Emmanuel Macron tient jeudi son grand oral

«gilets jaunes »A 18 heures, le président français donne sa première conférence de presse depuis l’Elysée. Il est attendu sur de multiples dossiers, dont ceux posés par la crise de «gilets jaunes».

Emmanuel Macron sera deux heures en direct.

Emmanuel Macron sera deux heures en direct. Image: Keystone

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Cinq mois après le début des «gilets jaunes» et trois mois après celui du grand débat, Emmanuel Macron prend jeudi la parole pour défendre les mesures avec lesquelles il espère relancer son quinquennat.

Pouvoir d'achat, retraites, démocratie, décentralisation, environnement, santé, ruralité...: le chef de l'Etat est attendu sur de multiples dossiers, dont certains très délicats comme la durée du temps de travail, à partir de 18 heures dans la salle des fêtes de l'Elysée.

Deux heures en direct

Il introduira sa première conférence de presse du quinquennat par une déclaration d'une vingtaine de minutes qui «donnera des perspectives et un cap» à la lumière de la crise sociale et politique qui bouleverse sa politique depuis l'automne, selon l'Elysée.

Puis Emmanuel Macron répondra aux questions des journalistes français et étrangers pendant environ deux heures en direct sur les grandes chaînes de télévision, dont TF1 et France 2. Mais «ce ne sera pas un grand débat avec les journalistes», avertit son entourage, en faisant référence aux longues rencontres des derniers mois.

Le président sera entouré par les membres du gouvernement, que le Premier ministre Edouard Philippe réunira en «séminaire» lundi prochain 29 avril, dans un format inédit associant des responsables de la majorité. Avec l'objectif de «très rapidement se mettre en ordre de bataille pour définir un calendrier (...) de mise en oeuvre des annonces qui auront été faites», selon la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye.

Mesures en partie connues

Une partie de ces mesures sont déjà connues, puisqu'elles ont fuité dans la presse à la suite de l'annulation in extremis de l'allocution présidentielle à cause de l'incendie de Notre-Dame le 15 avril. Le chef de l'Etat ne va pas les «changer en profondeur» mais il va «les expliquer» et «rien n'interdit d'en ajouter», souligne-t-on dans son entourage.

Il devrait ainsi préciser les conditions de baisses d'impôts pour les classes moyennes, de la réindexation des retraites inférieures à 2.000 euros ou de la promesse de ne pas fermer d'écoles ou d'hôpitaux jusqu'à la fin du quinquennat. Des éclaircissements sont également attendus sur l'évocation d'un possible allongement de la durée du travail pour financer la dépendance et le grand âge.

«Ca suffit»

Parmi les autres sujets faisant polémique figure la suppression de l'Ecole nationale d'administration (ENA), dont les critiques «choquent voire blessent profondément ses élèves et ses personnels», selon son directeur Patrick Gérard. L'aile écologiste de la majorité espère en outre des annonces sur la transition écologique, quasiment absentes de l'allocation ayant fuité.

Vedettes du grand débat, les maires seront attentifs aux annonces d'Emmanuel Macron qui devrait initier «un mouvement de déconcentration plutôt qu'un acte 3 de la décentralisation», selon une source gouvernementale.

Le chef de l'Etat aura fort à faire pour convaincre les Français, qui ne sont que 24% à penser que le grand débat permettra d'améliorer la situation politique, économique et sociale du pays, selon un sondage Ipsos-Sopra Steria publié mercredi par Le Monde. «Je ne doute pas que les commentaires seront majoritairement négatifs car il y aura eu tellement d'attente», prévient un membre du gouvernement.

Opposition partagée

L'opposition est partagée entre attentisme et dénonciation d'un exercice qui pollue la campagne pour les élections européennes du 26 mai. Le premier vice-président des Républicains Guillaume Peltier a ainsi souhaité sur BFMTV qu'Emmanuel Macron «n'additionne pas des mesures catégorielles ou communautarisantes».

«J'espère qu'il y aura (jeudi) des mesures beaucoup plus fortes que celles qui ont fuité» car «ce n'est pas du tout au niveau de la crise sociale que l'on connait», a déclaré Raphaël Glucksmann, tête de liste PS-Place publique, sur Sud Radio.

Le Rassemblement National pointe le risque que cette «opération de communication» du président n'ait «un effet dévastateur» en cas de déception des Français. La tête de liste EELV pour les européennes, Yannick Jadot, a pour sa part hâte que l'exécutif mette fin au grand débat: «Ca suffit qu'Emmanuel Macron veuille à ce point tuer la campagne européenne», a-t-il lancé mardi.

Selon le sondage Ipsos-Sopra Steria, 52% des Français assurent que leur choix pour ce scrutin sera déterminé avant tout par les propositions des partis sur des questions nationales. LREM et le RN restent en tête pour les intentions de vote, avec respectivement 23% et 22,5%, précise ce sondage. (afp/nxp)

Créé: 24.04.2019, 15h14

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