Les conservateurs britanniques connaissent leur ticket final

Royaume-UniBoris Johnson ou Jeremy Hunt succéderont à Theresa May fin juillet. Ils seront départagés par les adhérents du parti.

Boris Johnson, le chouchou des électeurs conservateurs, est le grand favori.

Boris Johnson, le chouchou des électeurs conservateurs, est le grand favori. Image: EPA

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Les noms des deux finalistes à la succession de Theresa May à la tête du Parti conservateur et du gouvernement britannique sont connus: l’ancien ministre Boris Johnson affrontera son successeur aux Affaires étrangères, Jeremy Hunt. Favoris avant le premier vote, ils ont recueilli respectivement 160 et 77 voix lors du cinquième tour de ce scrutin, organisé jeudi en fin d’après-midi. Avec 75 voix, le ministre de l’Environnement et de l’Alimentation, Michael Gove, a bien failli devancer Jeremy Hunt. Les députés de la Chambre des Communes ont visiblement voulu éviter que le tête-à-tête n’oppose les deux porte-parole conservateurs du Brexit pendant la campagne du référendum.


Edito: Boris Johnson, la dernière cartouche


«Je suis l’outsider, mais en politique les surprises se produisent, comme aujourd’hui», a fait savoir Jeremy Hunt sur le réseau social Twitter. De son côté, Boris Johnson a indiqué être «profondément honoré d’avoir obtenu plus de 50% des voix lors du dernier tour. J’attends avec impatience de parcourir le Royaume-Uni pour parler de mon plan et concrétiser le Brexit, unir notre pays et créer un brillant avenir pour nous tous!»

Une première historique

En effet, le sprint de la semaine écoulée, faite d’intrigues et de négociations dans les allées du parlement de Westminster, a permis aux députés conservateurs d’éliminer huit candidats. La course change maintenant radicalement de configuration et se transforme en marathon. Les deux survivants voyageront pendant un mois aux quatre coins du Royaume-Uni afin de rencontrer les quelque 124 000 adhérents du Parti conservateur, chargés de les départager. Ce processus a été mis en place en 1998 mais il n’avait jusqu’alors été utilisé que pour élire le leader de l’opposition; c’est donc la première fois de l’histoire qu’un premier ministre britannique sera choisi directement par les adhérents d’un parti. Le résultat de leur vote sera dévoilé le lundi 22 ou le mardi 23 juillet.

Boris Johnson et Jeremy Hunt entameront leur joute dès ce samedi à l’occasion du premier débat organisé à Birmingham. Ils se retrouveront 15 autres fois jusqu’au 17 juillet. Ces rencontres s’avèrent déterminantes. Les électeurs ne pourront voter qu’à partir du 6 juillet et, s’ils soutiennent aujourd’hui à une très forte majorité Boris Johnson, la roue peut théoriquement tourner. Ce fut notamment le cas en 2005 lorsque David Cameron renversa David Davis, initialement considéré comme le grand favori pour diriger les Tories.

L’obsession du Brexit

Pour emménager au 10 Downing Street, les deux candidats devront convaincre leurs audiences. Or une enquête d’opinion publiée mardi par l’institut YouGov dresse un portrait pour le moins inquiétant des adhérents du parti tory. Et surtout de leur obsession vis-à-vis du Brexit. Ainsi, 63% d’entre eux veulent voir le Brexit se concrétiser même s’il aboutit à l’indépendance de l’Écosse, 59% même s’il entraîne le rattachement de l’Irlande du Nord à la République d’Irlande, 61% même s’il endommage l’économie et 54% même s’il détruit le Parti conservateur.

Une seule hypothèse les ferait hésiter: que le Brexit pousse le leader travailliste, Jeremy Corbyn, au pouvoir. La peur du socialisme et la détestation de l’Union européenne priment donc à leurs yeux sur l’intérêt général du Royaume-Uni et même de leur parti. Les deux candidats se laisseront-ils entraîner dans une surenchère eurosceptique radicale ou resteront-ils mesurés, comme les appelle à le faire l’actuel responsable de l’Économie, Philip Hammond? Lors d’un discours prononcé jeudi en fin de journée, le chancelier de l’échiquier a promis de se battre pour une vision «pragmatique» du Brexit. Il a ensuite assuré «ne pas pouvoir imaginer un gouvernement conservateur cherchant volontairement une sortie de l’UE sans accord avec les Vingt-Sept, mettant en danger l’union du pays et notre prospérité économique». Cet appel à la raison n’aura que peu d’écho auprès des adhérents de son parti. Peut-être en aura-t-il plus auprès des deux candidats.

Créé: 20.06.2019, 21h54

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