En Crimée, les opposants ne sont pas à la fête

Crise en Ukraine Un an après l’annexion de la péninsule ukrainienne par la Russie, la traque aux voix dissidentes se poursuit.

Des prorussses célèbrent le rattachement de la Crimée à la Russie à Simferopol avec force drapeaux de la «mère patrie».

Des prorussses célèbrent le rattachement de la Crimée à la Russie à Simferopol avec force drapeaux de la «mère patrie». Image: AP

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Parades, concerts, feux d’artifice: la Crimée n’en finit plus de célébrer le 1er anniversaire de son «retour» dans le giron russe. Mercredi, c’était au tour des Moscovites de fêter l’événement, en grande pompe et en compagnie de Vladimir Poutine. Reste que dans la presqu’île, tout le monde n’applaudit pas, les opposants à cette annexion n’ont pas le cœur à la fête. Selon Amnesty International (AI), les autorités locales fidèles à Moscou mènent une «campagne ininterrompue d’intimidations pour faire taire les voix dissidentes».

Dans un rapport publié mercredi, un an jour pour jour après la signature par Vladimir Poutine du décret d’intégration de la Crimée à la Russie, l’organisation de défense des droits humains dénonce l’attitude des autorités qui s’acharnent sur les médias pro-ukrainiens, la minorité tatare (12% de la population), les organisations militantes et toute personne osant critiquer le régime.

Méthodes brutales
Depuis un an, «un large éventail de méthodes brutales est mis en œuvre pour écraser la dissidence», a expliqué John Dalhuisen, le directeur du programme Europe et Asie centrale d’AI. «Une série d’enlèvements perpétrés de mars à septembre a incité de nombreux détracteurs à quitter la région. Ceux qui restent sont en butte au harcèlement, les autorités étant déterminées à faire taire leurs opposants», a-t-il ajouté.

Le pouvoir en place installe un climat de peur en Crimée, en recourant à des actes d’intimidation et en utilisant des lois restrictives pour museler les médias et les ONG, rapporte AI, qui précise que plusieurs journalistes et blogueurs ont fui, craignant les persécutions.

«Retour à un régime totalitaire»
Au lendemain de l’annexion, tous les médias ont été tenus de se faire réenregistrer. L’agence de presse tatare QHA n’a pas pu le faire, sa demande «inacceptable» ayant été rejetée, sans aucune explication. «Nous sommes revenus à un régime totalitaire», affirmait hier à Bruxelles Moustafa Djemilev, le leader historique des Tatars de Crimée, dénonçant «l’absence totale de libertés démocratiques».

«Les réunions publiques sont interdites, tous les médias sont censurés, les gens ont été forcés à adopter la citoyenneté russe. Ceux qui ont refusé sont considérés comme des «étrangers»: ils doivent renouveler leur permis de résidence tous les 90 jours et s’exposent à tout moment à une expulsion», a ajouté ce leader très respecté dans sa communauté, à qui les autorités russes interdisent depuis avril 2014 de retourner dans la péninsule.

«Un an après l’annexion de la Crimée, l’attitude de ces autorités de fait et de leurs mentors russes se résume en peu de mots: soit vous aimez, soit vous partez, soit vous la fermez», conclut pour sa part John Dalhuisen.

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Créé: 18.03.2015, 22h14

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