David Cameron pose ses exigences à l'UE

«Brexit»Londres a promis d'organiser, d'ici fin 2017, un référendum sur le retrait du Royaume-Uni de l'UE.

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Le Premier ministre britannique David Cameron a présenté mardi ses propositions de réformes de l'Union européenne en vue d'éviter un «Brexit», le retrait du Royaume-Uni de l'UE. Londres a promis d'organiser un référendum sur cette question d'ici la fin 2017.

La Commission européenne a immédiatement réagi en jugeant certaines demandes «hautement problématiques». La chancelière allemande Angela Merkel a reconnu qu'il y avait des demandes «difficiles et d'autres moins difficiles». «Mais si nous sommes dans l'état d'esprit de trouver une solution, alors je suis raisonnablement confiante (dans le fait) que ça peut réussir», a-t-elle ajouté.

«Je suis tout à fait persuadé que nous obtiendrons un accord avec l'Union européenne qui convienne au Royaume-Uni», a, lui, déclaré le Premier ministre britannique dans un discours devant la presse. Sinon, il faudra «reconsidérer notre appartenance» à l'UE, a-t-il averti, réaffirmant qu'il n'excluait «rien» et que son pays pouvait tout à fait vivre hors de l'UE même si cela ne signifiait pas «dans un pays de Cocagne».

Quatre demandes

David Cameron a détaillé quatre demandes dont le contenu avait déjà été distillé depuis sa décision, il y a près de trois ans, de tenir un référendum avant fin 2017.

Le Premier ministre britannique réclame que l'UE reconnaisse qu'elle est un club à plusieurs monnaies et ne désavantage pas les Etats non membres de la zone euro dans ses décisions. Il demande que l'accent soit mis sur la compétitivité du marché unique avec notamment une simplification des réglementations.

Il veut par ailleurs que son pays soit exempté de l'obligation d'aller vers «une union sans cesse plus étroite», et appelle au renforcement du pouvoir des parlements nationaux.

David Cameron a aussi réclamé davantage de contrôle des flux migratoires à l'intérieur de l'UE et estimé que le principe de libre circulation ne devait pas s'appliquer aux nouveaux Etats membres tant qu'il existe de grandes différences économiques.

Désaccord fondamental

Le chef du gouvernement britannique a envoyé ses revendications dans une lettre au président du Conseil européen Donald Tusk. Celui-ci a annoncé le lancement de «consultations bilatérales avec les Etats membres la semaine prochaine».

La menace d'un «Brexit» est le dernier épisode de la relation compliquée entre le Royaume-Uni et le projet européen, parfaitement résumé par le célèbre «I want my money back» («Rendez-moi mon argent») de Margaret Thatcher. La «Dame de fer» voulait ainsi réduire la contribution britannique au pot commun européen.

Au cœur du malaise, un désaccord fondamental sur la finalité de la construction européenne que les Britanniques veulent uniquement économique.

Pomme de discorde

L'UE, qui divisait les travaillistes dans les années ayant immédiatement suivi l'adhésion du pays au marché commun en 1973, est devenue sous Margaret Thatcher une véritable pomme de discorde chez les conservateurs.

Ces dissensions ont contribué à la chute de la Dame de fer en 1990 et au revers électoral de son successeur John Major en 1997. Et c'est pour tenter de mettre fin à ces divisions que David Cameron a concédé la tenue d'un référendum.

Mais le chef de file des eurosceptiques conservateurs, lord Nigel Lawson, a jugé que les demandes de David Cameron étaient «décevantes à force de manquer d'ambition». Pro-UE, David Cameron compte faire campagne pour rester dans l'Union s'il obtient les réformes demandées.

Rôle de premier plan

De l'avis d'Oliver Daddo, expert en politique européenne à l'université de Nottingham, M. Cameron «veut que la Grande-Bretagne joue un rôle de premier plan dans les affaires mondiales. Or l'appartenance à l'UE conforte son poids politique, économique et stratégique».

Pour la Royal Bank of Scotland, «la plupart des demandes sont relativement modestes (...) et visent plus à présenter M. Cameron en triomphateur si les négociations aboutissent qu'à vraiment modifier le statut de la Grande-Bretagne». Son analyste invite les marchés à rester «prudemment optimistes», en soulignant que le seul risque reste ... «l'opinion publique britannique».

(ats/nxp)

Créé: 10.11.2015, 21h04

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