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«Je vais quitter sous peu l'ambassade»

Le fondateur de Wikileaks Julian Assange assure qu'il quittera «sous peu» l'ambassade d’Équateur à Londres où il est réfugié depuis 26 mois pour échapper à une extradition vers la Suède, une déclaration aussitôt relativisée par son entourage.

La justice britannique examine à partir de lundi la possibilité d'extrader le fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis. (23 février 2020)
La justice britannique examine à partir de lundi la possibilité d'extrader le fondateur de WikiLeaks vers les États-Unis. (23 février 2020)
AFP
Julian Assange présente «tous les symptômes (de) torture psychologique», a affirmé vendredi le Rapporteur de l'ONU sur la torture, qui a pu le rencontrer en prison avec des médecins.(vendredi 31 mai 2019)
Julian Assange présente «tous les symptômes (de) torture psychologique», a affirmé vendredi le Rapporteur de l'ONU sur la torture, qui a pu le rencontrer en prison avec des médecins.(vendredi 31 mai 2019)
Keystone
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Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, a annoncé lundi 18 août qu'il va quitter bientôt l'ambassade d’Équateur à Londres, mais les réactions de son entourage et des gouvernements impliqués suggéraient qu'il pourrait s'agir là d'un voeu pieux.

Prenant à témoin le porte-parole de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, l'Australien de 43 ans a indiqué avec un grand sourire, à brûle-pourpoint, qu'il était "en mesure de confirmer qu'il quittera sous peu l'ambassade".

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse donnée conjointement avec le ministre équatorien des Affaires étrangères Ricardo Patino.

Alors que la nouvelle avait déjà fait le tour du monde, ledit porte-parole s'est empressé d'en relativiser la portée.

Selon lui, l'orateur commentait sur le mode de la dérision "une fausse rumeur" dans les médias. "Ce qu'a voulu dire Julian, c'est que son plan est de partir dès que le gouvernement britannique honorera ses engagements", a expliqué Hrafnsson, sans autres précisions. "Il espère sortir très bientôt comme un homme libre", a-t-il justifié.

Cheveux mi-longs et barbe blonde

Interrogé sur l'imminence d'un tel dénouement, il a laissé tomber, philosophe: "Nous avons appris à espérer le meilleur et à nous préparer au pire".

Le "cyberwarrior", cheveux mi-longs et courte barbe blonde, a quant à lui refusé d'expliciter son soudain optimisme apparent, à la trentaine de journalistes qui avaient trouvé place dans le petit appartement accueillant l'ambassade.

Il y avait au moins autant de représentants des médias internationaux à l'extérieur du bâtiment de briques ocres, situé dans le quartier huppé de Kensington.

Face à l'avalanche de questions, la seule confidence supplémentaire distillée par le reclus volontaire est que son départ --dont il n'a précisé ni le calendrier ni les modalités-- n'obéirait "peut-être pas aux raisons invoquées par les médias du groupe Murdoch et Sky News".

Le tabloïde The Sun et la chaîne de télévision d'information en continu, ont avancé qu'il pourrait quitter les locaux où il bénéficie de la protection diplomatique pour des raisons de santé, ajoutant qu'il souffrait de problèmes pulmonaires et cardiaques.

Règlement diplomatique dans le moyen-long terme

"Il a plutôt l'air en bonne santé", a confirmé Hrafnsson.

Ricardo Patino a pour sa part clairement donné l'impression d'inscrire tout processus de règlement diplomatique dans le moyen-long terme.

Le ministre a ainsi suggéré de nouvelles démarches auprès de Londres et le lancement d'une campagne internationale pour "libérer" le fondateur de WikiLeaks. Réfugié depuis juin 2012 à l'ambassade d'Equateur, il bénéficie depuis le 18 août de la même année de "l'asile politique".

"Il faut mettre un terme à cette situation. Deux ans, c'est tout simplement trop long. Il est temps de libérer Julian Assange", a indiqué le chef de la diplomatie équatorienne.

Un porte-parole du Foreign Office s'est cependant borné à rappeler la ligne officielle: "Nous avons clairement fait valoir que nous agirions en fonction de nos lois, et que Julian Assange sera extradé en Suède. Nous continuons de compter sur l’Équateur pour contribuer à mettre un terme à cette situation difficile et coûteuse".

18 millions de francs par année pour surveiller l'ambassade

La surveillance de l'ambassade coûte annuellement quelque 10 millions de livres (18 millions de francs) aux contribuables britanniques.

Jusqu'ici, le gouvernement de David Cameron à refusé d'accorder un sauf-conduit qui permettrait à Assange de quitter le pays. Et Scotland Yard a indiqué qu'il serait immédiatement arrêté s'il posait un pied sur la voie publique.

Quant à la justice suédoise, elle a maintenu à la mi-juillet la validité du mandat d'arrêt européen émis à l'encontre d'Assange, qui se morfond entre quatre murs.

L'intéressé nie les accusations de violences sexuelles portées par deux jeunes suédoises, et déclare redouter par dessus tout d'être déporté de Stokholm aux Etats-Unis.

Washington, selon lui, n'aurait pas renoncé à lui demander des comptes au sujet de la publication par son site de centaines de milliers de documents secrets du gouvernement et de l'armée américaines.

(AFP)

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