il est redevenu central. Donné largement battu face à Alain Juppé en janvier 2016, il rattrape son retard peu à peu. Seulement 8 points les séparent désormais dans les sondages.

Il revient drapé dans l'autorité

En cette période postattentats et de crispation face à l’islam, Nicolas Sarkozy a choisi de dérouler un programme de droite classique sur l’économie – moins d’impôts – mais surtout focalisé sur l’identité et les valeurs. Sa proposition sur le droit du sol dans Valeurs actuelles, l’officine présentable de l’extrême droite française, démontre bien qu’il estime que l’élection se jouera entre la droite et le Front national, tandis que la gauche désunie paraît hors jeu pour 2017.

«Je sens la République suffoquer. Les barbares qui nous attaquent nous croient faibles», avance Nicolas Sarkozy en promettant le réarmement. Comme dans tous les films de flics, il faut soigner la scène d’intro. Les Français la découvriront dès lundi. Le scénario, lui, est connu. Le héros de l’histoire vient reprendre ce qui lui appartient: le pouvoir.

Créé: 18.08.2016, 21h10

Une primaire pour un présidentiable…

A ce jour, ils sont déjà treize sur la ligne de départ de la primaire des Républicains. Avec Nicolas Sarkozy, cela fera donc au minimum quatorze. Tous veulent participer au scrutin qui, le 20 et 27 novembre, désignera le candidat unique de la droite.

Dans le contexte de déception de l’électorat de gauche, tout indique que le vainqueur du scrutin se retrouvera au second tour de la présidentielle de mai 2017. Et l’emportera face à la candidate du FN, Marine Le Pen, aussi assurée de qualification, selon les sondages.

Nous n’en sommes pas là! Les candidats ont jusqu’au 9 septembre pour réunir les signatures de vingt parlementaires, 250 élus LR répartis dans au moins trente départements et 2500 adhérents du parti. Mais tous n’y parviendront pas.

Même une figure du parti comme l’ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) peine à répondre à ces exigences. D’ailleurs, une polémique sur la confiscation du fichier des adhérents par les troupes de Nicolas Sarkozy envenime une campagne d’emblée marquée par la suspicion. Déjà!

Au dernier pointage, Juppé vire en tête avec 38%, suivi de Sarkozy (30%), de Le Maire (16%) et de Fillon (9%). NKM (2%), Morano (1,5%), Copé (1%), Gaino (1%) ou Mariton (0,5%) suivent de très loin ce quatuor.
XA

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.