Berlusconi: «Les Italiens vont avoir du bon sens!»

Législatives en ItalieLes partis italiens se préparent à lancer leur campagne pour les législatives de 2018. Silvio Berlusconi espère obtenir la majorité.

Silvio Berlusconi s'est exprimé devant son parti Forza Italia, samedi.

Silvio Berlusconi s'est exprimé devant son parti Forza Italia, samedi. Image: AFP

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Les députés adoptent une nouvelle loi électorale, Silvio Berlusconi parle à ses partisans et Matteo Renzi fait sa valise pour un tour de l'Italie: l'Italie s'échauffe pour la campagne électorale des législatives 2018.

Paradoxalement, on ne sait toujours pas quand ces élections auront lieu: a priori, elles pourraient se tenir au plus tôt en mars, au plus tard en mai, ce qui augure d'une très longue campagne. La date sera fixée une fois que le président de la République Sergio Mattarella aura dissous le parlement, après l'adoption de plusieurs lois encore en discussion, dont le budget 2018.

La première pierre de cet édifice électoral a été posée avec l'adoption par les députés jeudi soir d'une nouvelle loi électorale, censée apporter plus de stabilité au système politique transalpin.

Cinq étoiles défavorisé

Le texte, qui doit encore être avalisé par le Sénat, prévoit l'élection de plus d'un tiers des députés au scrutin uninominal (le candidat obtenant le plus de voix est élu) et d'environ deux tiers à la proportionnelle (les candidats sur les listes obtenant le plus de voix sont élus). Un système similaire est prévu pour les sénateurs. La loi est soutenue par le Parti démocrate (PD, centre gauche) au pouvoir, mais aussi par les deux principaux partis de l'opposition de droite, la Ligue du Nord de Matteo Salvini et Forza Italia (FI) de Silvio Berlusconi.

Ce système mixte présente un avantage pour ces partis traditionnels, au fort enracinement territorial et ayant des candidats connus de la population locale, au détriment du Mouvement 5 Etoiles (M5S, populiste), dont la majeure partie des élus sont des inconnus choisis via un vote sur internet. Il favorise surtout les coalitions et ne fait donc pas l'affaire du M5S, qui refuse toute alliance. Les derniers sondages créditent le M5S de 27% des intentions de vote, au coude-à-coude avec le PD, devant FI et la Ligue du Nord, à 14% chacun.

Dans les starting-blocks

L'adoption de cette loi a eu l'effet d'un signal de départ pour les partis, dans les starting-blocks depuis des mois. La réunion de FI prévue ce week-end à Ischia, en présence de Silvio Berlusconi, avait d'ailleurs un intitulé éloquent: «Prêts à gouverner». «Je pense que les Italiens vont avoir du bon sens!» a lancé samedi Berlusconi, en promettant à 81 ans de se retirer s'il n'obtient pas la majorité.

Un autre ex-chef du gouvernement, Matteo Renzi, patron du PD, se prépare lui aussi à une longue campagne électorale. A une célébration des dix ans de son parti samedi à Rome, il s'est dit prêt à un «corps à corps» avec le centre-droit, qui lui a laissé en héritage «la plus grande crise économique de l'après-guerre».

Il entend construire une coalition pour «défendre l'Italie du populisme des partisans de M5S et de l'extrémisme de Salvini et Berlusconi», a-t-il commenté aussi dans un entretien publié samedi dans La Repubblica.

Renzi fait le tour de l'Italie

L'actuel chef du gouvernement Paolo Gentiloni, membre du PD, a d'ailleurs souligné samedi son désir de faire approuver durant l'actuelle législature un texte accordant la nationalité italienne aux enfants nés sur le territoire de parents étrangers.

M. Renzi prendra le train à Rome mardi pour un «Tour de l'Italie» qui doit le mener dans toutes les régions de la péninsule à la rencontre des électeurs. Du 27 au 29 octobre, le PD organisera une conférence à Naples pour adopter son programme électoral.

Fragmentation

Mais rien n'est acquis, car la fragmentation politique du pays augure mal d'une coalition stable accédant au pouvoir. En effet, tout le monde est contre tout le monde: à gauche rien ne va plus, et les scissionnistes du PD semblent avoir comme principal adversaire Matteo Renzi.

A droite, Fratelli d'Italia (FDI), le troisième parti de l'alliance comprenant aussi FI et la Ligue du Nord, a déjà annoncé un recours devant la Cour constitutionnelle contre la loi électorale votée par les deux autres, sans parler du M5S qui est contre tous. Son tonitruant fondateur Beppe Grillo a jugé samedi sur son blog que «faire la nouvelle loi électorale contre le M5S est immoral». (ats/nxp)

Créé: 15.10.2017, 08h36

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