Emmanuel Macron bientôt en piste pour les Européennes

FranceUn sondage donne le parti présidentiel en tête des intentions de vote. Mais la tête de liste n’est pas encore désignée, Emmanuel Macron, légèrement requinqué, devrait passer à l’offensive.

Emmanuel Macron est resté 14heures au salon de l'Agriculture à  Paris et multiplié les moments de proximité. Depuis qu'il est reparti au contact des Français, sa popularité repart à la hausse.

Emmanuel Macron est resté 14heures au salon de l'Agriculture à Paris et multiplié les moments de proximité. Depuis qu'il est reparti au contact des Français, sa popularité repart à la hausse. Image: Keystone

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En visite au salon de l’agriculture, samedi, Emmanuel Macron s’est vu proposer des saucissons et des fromages pendant… quatorze heures d’affilée. Le président, si affaibli en décembre dernier au plus fort de la crise des gilets jaunes, a visiblement retrouvé l’appétit. Les derniers sondages n’y sont pas pour rien. Plusieurs enquêtes marquent le retournement de l’opinion sur le conflit social.

Une majorité franche (55%) souhaite désormais que la mobilisation s’arrête, selon l’institut Odoxa. Mais ce n’est pas tout: les élections européennes du 26 mai prochain, encore perçues comme celles de tous les dangers il y a quelques mois à peine, pourraient être franchies sans encombre.

Opposition fragmentée

Plusieurs études indiquent que La République en marche (LREM) pourrait virer en tête devant le Rassemblement national. Harris interactive crédite LREM de 22% contre 19 à 20% pour l’extrême droite de Marine Le Pen qui s’était imposé au dernier scrutin européen de 2014 comme «le premier parti de France». Les autres adversaires sont loin derrière: la droite n’est créditée que de 12%, les Insoumis et les Verts, de 8%. Quant aux partis de gauche, toujours éparpillés façon puzzle faute de s’entendre, ils ne font que de la figuration.

Évidemment, la «remontada» est encore toute relative. S’il reprend des couleurs, Emmanuel Macron ne retrouve que son niveau d’avant la crise. Seuls 32% des Français estiment toujours qu’il est un bon président, selon Odoxa, qui note par ailleurs que ses adversaires ne profitent toujours pas de sa faiblesse.

Mais cette embellie conforte sa stratégie. En se plongeant dans la mêlée du grand débat, multipliant les interventions (et même les marathons!) devant des publics choisis (des maires, des jeunes, des agriculteurs, etc) le président a repris la main. Et en mettant l’accent sur l’ordre, il séduit de plus en plus dans l’électorat de droite. Encore lui faudra-t-il atterrir. Cette grande consultation nationale inédite doit s’achever le 15 mars.

Faire atterrir le grand débat

L’opération a d’ores et déjà rencontré un grand succès. Un million de contributions ont été enregistrées, se félicite le gouvernement. Mais quelles conclusions en tirer? Les pistes évoquées comme autant de ballons d’essai vont dans tous les sens. Soumettre tous les Français à l’impôt sur le revenu? Augmenter les droits de succession? Avec ou sans référendum, le président devra trancher.

Alors que les Français l’attendent au tournant, c’est aussi une grande intervention sur l’Europe que prépare le président vraisemblablement pour le début mars. Une tribune, une interview? Emmanuel Macron devrait lui-même se lancer dans la campagne un an et demi après son grand discours de la Sorbonne. Si l’objectif de faire de ce scrutin un duel entre les progressistes et les nationalistes n’est pas renié, le mantra de l’Europe qui protège a refait son apparition.

Populisme contre progressisme

«Quand le président, à juste titre, avait parlé de la montée des nationalismes et des démagogues, il avait raison, c’était un état de fait. Aujourd’hui, vous avez des gouvernements au pouvoir dans un certain nombre d’Etats membres qui empêchent la refondation de l’Europe. Il n’a pas surexploité les fractures, elles étaient déjà là avant même qu’il arrive. Nommer les choses, c’est utile. Mais on ne fait pas campagne uniquement sur ce clivage-là», explique le député LREM du Benelux Pieyre Alexandre Anglade, membre du comité de pilotage de la campagne européenne. «Avec des sujets comme la mondialisation et le réchauffement climatique, le mouvement des gilets jaunes a aussi exprimé une volonté de reprise de contrôle».

Si le président se lance lui-même dans la campagne, c’est qu’il sait qu’il reste son meilleur ambassadeur. Pour l’heure, alors que la plupart des adversaires ont désigné leur tête de liste, aucun nom n’émerge encore dans les rangs de la LREM. «Le pays n’a pas encore la tête à ces élections», poursuit Pieyre-Alexandre Anglade. «La campagne sera courte et on se garde la souplesse la plus totale pour réagir à l’actualité». Au contraire du RN, de LR et des Insoumis qui ont fait le choix du renouvellement, le parti présidentiel devrait choisir l’expérience.

Choisir la tête de liste

Plusieurs noms circulent, dont celui de l’actuelle ministre chargée des Affaires européennes Nathalie Loiseau et celui de sa collègue des Affaires sociales Agnès Buzyn. La liste sera soutenue par un arc qui va de Daniel Cohn-Bendit à Alain Juppé. Mais ce dernier, qui se prépare à quitter Bordeaux pour siéger au Conseil constitutionnel, n’interviendra pas directement dans la campagne, son nouveau profil de «sage» l’obligeant à la réserve.

Créé: 25.02.2019, 22h37

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