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Emmanuel Macron est condamné à remanier

Gérard Collomb impose sa démission au président. Le ministre de l’Intérieur voulait à tout prix partir. Le président, qui voulait le retenir, n’a plus d’autre choix que de lui trouver un remplaçant. Rien ne va plus en macronie.

L’Elysée juge «regrettable» que Gérard Collomb se soit mis dans une situation l’obligeant à démissionner. Rien ne va plus dans le camp d'Emmanuel Macron.
L’Elysée juge «regrettable» que Gérard Collomb se soit mis dans une situation l’obligeant à démissionner. Rien ne va plus dans le camp d'Emmanuel Macron.

On croyait avoir tout vu depuis cet été: l’affaire Benalla, la démission de Nicolas Hulot du ministère de l’Ecologie. Et voilà que le ministre de l’Intérieur – le premier des marcheurs !- impose sa démission au chef de l’Etat. Surréaliste ! Rien ne va décidément plus en macronie…

Lundi soir, l’Elysée avait refusé la démission du «premier flic de France». Emmanuel Macron ne voulait pas être contraint à un remaniement un mois à peine après le précédent. Il n’a pas eu le choix. Même fort de la confiance renouvelée du chef de l’Etat, Gérard Collomb maintient qu’il ne veut plus de son poste. «Compte tenu des rumeurs et des pressions qu’il peut y avoir, je ne veux pas que le fait que je sois candidat quelque part puisse troubler la marche du ministère de l’Intérieur», a livré au Figaro celui qui briguera la mairie de Lyon aux municipales de 2020.

L’Elysée juge «regrettable» que Gérard Collomb se soit mis dans une situation l’obligeant à démissionner. «Le président recevra rapidement les propositions du Premier ministre», dit-on. Mardi après-midi, à l’Assemblée, le chef du gouvernement avait dû essuyer les foudres de l’opposition. Sous les cris («Libérez le!» scandait-on dans les travées), Edouard Philippe avait pris acte d’une situation devenue intenable : «Je proposerai au président les décisions qui s’imposent», avait fini par lancer Edouard Philippe.

Loin des larmes...

Gérard Collomb sort de la pire des façons pour Emmanuel Macron. Il rompt avec un président qu’il avait tout fait pour faire élire et en qui il avait été le premier à croire. L’image de ses larmes lors de l’investiture en mai 2017 contrastera pour toujours avec le pataquès de son départ.

Celui-ci était pourtant écrit. Mi-septembre, dans une interview, Gérard Collomb avait fait part de sa volonté de quitter le gouvernement après les élections européennes de mai prochain. La confession avait été peu appréciée à l’Elysée où il appartient en principe au seul président de nommer et de révoquer les ministres. Plus tôt, le ministre de l’Intérieur avait déjà regretté début septembre que «l’exécutif ait peut-être manqué d’humilité».

Et Gérard Collomb en avait remis une couche: «Nous ne sommes pas nombreux à pouvoir encore parler franchement à Emmanuel Macron. Il va finir par ne plus me supporter. Mais si tout le monde se prosterne devant lui, il finira par s’isoler.» Son maintien était tout simplement inimaginable dans un pays toujours sous la menace terroriste.

Autorité contestée

La démission inéluctable de Gérard Collomb est un double coup de poignard au chef de l’Etat. Non seulement l’autorité de ce dernier est mise à mal mais sa gouvernance est vivement critiquée. Tout cela au moment même où Emmanuel Macron cherchait à reprendre la main en retournant au contact des Français comme il l’avait fait le week-end dernier lors d’un voyage aux Antilles…

Reste à trouver un remplaçant à ce poids lourd du gouvernement. Plusieurs noms circulent. Celui de l’actuel ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, issu de la droite. Mais aussi celui de Frédéric Péchenard, ancien directeur de la police et proche de Nicolas Sarkozy. François Rebsamen, ancien ministre socialiste du Travail sous François Hollande, fait figure d’outsider.

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