Passer au contenu principal

Mystère complet autour de l'auteur de l'attentat

L'explosion d'une bombe s'est produite samedi à l'heure où les élèves entraient dans l'enceinte du lycée professionnel. Un juge estime «illogique» d'attribuer l'attentat à la mafia locale.

Une adolescente de 16 ans a été tuée et dix autres personnes ont été blessées, dont une grièvement, par l’explosion d’une bombe samedi matin devant un lycée de jeunes filles à Brindisi, ville des Pouilles, dans le sud de l’Italie.

Les soupçons des autorités se sont initialement portés sur la mafia locale, la «Sacra Corona Unita», mais les enquêteurs ont ensuite affirmé que la nature artisanale de la bombe et le fait d’avoir visé un lycée féminin ne correspondaient pas aux méthodes du crime organisé.

L’explosion qui n’a pas été revendiquée s’est produite au moment où les élèves de cet établissement professionnel, qui porte le nom de la femme du juge anti-mafia Giovanni Falcone, assassinée avec lui en Sicile en 1992, s’apprêtaient à gagner leurs classes en début de matinée.

Selon les enquêteurs, deux bonbonnes de gaz avaient été dissimulées dans une poubelle de l’école qui se trouve à proximité du tribunal de Brindisi, ville portuaire du «talon» de la botte italienne. Des images diffusées par la télévision montrent un mur noirci par le feu près la grille d’entrée du lycée professionnel.

La directrice de l’hôpital Perrino de Brindisi, Paola Ciannamea, a précisé à la télévision qu’une jeune fille grièvement blessée était dans un état stationnaire après avoir été opérée. Deux autres élèves ont subi des blessures nécessitant une intervention chirurgicale.

Au total, cinq personnes demeuraient à l’hôpital samedi soir, et cinq autres, souffrant de blessures légères, avaient pu rentrer à leur domicile. «C’est une tragédie», a commenté Mimmo Consales, le maire de Brindisi, sur la chaîne de télévision SkyTG24.

Marche de protestation

Il a rappelé que cet attentat intervenait quelques jours avant le 20e anniversaire de l’assassinat du juge Falcone et de sa femme Francesca Morvillo, tués par une bombe en Sicile le 23 mai 1992. «Vous pouvez comprendre le caractère symbolique de cela et ce que ça signifie», a t-il ajouté.

Plus tard dans la journée, Mimmo Consales a cependant reconnu que l’attentat ressemblait plus à l’acte d’un «fou».

A l’issue d’une réunion avec les enquêteurs, Cataldo Motta, le procureur qui supervise la lutte contre la mafia dans les Pouilles, a souligné que les coïncidences pouvaient «n’être que des coïncidences».

«Il est possible que ce ne soit pas un groupe criminel organisé», a t-il déclaré. «Les organisations mafieuses locales sont à la recherche d’un consensus social. Ce serait un acte contre-productif parce qu’il est certain qu’il annihile toute sympathie pour ceux qui l’ont commis», a-t-il ajouté.

Un rassemblement prévu contre le crime organisé a finalement été annulé au profit d’une marche destinée à dénoncer de manière plus générale cet attentat. La marche, organisée avec le soutien des autorités locales, est partie à 16 heures de la principale place de la ville, remplie de monde.

Ecoles fermées

Le président du Conseil, Mario Monti, qui participe au sommet du G8 à Camp David, aux Etats-Unis, a insisté sur la détermination de son gouvernement à combattre le crime «sous toutes ses formes».

Dans un communiqué, il précise que son gouvernement prendra toutes les mesures pour éviter que le pays ne replonge dans un passé de «subversion», marqué par les meurtres mafieux et les attentats politiques dus à des groupes extrémistes.

A Rome, le chef de l’Etat, le président Giorgio Napolitano, a aussi condamné l’attentat dans un communiqué. François Hollande, le nouveau président français, également présent à Camp David, a dit «sa très grande émotion» à l’annonce de cet «odieux attentat».

Vague d’attentats anti-austérité

La ministre italienne de l’Intérieur, Anna Maria Cancellieri, a déclaré que la piste de la mafia ne pouvait être exclue, en raison notamment du nom de l’école visée, mais elle s’est voulue prudente en l’absence d’éléments concrets.

Elle a annoncé il y a quelques jours un plan de renforcement de la sécurité autour de plusieurs lieux sensibles y compris les bâtiments officiels après une série de menaces contre des agences du fisc.

En outre, Roberto Adinolfi, président d’Ansaldo Nucleare, filiale du groupe Finmeccanica spécialisé dans la technologie de défense, a été blessé d’une balle dans la jambe le 7 mai. L’attentat a été revendiqué par un groupe anarchiste. Le P-DG de Finmeccanica, Giuseppe Orsi, a lui-même été menacé de mort par l’organisation d’extrême-gauche italienne des Brigades rouges.

Ces attaques ont ravivé les craintes d’une résurgence des violences des groupes extrémistes de gauche et de droite qui ont ensanglanté la péninsule pendant les années 1970 et 1980.

(ats)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.