Le combat pour la libération de Julian Assange passe par Genève

WikiLeaksLa situation du fondateur de WikiLeaks va être évoquée devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui ouvre ses travaux cette semaine.

Julian Assange sur le balcon de l’ambassade d’Équateur à Londres, où il s’était réfugié, en 2017. En avril 2019, il en a été extirpé par la police, qui l’a conduit à la prison de Belmarsh.

Julian Assange sur le balcon de l’ambassade d’Équateur à Londres, où il s’était réfugié, en 2017. En avril 2019, il en a été extirpé par la police, qui l’a conduit à la prison de Belmarsh. Image: AFP

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La campagne en faveur de la libération de Julian Assange, dont l’état de santé s’est passablement dégradé en prison, pourrait connaître un tournant décisif dans les prochains jours ou les prochaines semaines. L’avenir du fondateur de WikiLeaks pourrait d’ailleurs se jouer en partie à Genève. Plusieurs ONG comptent en effet profiter de la session du Conseil des droits de l’homme, qui ouvre ses travaux ce lundi, pour mettre le sujet à l’ordre du jour et, surtout, empêcher une extradition de Julian Assange vers les États-Unis. La pression est énorme et les démarches engagées ont pris l’allure d’une course contre la montre, une audience consacrée à la procédure d’extradition du donneur d’alerte devant avoir lieu ce début de semaine en Grande-Bretagne.

«Les autorités américaines doivent abandonner toutes les accusations d’espionnage et autres chefs d’accusation», exhorte Amnesty International dans un communiqué publié samedi. L’ONG craint que les conditions de détention du fondateur de WikiLeaks soient encore pires aux États-Unis qu’en Grande-Bretagne, où il est détenu dans une prison de haute sécurité.

«Le recours à l’Espionage Act marque un dangereux précédent pour tous les journalistes ayant publié des informations classifiées d’intérêt général»

Le cas Julian Assange est revenu sur le devant de la scène quand son père est sorti de son silence, fin 2019, pour alerter sur la dégradation de l’état de santé de son fils après la publication d’un rapport du rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, le Suisse Nils Melzer. Un rapport que le Conseil des droits de l’homme ne pourra ignorer, puisque son auteur est appelé à intervenir au cours de cette session.

En novembre dernier, Nils Melzer avait affirmé que Julian Assange manifestait «tous les symptômes typiques d'une exposition prolongée à la torture psychologique». Constatant que son maintien en détention était «exclusivement justifié» par la demande d’extradition des États-Unis, le rapporteur de l’ONU avait dénoncé son «caractère arbitraire». Londres pourrait être pris en défaut sur la question de la torture mais aussi sur celle de la liberté d’expression.

«Le gouvernement américain poursuit sans répit Julian Assange parce qu’il a publié des documents jusque-là secrets qui pointaient de possibles crimes de guerre commis par l’armée américaine; ce n’est rien de moins qu’une vaste offensive contre le droit à la liberté d’expression», a mis en garde Massimo Moratti, directeur adjoint pour l’Europe d’Amnesty International. L’ONG estime que toutes les charges étayant la demande d’extradition des États-Unis doivent être abandonnées afin de permettre la libération rapide de Julian Assange.

Après avoir peiné à démarrer, la mobilisation en faveur de Julian Assange est en train de prendre de l’ampleur. Reporters sans frontières vient de lancer une pétition pour s’opposer à l’extradition de l’Australien vers le sol américain. «Le recours à l’Espionage Act par l’administration Trump pourrait entraîner la condamnation de Julian Assange à 175 ans de prison.

Cette procédure marque un dangereux précédent pour tous les journalistes ayant publié des informations classifiées d’intérêt général», explique le communiqué accompagnant la pétition mise en ligne. Dans une lettre publiée dans la revue médicale britannique «The Lancet», un groupe de médecins de 18 pays accuse également le gouvernement britannique de porter atteinte au droit fondamental de Julian Assange d’accéder à des soins.

Pour que la mobilisation en faveur du fondateur de WikiLeaks porte ses fruits, il faut qu’un pays lui tende la main. En France, Me Éric Dupond-Moretti est à la manœuvre pour qu’Emmanuel Macron accorde le statut de réfugié politique à Julian Assange. L’avocat fait valoir que son client a de la famille dans le pays, puisque son fils s’y trouve scolarisé.

Quitter la Grande-Bretagne pour la France, c’est le souhait exprimé par l’activiste depuis sa cellule. Mais il existe aussi une autre option. À l’initiative du député Vert au Grand Conseil genevois Jean Rossiaud, le Canton de Genève pourrait adopter une résolution demandant à la Confédération de délivrer un visa humanitaire à Julian Assange.

Créé: 23.02.2020, 22h24

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