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La course à la succession d’Angela Merkel est lancée

Après plusieurs déroutes électorales, la chancelière va abandonner la tête de son parti. Mais veut rester au pouvoir jusqu’en 2021.

Angela Merkel, l’air grave, lundi lors de sa conférence de presse à Berlin, au cours de laquelle elle a annoncé vouloir abandonner la direction de son parti, mais assuré vouloir rester à la chancellerie jusqu’à la fin de son mandat, en 2021.
Angela Merkel, l’air grave, lundi lors de sa conférence de presse à Berlin, au cours de laquelle elle a annoncé vouloir abandonner la direction de son parti, mais assuré vouloir rester à la chancellerie jusqu’à la fin de son mandat, en 2021.
Keystone

Angela Merkel disparaîtra définitivement des écrans en 2021. Elle ne sera même plus députée. La chancelière a annoncé ce lundi qu’elle ne se représentera pas à la présidence du parti conservateur (CDU) au congrès de décembre à Hambourg et qu’elle se retirera définitivement de la politique à la fin de son quatrième mandat.

Elle ne posera aucune candidature à un poste politique en Allemagne ou en Europe, a-t-elle assuré. «Il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre», a-t-elle résumé lors d’une conférence de presse historique à Berlin où la chancelière paraissait étonnamment très détendue.

Sa décision est le résultat d’une longue réflexion personnelle. Elle a été prise il y a déjà longtemps, avant la pause estivale. «Mais elle n’avait parlé à personne de ce retrait de la vie politique, pas même à la secrétaire générale du parti», a confirmé Armin Laschet, le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et vice-président de la CDU.

Condamnée à réagir

Suite aux désastres électoraux historiques en Bavière le 14 octobre puis en Hesse ce week-end, Angela Merkel était condamnée à réagir. Après avoir perdu plus de 10 points dans ces deux élections régionales, la grogne au sein du parti n’était plus tenable.

Les querelles interminables sur la politique de l’asile avec son ministre de l’Intérieur, le conservateur bavarois Horst Seehofer (CSU), avaient rendu sa «Grosse Koalition» très impopulaire. «Le spectacle offert par le gouvernement est inacceptable», a-t-elle reconnu lundi.

Le début de la fin de l’ère Merkel a donc commencé et la bataille pour sa succession également. La chancelière avait désigné au début de l’année la secrétaire générale du parti, Annegret Kramp-Karrenbauer (AKK), comme sa dauphine. Mais celle qu’on surnomme la «mini Merkel» ne sera pas la seule candidate à la succession. Le ministre de la Santé, Jens Spahn, et l’ancien président du groupe parlementaire de la CDU, Friedrich Merz, ont fait savoir dès lundi qu’ils étaient prêts eux aussi à remplacer Merkel. Ils représentent les opposants à la politique d’accueil des migrants au sein du parti.

Congrès houleux en vue

Le congrès de décembre promet d’être houleux entre les partisans de la ligne centriste, incarnée par la dauphine de Merkel, et les adeptes d’une politique plus dure en matière de droit d’asile. «L’important est de trouver des idées et surtout un contenu pour redonner à la CDU le caractère de grand parti populaire», a prévenu Armin Laschet, qui n’a pas exclu de se présenter lui-même comme candidat à la succession de Merkel.

Et le gouvernement? Survivra-t-il à cette annonce? Angela Merkel avait toujours assuré que le poste de chancelière était indissociable de celui de présidente de la CDU. Mais au regard des sondages désastreux, les conservateurs et les sociaux-démocrates n’ont aucun intérêt à rompre actuellement leur «grande coalition». «Cette solution serait suicidaire», confirme Dorothée de Nève, politologue à l’université Justus-Liebig de Giessen.

Louanges du SPD

Les sociaux-démocrates, qui ont salué la décision de Merkel, ont d’ailleurs réaffirmé leur volonté de rester au gouvernement. La présidente du SPD, Andrea Nahles, a souligné que la chancelière avait réussi une «prestation exceptionnelle» comme femme et comme chancelière. «Elle a supporté beaucoup de critiques. Elle a réformé son parti dans le style mais aussi dans le contenu. La CDU lui doit beaucoup», a-t-elle insisté.

Période d’incertitudes

Le départ annoncé de Merkel de la scène politique allemande et européenne ouvre une période d’incertitudes. La chancelière reste très populaire en tant que personne. Elle incarnait une certaine stabilité. «La décision est un choc pour l’Europe. Sa décision de ne plus se représenter est un avertissement. L’Allemagne risque de ne plus être un élément stabilisateur. Au contraire: la République fédérale constitue désormais un risque», prévient Marcel Fratzscher, le président de l’Institut de recherches économiques de Berlin (DIW).

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