Filière djihadiste démantelée à Lunel

Lutte antiterroristeCinq personnes, impliquées dans des filières de recrutement vers la Syrie, ont été interpellées dans le sud de la France. D'après les autorités, cette cellule serait «particulièrement dangereuse et organisée».

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Lunel, la petite commune du sud-ouest de la France, fait à nouveau parler d’elle. Cinq personnes, impliquées dans des filières de recrutement et proches de Lunellois partis faire le djihad en Syrie, ont été interpellées mardi à l’aube, lors d’une opération menée par le RAID et le GIPN. Elles auraient notamment été repérées par des mandats envoyés en Syrie. Selon le quotidien Midi Libre, ce coup de filet était prévu depuis le début de janvier, mais il avait été reporté à cause des attentats à Paris. La gendarmerie locale n’était même pas au courant du lancement de cette opération qui aurait également visé des petites communes voisines, situées dans le Gard.

«Si l’implication des personnes soupçonnées est confirmée par l’autorité judiciaire, ce sera une filière particulièrement dangereuse et organisée qui aura été démantelée ce matin, une de plus», a déclaré le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Selon les élus de cette cité nichée dans la Petite-Camargue, entre Nîmes et Montpellier, une vingtaine de jeunes de 18 à 30 ans sont partis faire la guerre sainte en Irak ou en Syrie. Quatre Lunellois ont trouvé la mort dans des bombardements de l’armée syrienne en octobre, deux autres ont été tués au combat en décembre, selon les autorités françaises. Dans cette petite ville de 27'000 habitants, classée en zone de sécurité prioritaire et où le taux de chômage atteint les 20%, ces départs de jeunes interpellent, mais les autorités ne trouvent pas de réponses appropriées.

L’identité des hommes, âgés de 26 à 44 ans, interpellés mardi n’est pas encore connue. Deux sont soupçonnés d’être partis en Syrie alors que les trois autres seraient des candidats au djihad, a indiqué une source proche du dossier, précisant que deux ont perdu un proche dans les combats en Syrie. Et selon la presse locale, trois d’entre eux fréquentaient la mosquée de Lunel, soupçonnée par la préfecture d’être «sous emprise fondamentaliste».

Après l’annonce de la mort de certains en Syrie, l’ex-président de l’Union des musulmans de Lunel, Lahoucine Goumri, avait en effet refusé de condamner leurs départs avant de revenir sur ses propos. Son successeur, Rachid Belhaj, a voulu calmer le jeu. Après les attentats parisiens, la mosquée de la ville est revenue dans le giron de l’ensemble des mosquées du département et a participé au message de paix envoyé à la communauté musulmane par une vingtaine d’imams héraultais.

Créé: 27.01.2015, 17h46

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