Énorme manif à Paris, la rue ne se démobilise pas

FranceMalgré la réécriture de la loi sur le travail, de nouvelles manifestations et un durcissement sont déjà annoncées.

Les incidents ont été nombreux et ont émaillé cette journée de mobilisation contre la loi Travail en France.

Les incidents ont été nombreux et ont émaillé cette journée de mobilisation contre la loi Travail en France. Image: AFP

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La loi travail a réuni, selon les syndicats CGT et FO, quelque 1,2 million de personnes contre elle. En effet, Paris et la plupart des grandes villes françaises – une quarantaine – ont vécu jeudi au rythme des manifestations, des grèves dans de nombreux secteurs publics (école et transports, entre autres) et des débrayages dans les entreprises. De nombreux incidents ont émaillé cette journée de mobilisation que les syndicats contestataires appellent déjà à renouveler le samedi 9 avril. Les jeunes pourraient, eux, se remobiliser le mardi 5 déjà.

«Hollande a reculé sur la déchéance de nationalité, pourquoi pas sur la loi travail?» Dans les cortèges, cette assertion était dans la bouche de beaucoup de manifestants. Le patron de la CGT, Philippe Martinez, l’affirmait dans nos colonnes, il l’a redit en tête du cortège: «Le projet de loi El Khomri doit être retiré comme préalable à toute discussion.»

Du côté de l’Exécutif, on campe sur ses positions, estimant que les concessions faites, et soutenues par certains syndicats comme la CFDT, vont dans le bon sens. «J’entends les inquiétudes des jeunes mais cette loi est nécessaire et juste», a commenté la ministre du travail, Myriam El Khomri. Une position dans le ton de celle du premier ministre Manuel Valls, pour qui la réforme est «intelligente, audacieuse et nécessaire». Il n’entend donc pas la retirer. Désormais, c’est bien un bras de fer qui est entamé.

Une centaine d'interpellations

Dans ce contexte de tensions et d’incompréhension, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a appelé «tout le monde au calme! Il ne faut pas donner l’occasion à certains de casser ou de commettre des actes de violences.»

Une centaine de personnes ont été interpellées sur tout le territoire français en marge des manifestations, rapportent les agences. A Rennes, Nantes ou Toulouse, la police a répondu par du gaz lacrymogène à des jets de projectiles venant de jeunes, le visage souvent masqué. A Marseille, trois policiers ont été blessés.

Ce ras-le-bol exprimé par les jeunes et les syndicats et le manque de pédagogie du gouvernement socialiste inquiètent de nombreux acteurs de la vie politique tricolore. A l’instar de l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin: «Il y a quelques années, quand les Français descendaient dans la rue pour protester contre la politique de gauche, la droite se frottait les mains. Et inversement. Lors d’une mobilisation comme celle d'aujourd’hui, le principal gagnant de la grogne est le FN. Le mécontentement associe indistinctement gauche et droite au pouvoir.»

Créé: 01.04.2016, 07h50

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