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ElectionsLes attentats bousculent le jeu politique français

A deux semaines des régionales, la cote de popularité de François Hollande a grimpé de huit points.

La campagne reprendra lundi en vue du scrutin des 6 et 13 décembre.
La campagne reprendra lundi en vue du scrutin des 6 et 13 décembre.
Archives, Keystone

A l'approche des élections régionales, la scène politique en France a été rebattue depuis les attentats de Paris. Pour cet ultime test avant la présidentielle de 2017, la gauche resserre les rangs derrière François Hollande, l'opposition de droite est embarrassée et le FN reste en embuscade.

La campagne officielle pour le scrutin des 6 et 13 décembre s'ouvre lundi dans un pays traumatisé, sous le régime de l'état d'urgence, où la réponse aux attaques qui ont fait 130 morts et quelque 350 blessés écrase désormais tout autre enjeu.

Selon deux sondages parus ce week-end, l'arsenal antiterroriste annoncé par le président socialiste depuis le 13 novembre est massivement approuvé par plus de neuf Français sur dix et la cote de popularité de François Hollande a rebondi de huit points à 33%.

Le FN toujours en tête

Avant les attentats, toutes les enquêtes prédisaient au pouvoir une déroute électorale aux régionales, avec une victoire de la droite et la possibilité d'un succès historique dans deux régions du Front national (FN).

Les deux premières réalisées après les attaques, parues vendredi, ont recréé une incertitude. L'une maintient, comme ses devancières, le FN en tête des intentions de vote (30%) au premier tour, devant la droite (28%) et le Parti socialiste (22%).

La seconde donne pour la première fois un tiercé différent et resserré. L'extrême-droite est toujours en pole position (27%), mais le PS se hisse au deuxième rang (26%) et devance le parti Les Républicains (LR) de Nicolas Sarkozy (25%).

L'exécutif socialiste avait bénéficié d'un net regain de popularité en janvier, après les attaques contre Charlie Hebdo, des policiers et un supermarché casher (17 morts). Le rebond n'avait toutefois été qu'éphémère: le PS avait subi une lourde défaite lors des élections départementales de mars.

«Panique» dans tout l'Hexagone

De la gauche radicale à l'extrême droite, une multitude d'élus de tous bords interrogés ce week-end dans le quotidien Le Monde rapportent «la peur», «l'effroi» qui, au-delà de Paris, touche leurs administrés partout dans le pays depuis le 13 novembre.

«Il y a une grande différence par rapport aux attentats de janvier: cette fois-ci, tout le monde se sent ciblé», témoigne le maire LR de Toulouse, Jean-Luc Moudenc.

«Les gens sont très inquiets (...) Ils se disent que ça va arriver chez eux», renchérit Thomas Thévenoud, député divers gauche de Bourgogne, pour qui «dans les petits villages, on n'est pas loin d'une forme de panique».

Union sacrée

Dans ce contexte, le pouvoir socialiste a réussi à obtenir cette semaine le soutien de toute la gauche à la prolongation jusqu'à fin février de l'état d'urgence décrété au lendemain des attentats, hors une poignée de députés écologistes ou frondeurs du PS.

Pour cela, François Hollande et son gouvernement ont habilement mis de côté, au nom du «surcoût» de nouvelles dépenses de sécurité, les engagements de réduction des déficits pris auprès de Bruxelles, contestés par la gauche anti-austérité.

Le PS, qui se présente comme le «parti de la concorde nationale», veut voir dans ce rare geste d'unité l'espoir d'un rassemblement à venir au second tour des régionales.

La droite divisée

L'opposition de droite, elle, a été court-circuitée par le virage sécuritaire de François Hollande, qui a validé nombre de ses propositions parfois anciennes en matière antiterroriste. Elle est de surcroît divisée sur l'unité nationale voulue par le chef de l'Etat.

Nicolas Sarkozy n'a pas ménagé cette semaine ses critiques contre l'exécutif et les «failles» révélées par les attentats. Alain Juppé, son principal rival à droite pour 2017, s'est montré au contraire solidaire de François Hollande.

L'extrême droite espère tirer aux régionales le profit de son discours anti-immigration, après la révélation que deux des kamikazes auteurs des tueries du 13 novembre ont gagné la France après s'être glissés parmi des migrants débarqués en Grèce. Trois jours après les attentats, Marine Le Pen a réclamé «l'arrêt immédiat de tout accueil de migrants» en France.

ats

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