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Donald Trump veut un divorce net

Les partisans d'une rupture complète avec l'Union européenne peuvent compter sur le soutien du président américain.

Alors que le divorce entre Londres et l'Union européenne peine encore à se conclure, les partisans britanniques d'une rupture complète peuvent compter sur le ferme soutien d'une capitale étrangère: Washington.

La Première ministre britannique Theresa May voit son autorité contestée au Royaume-Uni et a été fraîchement accueillie cette semaine par ses partenaires européens à Bruxelles, d'où elle est repartie sans nouvelles munitions pour tenter de convaincre son Parlement. Et ce n'est pas Donald Trump qui lui viendra en aide.

L'accord de sortie qu'elle a négocié en cherchant à éviter le retour d'une frontière en Irlande pourrait pousser le Royaume-Uni à rester arrimé à l'UE à travers un «territoire douanier unique», craignent les critiques à droite. C'est «un bon accord pour l'UE», a ironisé le président américain.

S'il reste en l'état, le président américain a en outre laissé entendre que cet accord pourrait empêcher la signature d'un nouveau traité commercial entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni, dont la perspective a été brandie par les défenseurs du Brexit. «Ca serait un très mauvais point pour un accord» éventuel de libre-échange entre Londres et Washington, a souligné Donald Trump.

Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, a lui récemment promis, lors d'un entretien sur Fox News, de défendre la fameuse «relation spéciale» entre Royaume-Uni et Etats-Unis si Londres prenait la voie d'un Brexit «dur».

«Plus alignée sur les Etats-Unis»

Le soutien de Donald Trump à un divorce britannique marque un virage radical par rapport à son prédécesseur, Barack Obama, qui avait menacé de reléguer le Royaume-Uni «en queue de peloton» de ses relations commerciales en cas de sortie de l'Union européenne.

Pour le président démocrate, comme pour une grande partie des experts en politique internationale à l'époque, les deux côtés de l'Atlantique avaient tout intérêt à voir le Royaume-Uni rester membre de l'Union européenne.

Mais Donald Trump voit dans le référendum britannique de 2016 sur le Brexit l'annonce de sa propre victoire, quelques mois plus tard. Dans les deux cas, peu nombreux étaient les experts qui avaient prédit de tels résultats.

Pour Nile Gardiner, ancien assistant de la Margaret Thatcher désormais à la tête du centre de réflexion conservateur Heritage Foundation, il est logique que Donald Trump soutienne le Brexit, lui qui défend une philosophie de l'«Amérique d'abord» et se méfie des institutions multinationales.

«Le Royaume-Uni a été très centré sur l'UE au cours des dernières décennies», souligne-t-il. Après un Brexit, «je m'attendrais à une politique étrangère britannique beaucoup plus alignée sur les Etats-Unis». Un successeur de Theresa May qui soutiendrait un divorce à la dure pourrait ainsi notamment rompre avec l'Union européenne face à l'Iran.

«Armée européenne»,

Donald Trump n'a pour l'instant trouvé que peu de soutien chez les dirigeants occidentaux, après être sorti de l'accord sur le nucléaire iranien longuement négocié par Barack Obama, et avoir réimposé des sanctions contre Téhéran.

Un Royaume-Uni post-Brexit se tiendrait en outre sans doute bien à distance de la création d'une «armée européenne», récemment défendue par le président français Emmanuel Macron avec le soutien de la chancelière allemande Angela Merkel, selon Nile Gardiner.

Même au sein de l'Union européenne, Londres était pourtant restée l'un des principaux alliés de Washington, comme lors de son engagement hautement controversé dans la guerre en Irak. Pour Kelly Magsamen, vice-présidente du think tank de centre gauche Center for American Progress, Donald Trump a un effet «très perturbateur» sur le Brexit, alors que la politique américaine envers un allié aussi proche devrait être «de ne pas nuire».

«A ce stade, notre objectif devrait être de circonscrire tout préjudice économique qui pourrait découler du Brexit, pour nous ou nos alliés», estime-t-elle. D'autre part, «le Royaume-Uni va être tellement occupé à gérer l'impact domestique du Brexit que nous pourrions perdre, pour un temps, un partenaire sur la scène internationale», ajoute-t-elle.

Dans une enquête récente conduite par l'université Emerson, les Américains n'avaient pas de vue tranchée sur le partenaire qui serait le plus crucial après le Brexit, le Royaume-Uni ou l'Union européenne. Mais plus de 90% accordaient de l'importance au maintien de bonnes relations avec Londres, et une forte majorité soutenait un accord de libre-échange.

(AFP)

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