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Investi président, Porochenko s'engage à maintenir l'unité du pays

Petro Porochenko est devenu le cinquième président de l'Ukraine indépendante. Dans son discours d'investiture, il a appelé les séparatistes de l'Est à déposer les armes et promis aux «mercenaires» un corridor pour quitter le pays.

Petro Porochenko a été investi samedi cinquième président de l'Ukraine indépendante. (7 juin)
Petro Porochenko a été investi samedi cinquième président de l'Ukraine indépendante. (7 juin)
Keystone
Didier Burkhalter était présent pour assister à la cérémonie à Kiev. (7 juin)
Didier Burkhalter était présent pour assister à la cérémonie à Kiev. (7 juin)
Keystone
Petro Porochenko a été investi samedi cinquième président de l'Ukraine indépendante. (7 juin)
Petro Porochenko a été investi samedi cinquième président de l'Ukraine indépendante. (7 juin)
Keystone
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Le nouveau président ukrainien, qui a prêté serment sur la Constitution et l'Evangile, s'est engagé à maintenir l'unité du pays alors que les régions de l'Est sont en proie à une meurtrière insurrection séparatiste prorusse.

Face aux responsables européens présents à Kiev, Petro Porochenko a plaidé pour la signature «au plus tard le 27 juin» du traité de libre-échange avec l'Union européenne, auquel avait brusquement renoncé son prédécesseur en novembre. Il n'a pas caché qu'il avait pour objectif à terme une intégration de l'Ukraine dans l'UE.

Crimée ukrainienne

«Beaucoup d'entre vous ont expérimenté les charmes du règne des terroristes. Nous ne vous abandonnerons en aucune circonstance», a-t-il dit en s'adressant aux habitants du Donbass, région russophone contrôlée en grande partie par les rebelles.

«Je viendrai très prochainement vous voir, avec un message de paix et la garantie de l'usage libre de la langue russe», a-t-il souligné. M. Porochenko a en revanche refusé tout compromis avec la Russie sur l'orientation européenne de son pays et sur la Crimée.

«La Crimée a été et restera ukrainienne», a-t-il lancé, suscitant des applaudissements dans le Parlement. «Je l'ai dit clairement au dirigeant russe en Normandie», a-t-il ajouté.

Point de non-retour

Son appel à la conciliation ne semble toutefois pas avoir été entendu. «Nous avons atteint le point de non-retour», a ainsi déclaré Andreï Soukhanov, commandant de la milice séparatiste Kaskad, aux commandes d'un barrage routier à Slaviansk.

Le «président» de la «République de Lougansk» Valéri Bolotov a estimé quant à lui que «des négociations ne peuvent commencer qu'après le retrait de notre territoire des troupes d'occupation». Il a précisé que «notre république n'a pas de relations diplomatiques avec l'Ukraine».

Le «Premier ministre» de la «République de Donetsk» Alexandre Borodaï a critiqué le discours d'investiture du président et l'a engagé à ne plus «penser que la Crimée, la République de Donetsk et la République de Lougansk lui appartiennent», dans une conférence de presse à Donetsk.

Au centre de Kiev, 200 personnes ont manifesté contre la cérémonie d'investiture, certains déposant des fleurs sur le trottoir en mémoire des huit personnes tuées lundi.

Réformes douloureuses

Samedi, les Etats-Unis ont accru de manière symbolique leur aide à l'Ukraine de 48 millions de dollars (42,8 millions de francs suisses). Ce soutien vise à «aider le gouvernement ukrainien à conduire des réformes cruciales, à renforcer sa capacité à faire respecter la loi et à renforcer l'unité nationale», a expliqué la Maison blanche.

Au total, Washington fournira cette année 184 millions de dollars au pays, qui met en place des réformes douloureuses pour la population (hausse des prix du gaz, gel des retraites) afin de satisfaire les exigences du FMI.

Frontière davantage surveillée

A Moscou, le président russe Vladimir Poutine, qui n'a pas officiellement reconnu la victoire de M. Porochenko mais juge son approche «juste dans l'ensemble», a donné l'ordre de renforcer les contrôles à la frontière avec l'Ukraine.

Cette mesure a été prise après que Kiev a reconnu jeudi que trois de ses postes-frontières ont été pris par des séparatistes prorusses, a expliqué le service de presse du Kremlin.

Salué par Didier Burkhalter

Présent à la cérémonie d'assermentation de Petro Porochenko, Didier Burkhalter a salué les efforts du nouveau président ukrainien pour tenter de résoudre la crise, selon un communiqué de l'OSCE. Prônant «patience» et «persévérance» , il a estimé samedi soir sur la RTS qu'un rapprochement entre Kiev, les séparatistes et Moscou est possible.

Le président de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a rencontré le nouveau chef d'Etat ukrainien en marge de la cérémonie d'investiture, lui a par ailleurs exprimé sa gratitude pour les efforts déployés afin de libérer les deux équipes d'observateurs de l'OSCE retenus en Ukraine.

L'investiture de Petro Porochenko a été saluée par l'OTAN et l'Union européenne.

(ats)

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