Espagne et Portugal officiellement en dérapage

Crise de la detteLisbonne et Madrid risquent une amende de 0,2% du PIB mais la décision n'est pas encore tombée.

Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a encore tendu une perche aux dirigeants espagnols et portugais.

Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques, a encore tendu une perche aux dirigeants espagnols et portugais. Image: Keystone

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La Commission européenne a ouvert la voie jeudi à une procédure de sanctions inédites pour dérapage budgétaire à l'encontre de l'Espagne et du Portugal. Elle a toutefois laissé le soin aux ministres des Finances de l'Union européenne (UE) d'appuyer sur la détente.

Si les grands argentiers confirment le constat de dérapage de ces deux pays, alors l'exécutif communautaire «sera légalement obligé de faire dans les vingt jours une proposition d'amende». «Il est important que les Etats membres appliquent les règles, et particulièrement les Etats membres de la zone euro, car ils ont la même monnaie», a dit devant la presse le vice-président de la Commission européenne, le Letton Valdis Dombrovskis.

«Je fais confiance aux ministres des Finances de l'UE pour qu'ils confirment bientôt notre évaluation», a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, le Français Pierre Moscovici.

Compte à rebours

La prochaine réunion des ministres des Finances de l'UE est prévue le 12 juillet à Bruxelles. A partir du moment où ceux-ci auront entériné le constat de dérapage, le compte à rebours commencera.

Lisbonne et Madrid auront dix jours pour expliquer pourquoi ils ont laissé filer leurs déficits publics et comment ils comptent rectifier le tir. La Commission, elle, a vingt jours pour proposer une amende pouvant aller jusqu'à 0,2% du Produit intérieur brut (PIB).

Toutefois, cette dernière peut être réduite ou même annulée «en raison de circonstances économiques exceptionnelles ou si les pays justifient leur dérapage et promettent de mieux faire». M. Moscovici n'a d'ailleurs pas exclu que «les amendes puissent être égales à zéro», expliquant que «les règles étaient intelligentes».

D'autres sanctions doivent être proposées par l'exécutif européen comme «la suspension d'une partie des engagements de versements de fonds structurels européens».

Déficit à 5% du PIB

En 2015 le déficit public espagnol a atteint 5% du produit intérieur brut (PIB), bien au-delà du plafond fixé par le pacte de stabilité (3% du PIB) et des objectifs que lui avait fixés la Commission, soit 4,2%. Il devrait aussi déraper en 2016, l'Espagne n'étant pas encore parvenue à former un gouvernement après les législatives du 26 juin, précédées de six mois de blocage politique.

Quant au Portugal, il a affiché un déficit public de 4,4% du PIB l'an passé alors que l'objectif était de repasser sous les 3%. En 2016, il devrait toutefois à nouveau respecter cette limite.

Pour le Premier ministre portugais, le socialiste Antonio Costa, «l'application de sanctions n'est pas automatique. (...) Le Portugal ne mérite pas d'être sanctionné et nous devons nous battre sur tous les fronts contre l'application de sanctions».

Il s'est d'ailleurs félicité que la Commission n'ait pas été, pour le moment, jusqu'à proposer elle-même des sanctions. «C'est une première victoire pour la diplomatie portugaise», s'est flatté M. Costa au cours d'un débat au Parlement à Lisbonne.

Promesse espagnole

Jeudi soir, le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos a assuré quant à lui que Madrid pouvait repasser sous la barre des 3% dès 2017.

La décision de la Commission «ouvre la procédure en vue d'une sanction potentielle, mais je suis convaincu qu'elle ne se produira pas», a-t-il encore expliqué aux journalistes. «Elle ne se produira pas car l'Espagne est l'économie de la zone euro qui croît le plus, le pays où l'on a mis en oeuvre le plus de réformes économiques. Cela n'aurait pas de sens», a-t-il ajouté. (ats/nxp)

Créé: 07.07.2016, 21h10

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