Fraude aux crédits carbone en Russie et en Ukraine

ClimatNombre d’entreprises ne remplissent pas les critères exigés, selon une étude qui montre les perversités du système.

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Photo d'illustration. Image: Mikhail Voskresenskiy/Reuters

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A trois mois de la conférence mondiale sur le climat, à Paris, c’est un pavé dans la mare que jettent des chercheurs du Stockholm Environment Institute. Leur étude menée dans quatre pays - Allemagne, Pologne, Ukraine, Russie - démontre les effets pervers du marché des crédits carbones, une unité créée dans le cadre du Protocole de Kyoto. Ce marché permet à des entreprises ayant réduit leurs émissions en dessous des seuils autorisés d’obtenir des crédits carbone, puis de les revendre à des entreprises plus polluantes, lesquelles achètent une sorte de permis pour réchauffer un peu plus le climat.

Au terme de leur enquête centrée sur 60 entreprises ou entités d’entreprises engagées dans des projets de réduction des émissions polluantes, les chercheurs ont découvert que dans 73% des cas les crédits carbone avaient été attribués alors que les critères n’étaient pas remplis. La quasi-totalité des fraudes présumées concernent l’Ukraine et la Russie, dans des secteurs comme le charbon, le pétrole et le gaz. Les chercheurs ont notamment découvert que des entreprises ont obtenu des crédits carbone, qu’elles peuvent revendre sur le marché européen, alors qu’en réalité elles n’ont fait aucun effort de réduction d’émissions polluantes. Ou alors leurs efforts, antérieurs au Protocole de Kyoto, ont été postdatés pour décrocher les fameux crédits. «On s’est rendu compte que chaque pays peut approuver des projets donnant droit à des crédits, il n’y a pas de réel contrôle international. En Russie et en Ukraine en particulier, il n’y a aucune motivation pour garantir la qualité de ces crédits», a dit à la BBC Anja Kollmuss, l’une des deux auteurs de l’étude.

Conséquences: ces crédits frauduleux ont engendré un surplus d’émissions équivalant à 600 tonnes, relèvent encore les chercheurs.

L’enquête pointe encore d’autres effets pervers. Dans certains domaines industriels, le coût de la destruction des gaz à effet de serre est bien inférieur à la valeur de l’unité carbone. Du coup, des entreprises ont flairé le bon filon, et produisent volontairement de la matière polluante, qu’elles détruisent pour obtenir ensuite les précieux crédits. Deux sociétés russes produisant du liquide réfrigérant, processus industriel qui génère des déchets nocifs pour la couche d’ozone, sont ainsi soupçonnées d’avoir sciemment augmenté leur masse de déchets pour les convertir en crédits carbone.

Créé: 25.08.2015, 20h03

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