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Espionnage de la NSAL'affaire de l'espionnage américain rebondit

Après les révélations du «Monde» sur l'interception de millions de communications téléphoniques françaises par la NSA, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius monte au front.

«J'ai immédiatement convoqué l'ambassadeur américain et il sera reçu ce matin même au Quai d'Orsay», a déclaré Laurent Fabius à Luxembourg.
«J'ai immédiatement convoqué l'ambassadeur américain et il sera reçu ce matin même au Quai d'Orsay», a déclaré Laurent Fabius à Luxembourg.
AFP

L'affaire de l'espionnage américain, révélée en juin, a pris lundi une ampleur inattendue. Après de nouvelles révélations, la France a convoqué l'ambassadeur américain et le Mexique a réclamé une enquête.

Le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, s'est dit lundi à Copenhague «profondément choqué» par l'espionnage américain. «C'est invraisemblable qu'un pays allié comme les Etats-Unis puisse aller jusqu'à espionner autant de communications privées qui n'ont aucune justification stratégique», a-t-il ajouté.

Le site du «Monde» a affirmé que l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) avait effectué 70,3 millions d'enregistrements de données téléphoniques de Français sur une période de 30 jours, entre le 10 décembre 2012 et le 8 janvier 2013. Il se base sur des documents de l'ancien consultant de l'agence de sécurité nationale américaine Edward Snowden.

Ambassadeur convoqué

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a annoncé lui-même la convocation «immédiate» de l'ambassadeur américain à Paris, Charles H. Rivkin. La France a rappelé à celui-ci «que ce type de pratiques entre partenaires était totalement inacceptable et qu'il fallait nous assurer qu'elles n'avaient plus cours», a déclaré le sous-directeur de la presse du Quai d'Orsay, Alexandre Giorgini.

Paris a «demandé que soit apportée dans les plus brefs délais une réponse tangible à notre préoccupation», a-t-il précisé à l'issue de la convocation. L'ambassadeur américain a pour sa part assuré que les consultations bilatérales sur ces «allégations» de collecte d'informations allaient se poursuivre, mais il ne s'est pas prononcé sur les informations publiées par le «Monde».

Charles H. Rivkin avait déjà été convoqué en juillet, même si le mot «convocation» n'avait alors pas été employé. L'affaire sera aussi «évoquée» lors de l'entretien prévu mardi matin à Paris entre M. Fabius et son homologue américain John Kerry, note le ministère.

Ces révélations sont «choquantes et vont appeler des explications précises des autorités américaines dans les heures qui viennent», a affirmé de son côté le ministre de l'Intérieur Manuel Valls. «Avec les nouvelles technologies de la communication, il faut évidemment des règles», a-t-il souligné.

Plusieurs modes de collecte

Les documents d'Edward Snowden décrivent les techniques utilisées pour capter illégalement les secrets ou la vie privée des Français. La NSA dispose de plusieurs modes de collecte, selon «Le Monde»: quand certains numéros de téléphone sont utilisés en France, ils activent un signal déclenchant automatiquement l'enregistrement de certaines conversations.

Cette surveillance récupère également les SMS et leur contenu en fonction de mots-clés. Enfin, de manière systématique, la NSA conserve l'historique des connexions de chaque cible, précise le journal. Un graphique de la NSA montre une moyenne de 3 millions de données interceptées par jour.

Selon les documents cités, les cibles de l'agence américaine sont aussi bien des personnes soupçonnées de liens avec des activités terroristes qu'appartenant au monde des affaires, de la politique ou à l'administration française.

Enquête réclamée

Le gouvernement mexicain a également demandé dimanche des explications à Washington après des révélations du magazine allemand «Der Spiegel». Celui-ci affirme que les services de renseignement américains ont espionné les courriels de l'ex-président Felipe Calderon.

«Der Spiegel», citant des documents fournis par Edward Snowden, a rapporté dimanche que la NSA a surveillé les communications du gouvernement mexicain pendant des années. «Cette pratique est inacceptable, illégitime et contraire au droit mexicain et international», a ajouté le ministère mexicain des Affaires étrangères, réclamant une enquête «le plus rapidement possible».

La présidente brésilienne Dilma Roussef avait suspendu le mois dernier une visite aux Etats-Unis après des révélations sur des cas d'espionnage américain sur ses propres communications, celles de proches collaborateurs et de plusieurs grosses entreprises. Le président américain Barack Obama s'était alors engagé à ouvrir une enquête.

afp/ats

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