Biarritz sous cloche avant le G7, les antis se préparent à Hendaye

FranceCommerçants furieux, plage fermée, opposants affûtés, le G7 de Biarritz ne fait pas que des heureux…

Les forces de sécurité sur le toit du Casino Bellevue, jeudi à Biarritz.

Les forces de sécurité sur le toit du Casino Bellevue, jeudi à Biarritz. Image: AP Photo/Bob Edme

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Biarritz, petite ville de 25 000 habitants sur la côte des Pyrénées-Atlantiques, s’apprête à devenir ce week-end le centre du monde – du moins le centre du monde riche puisque le G7, héritier du G6 créé en 1975 par Valéry Giscard d’Estaing, rassemble le petit club des pays les plus industrialisés (France, États-Unis, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada). La richesse, Biarritz connaît et même bien, puisque cette ville chérie par l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, a été l’une des plus anciennes stations balnéaires de France et parmi les plus huppées.

Mais c’est une chose que d’accueillir de riches touristes, c’en est une autre que d’abriter de prestigieux chefs d’État. Depuis les émeutes de Gênes en 2001, le G7 a déserté les grandes villes pour des raisons de sécurité, et Biarritz en fera les frais. Car la ville, l’espace d’un week-end, sera placée sous cloche: la gare et l’aéroport seront fermés, la mythique grande plage, cœur touristique de la station, interdite d’accès, et un quart de la ville bouclé aux personnes non autorisées…

«On va perdre une semaine de pleine saison», s’indignent les commerçants. «Dix pour cent de notre chiffre d’affaires annuel se font cette semaine-là», ajoute un restaurateur qui a peine à croire aux indemnisations promises en cas de baisse du chiffre d’affaires. «Les dates ne sont pas idéales, mais nous avons essayé de minimiser les inconvénients», réplique le maire Michel Veunac, qui conclut: «C’est notre vocation de ville touristique d’accueillir de grands événements.»

À une trentaine de kilomètres de là, juste avant la frontière espagnole, le maire d’Hendaye, lui, n’a pas eu le choix. C’est là que l’État, sans lui demander son avis, a choisi de parquer les opposants au G7. Simon Playout, coordinateur d’Alternatives G7, une des plateformes d’opposition au sommet, relève qu’ils auraient préféré Bayonne, mais les autorités ont refusé – trop proche de Biarritz…

Depuis lundi, les opposants altermondialistes dressent donc leur camp dans un ancien centre de vacances créé par Nestlé. Ils pourraient être 5000 à venir à l’appel de plus de 80 partis, syndicats, associations ou ONG. Des ateliers de travail auront lieu jusqu’à vendredi, et samedi une grande manifestation est prévue sous forme d’une marche entre Irun, de l’autre côté de la frontière, et Hendaye, à laquelle 10 000 personnes sont attendues.

Alors que le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a évoqué le risque de perturbation par des black blocks, les organisateurs affichent leur non-violence: «Nous ne dégraderons rien, nous ne participerons pas à la surenchère et nous ne mènerons pas de stratégie de confrontation avec les forces policières», a déclaré en conférence de presse Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France. Dimanche, une «action de désobéissance civile» est prévue, avec l’occupation de places publiques notamment à Bayonne et Biarritz. Nul doute que ce sera sous haute surveillance. Lundi, un activiste qui aurait appelé à incendier un hôtel hébergeant des gendarmes a été placé en garde à vue.

Créé: 20.08.2019, 20h48

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Articles en relation

«Nous croyons à cette Europe qui va de Lisbonne à Vladivostok»

Rencontre franco-russe En invitant Poutine à Brégançon, Macron fait le pari à long terme de détourner la Russie de la Chine pour l’arrimer à l’Europe. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 19 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...