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De Checkpoint Charlie à East Side Gallery, ce mur qui a failli disparaître à jamais

Aux mains des spéculateurs immobiliers depuis trente ans, le symbole de la guerre froide est aussi celui de la privatisation de la mémoire.

Une femme se fait prendre en photo aux côtés de deux hommes habillés en VoPos à Checkpoint Charlie, devenu une attraction touristique.
Une femme se fait prendre en photo aux côtés de deux hommes habillés en VoPos à Checkpoint Charlie, devenu une attraction touristique.
GETTY IMAGES

«Voulez-vous un morceau du mur?» demande la caissière du musée. «Non merci! J’en ai déjà acheté un à New York», répond la touriste française. Cette scène n’est pas une comédie. Elle se déroule à Checkpoint Charlie, au Mauermuseum, un musée – privé – du mur.

Trente ans après l’ouverture de la frontière, tout est faux à l’ancienne frontière est-allemande. Les policiers des frontières (VoPos) ont été supplantés par les employés du McDonald’s et des magasins de «souvenirs» aux alentours. Seule consolation pour les témoins de l’époque: on distingue encore sur le sol le tracé du mur reconstitué par des pavés. «Sinon, je ne reconnais vraiment plus rien», avoue Nadia Oussaïd, qui a assisté ici à la chute du mur dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989. Le panneau «Vous quittez le secteur américain» et la baraque en bois du checkpoint sont des copies. Les étudiants qui posent en uniforme pour la photo ne savent même pas faire le salut militaire. «Ce n’est pas comme ça qu’on fait dans l’armée américaine!» lance, fou de rage, un touriste, ancien GI, en corrigeant un «garde à vous» beaucoup trop mou.

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