Le bon, la brute et le loyal veulent aller à l’Elysée

FranceA droite, la primaire de 2016 désignera le candidat unique à la présidentielle. La bataille fait rage entre les prétendants, parmi lesquels trois monstres de la polique: Juppé, Sarko et Fillon.

François Fillon, Nicolas Sarkozy et Alain Juppé se voient les trois en finale. Ils ont quinze mois pour prouver qu'ils sont cette alternance à la gauche qu'ils ne cessent de revendiquer!

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La primaire des Républicains a lieu dans quinze mois, en novembre 2016. Pourtant, tous les prétendants sont déjà en campagne. Mercredi, c’est Alain Juppé et François Fillon qui faisaient leur rentrée politique. Nicolas Sarkozy, lui, n’a pas quitté la scène de tout l’été, mettant en scène ses vacances dans Paris Match. Le duel final opposera sans doute ces trois protagonistes.

Mais les outsiders aussi donnent de la voix. Dans le Nord, Xavier Bertrand a bombé le torse en août face à la Grande-Bretagne, dans la crise des migrants à Calais. Nathalie Kosciusko-Morizet annonce depuis des semaines sa journée de réflexion à la fin du mois d’août comme si c’était un concert des Stones. Et Bruno Le Maire, l’homme qui monte, est de tous les combats: avec les agriculteurs, avec les enseignants contre la réforme du collège.

Le syndrome François Hollande

Car chacun croit à sa chance. C’est le syndrome François Hollande! En effet, deux ans avant la présidentielle de 2012, c’était Dominique Strauss-Kahn qui était donné gagnant pour succéder à Nicolas Sarkozy à l’Elysée . Dans la course à l’alternance, certains sondages de 2010 ne citaient même pas l’actuel président de la République comme une hypothèse. Au mieux, il était crédité de 3%. Pourquoi serait-il le seul à avoir une bonne étoile?

Alain Juppé, le bon...

Maire de Bordeaux, Alain Juppé a fêté ses 70 ans le 15 août. Son point faible… Sinon, l’ex-premier ministre fait la course en tête dans les sondages comme principale alternative de droite pour barrer la route à Marine Le Pen, qualifiée d’office pour le 2e?tour de la présidentielle. En juin dernier, Alain Juppé a même doublé Nicolas Sarkozy auprès des sympathisants des Républicains. Sa stratégie est millimétrée. Parler du fond sans user les électeurs.

D’où l’échelonnement de la parution de quatre livres qui posent le socle de son programme. Mes chemins pour l’école est paru mercredi. Au début de 2016, le thème sera «l’Etat fort» (questions régaliennes), à la mi-2016, ce sera l’économie. Et il réserve ses visions internationales pour l’automne 2016. Peu avant la primaire des Républicains. Alain Juppé a tout bon depuis qu’il s’est déclaré.

Nicolas Sarkozy, le brutal...

Président d’un parti tout neuf rebaptisé Les Républicains, Nicolas Sarkozy (60 ans), ex-président de la République battu en 2012, se présente comme un homme mu par le devoir et sans esprit de revanche. Désormais chef de l’opposition, Nicolas Sarkozy joue tantôt collectif – il a remis le parti au travail qui prépare le socle programmatique des Républicains – tantôt solo.

Ainsi la mise en scène de ses vacances avec Carla Bruni et surtout son interview dans l’ultra-droitier Valeurs actuelles rassure ses partisans et fait de l’œil aux déçus partis au FN. C’est du brutal qui remobilise aussi ses adversaires. L’ex-chef de l’Etat français y apparaît sûr de lui, ne nie pas certaines erreurs lors de son quinquennat mais inventorie surtout ses succès. Et il critique avec violence la politique de Hollande. Il pourrait perdre au centre ce qu’il gagne sur sa droite.

François Fillon, le loyal...

L’ex-premier ministre François Fillon (61 ans) est sans doute le Républicain le plus préparé à la présidentielle. Depuis la défaite de 2012 de Nicolas Sarkozy, François Fillon travaille et affiche son ambition élyséenne: c’est du loyal qui avance à découvert. Mercredi, il a présenté un «manifeste pour la France» qui liste les mesures qu’ il prendrait dans les cent premiers jours de son quinquennat pour réformer en profondeur la France. Il critique les habituels ajustements à la marge des politiques de gauche comme de droite, et veut un choc qui réveille le pays.

François Fillon se montre clair et transparent dans ses intentions politiques très inspirées par la droite anglo-saxonne. Mais il ne décolle pas dans les sondages. François Fillon peine à incarner, aux yeux des électeurs Républicains, le chef incontesté. Il reste le «collaborateur» de Sarkozy.

Créé: 27.08.2015, 09h05

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Trois francs-tireurs en embuscade

Depuis qu’il a obtenu 30% de voix à la présidentielle de l’UMP en 2014, Bruno Le Maire est l’homme qui monte. L’ex-ministre de l’agriculture (46 ans) ne cesse de marquer des points et a éclipsé les autres quadras des Républicains. Jugé trop intello, trop hautain, Bruno Le Maire a su modeler son image. Il est apparu comme le chef de file de l’opposition à la réforme du collège du gouvernement PS et n’a pas hésité à soutenir les éleveurs cet été. Plus à droite qu’Alain Juppé, il veut incarner une nouvelle droite française décomplexée: rigueur, tradition et panache. S’il ne dérape jamais sur l’immigration, Bruno Le Maire est partisan d’une assimilation sans concession à une France qu’il voit toujours universelle et grande.

Nathalie Kosciusko-Morizet (42 ans) veut créer la surprise en se posant en candidate d’une droite humaniste, ouverte, qui n’aurait pas à transiger avec l’électorat FN. Elle a pour elle une liberté de ton vis-à-vis des barons du parti, mais a du mal à toucher hors du cercle parisien.

Tout le contraire d’un Xavier Bertrand (50 ans), archétype du politicien de province qui veut forcer son destin en battant Marine Le Pen lors de régionales de décembre dans le Nord, mais qui ne jouit pas d’une grande considération dans l’appareil du parti.

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