«Je vais quitter sous peu l'ambassade»

Royaume-UniLe fondateur de Wikileaks Julian Assange assure qu'il quittera «sous peu» l'ambassade d’Équateur à Londres où il est réfugié depuis 26 mois pour échapper à une extradition vers la Suède, une déclaration aussitôt relativisée par son entourage.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a annoncé lundi 18 août qu'il va quitter bientôt l'ambassade d’Équateur à Londres, mais les réactions de son entourage et des gouvernements impliqués suggéraient qu'il pourrait s'agir là d'un voeu pieux.

Prenant à témoin le porte-parole de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, l'Australien de 43 ans a indiqué avec un grand sourire, à brûle-pourpoint, qu'il était "en mesure de confirmer qu'il quittera sous peu l'ambassade".

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse donnée conjointement avec le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patino.

Alors que la nouvelle avait déjà fait le tour du monde, ledit porte-parole s'est empressé d'en relativiser la portée.

Selon lui, l'orateur commentait sur le mode de la dérision "une fausse rumeur" dans les médias. "Ce qu'a voulu dire Julian, c'est que son plan est de partir dès que le gouvernement britannique honorera ses engagements", a expliqué Hrafnsson, sans autres précisions. "Il espère sortir très bientôt comme un homme libre", a-t-il justifié.

Cheveux mi-longs et barbe blonde

Interrogé sur l'imminence d'un tel dénouement, il a laissé tomber, philosophe: "Nous avons appris à espérer le meilleur et à nous préparer au pire".

Le "cyberwarrior", cheveux mi-longs et courte barbe blonde, a quant à lui refusé d'expliciter son soudain optimisme apparent, à la trentaine de journalistes qui avaient trouvé place dans le petit appartement accueillant l'ambassade.

Il y avait au moins autant de représentants des médias internationaux à l'extérieur du bâtiment de briques ocres, situé dans le quartier huppé de Kensington.

Face à l'avalanche de questions, la seule confidence supplémentaire distillée par le reclus volontaire est que son départ --dont il n'a précisé ni le calendrier ni les modalités-- n'obéirait "peut-être pas aux raisons invoquées par les médias du groupe Murdoch et Sky News".

Le tabloïde The Sun et la chaîne de télévision d'information en continu, ont avancé qu'il pourrait quitter les locaux où il bénéficie de la protection diplomatique pour des raisons de santé, ajoutant qu'il souffrait de problèmes pulmonaires et cardiaques.

Règlement diplomatique dans le moyen-long terme

"Il a plutôt l'air en bonne santé", a confirmé Hrafnsson.

Ricardo Patino a pour sa part clairement donné l'impression d'inscrire tout processus de règlement diplomatique dans le moyen-long terme.

Le ministre a ainsi suggéré de nouvelles démarches auprès de Londres et le lancement d'une campagne internationale pour "libérer" le fondateur de WikiLeaks. Réfugié depuis juin 2012 à l'ambassade d'Equateur, il bénéficie depuis le 18 août de la même année de "l'asile politique".

"Il faut mettre un terme à cette situation. Deux ans, c'est tout simplement trop long. Il est temps de libérer Julian Assange", a indiqué le chef de la diplomatie équatorienne.

Un porte-parole du Foreign Office s'est cependant borné à rappeler la ligne officielle: "Nous avons clairement fait valoir que nous agirions en fonction de nos lois, et que Julian Assange sera extradé en Suède. Nous continuons de compter sur l’Équateur pour contribuer à mettre un terme à cette situation difficile et coûteuse".

18 millions de francs par année pour surveiller l'ambassade

La surveillance de l'ambassade coûte annuellement quelque 10 millions de livres (18 millions de francs) aux contribuables britanniques.

Jusqu'ici, le gouvernement de David Cameron à refusé d'accorder un sauf-conduit qui permettrait à Assange de quitter le pays. Et Scotland Yard a indiqué qu'il serait immédiatement arrêté s'il posait un pied sur la voie publique.

Quant à la justice suédoise, elle a maintenu à la mi-juillet la validité du mandat d'arrêt européen émis à l'encontre d'Assange, qui se morfond entre quatre murs.

L'intéressé nie les accusations de violences sexuelles portées par deux jeunes suédoises, et déclare redouter par dessus tout d'être déporté de Stokholm aux Etats-Unis.

Washington, selon lui, n'aurait pas renoncé à lui demander des comptes au sujet de la publication par son site de centaines de milliers de documents secrets du gouvernement et de l'armée américaines.

(afp/nxp)

Créé: 18.08.2014, 11h19

Articles en relation

Assange à Snowden: sois «extrêmement prudent»

SECURITE Le fondateur du site WikiLeaks a exhorté l'Américain Edward Snowden à être «extrêmement prudent» s'il décidait de sortir de Russie. Plus...

La justice maintient le mandat d'arrêt contre Assange

Affaire WikiLeaks La justice suédoise a maintenu le mandat d'arrêt, lancé fin 2010 suite à la plainte de deux femmes qui l'accusent de viol, contre Julian Assange, fondateur de WikiLeaks. Plus...

Le père de Julian Assange a rencontré Bachar al-Assad

Syrie Le père du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a rencontré à Damas le président Bachar al-Assad au cours d'un voyage de «solidarité avec le peuple syrien», a rapporté mardi le quotidien The Australian. Plus...

Julian Assange dénonce un réseau mondial de surveillance

Genève Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, a dénoncé devant l'ONU à Genève un réseau transnational de surveillance qui se développe de manière incontrôlée. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.