Le Front National en tête dans la moitié des régions

FranceLes Régionales ont placé le FN plus que jamais au centre de la vie politique.

Marine Le Pen sourit lors de son discours, après l'annonce des résultats des élections régionales en France.

Marine Le Pen sourit lors de son discours, après l'annonce des résultats des élections régionales en France. Image: EPA/Julien Warnand

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«Le Front national est le seul front républicain! C’est un résultat magnifique que nous accueillons avec humilité.» Marine Le Pen a conjugué détermination et douceur dans ses formules pour célébrer hier son succès. Avec environ 28% au soir du premier tour, il se pose en premier parti de France. Il est ainsi en tête dans six des treize régions françaises qui renouvelaient, hier, leur représentation régionale. Le 2e tour aura lieu dimanche prochain. Les Républicains et ses alliés sont, eux, à 27% et font la course devant dans trois régions. Tandis que le PS avec son 23% au niveau national, en tête dans deux régions, recule moins que prévu. La participation de 50,5%, plus haute que les sondages, dénote un sursaut de mobilisation dont on ne sait à qui il a profité.

Ce scrutin régional est d’autant plus important qu’il est le dernier avant la présidentielle de 2017. Marine Le Pen a donc réussi son pari. Tant son score personnel (40%) que celui du FN l’inscrivent définitivement en figure centrale de la vie politique. «Tous les Français ont leur place au sein du FN. Tous ensemble, nous retrouverons le chemin de la grandeur de la France et du bonheur!» a-t-elle lancé dans un discours de rassemblement inédit. Elle ne parle plus en outsider, mais en ténor.

Dans une région comme Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), la jeune Marion Maréchal Le Pen (26 ans) arrive en tête avec 42% des voix. Dépassant de près de 15 points son principal rival, le très expérimenté maire de Nice Christian Estrosi (Les Républicains). La marque «Le Pen» semble avoir porté Marine et sa nièce Marion.

Effectivement, le Front national est en tête dans six régions. Et semble avoir bénéficié pleinement de la crise des migrants de cet été et du traumatisme suite aux attentats djihadistes du vendredi 13 novembre à Paris. Le FN confirme une montée en puissance ininterrompue depuis 2007: il pesait 4,9% aux cantonales de 2007, 11,4% aux régionales de 2010, 17,9% à la présidentielle de 2012 et encore 25,2% en mars dernier lors des départementales.

Avec 27%, Les Républicains et ses alliés ne peuvent qu’être déçus. Il faut imaginer que ces listes d’union de la droite cumulent les suffrages des ex-UMP, de l’UDI et du MoDem. «Nous devons entendre et comprendre l’exaspération des Français», a dit tout de suite Nicolas Sarkozy. Le président des Républicains n’a pas manqué de surligner la défaite du PS, le parti du président Hollande, mais, en creux, il a aussi marqué que le recul de son adversaire ne lui profitait pas vraiment.

Lourde défaite du PS

Pour le PS, les motifs de satisfactions sont rares. Il passe en tête dans deux régions, en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Bretagne, région du ministre de la Défense. Jean-Yves Le Drian y réalise un excellent score personnel (34,7%). Partie dispersée, la gauche peut espérer progresser avec le report des voix des écologistes et des autres listes de gauche, mais elle est très mal placée dans de nombreuses régions. C’est une lourde défaite pour le PS dont même la région Ile-de-France est menacée: avec 25% des voix, la liste de Claude Bartolone arrive loin derrière celle de Valérie Pécresse (34%).

L’heure est grave: le PS s’est réuni hier soir en bureau national. Les décisions de retrait ou non, pour faire échec au FN, seront prises par les instances du parti et communiquées aujourd’hui lundi.

Créé: 06.12.2015, 22h09

Pour le 2e tour, PS et LR au cas par cas…

La campagne pour le 2e tour a immédiatement commencé dès les résultats connus. Ainsi, le Parti socialiste s’est réuni pendant la nuit. Hier soir, à l’heure de la déception, le bureau central a communiqué que les décisions concernant le devenir des listes PS seront annoncées par la direction du parti, et non localement. Cette mise au point venait contredire les déclarations du candidat PS en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

En effet, Jean-Pierre Masseret, arrivé troisième, loin derrière le FN Florian Philippot et Philippe Richert (LR/UDI/MoDem), a néanmoins déclaré ne pas vouloir se désister. C’est ainsi que le PS doit décider, lorsqu’il est troisième, s’il reste dans la course, en tablant sur le report des voix dispersées de la gauche. Les écologistes, le FG et le Parti communiste constituent en effet un réservoir de voix à juger au cas par cas.

A droite, la situation ne paraît pas plus simple. L’UDI a été très claire. Son patron, Jean-Christophe Lagarde, n’a pas transigé. «Partout où le Front national peut gagner, nous souhaitons le retrait des listes qui arrivent en 3e position, quelles que soient les listes», a-t-il déclaré. Il appelle ainsi «tous ceux qui arrivent troisième à avoir le bon sens démocratique et républicain de se retirer.»

François Bayrou, président du MoDem, a été tout aussi tranchant. «Si les états-majors étaient responsables, ils devraient adopter une ligne de conduite lisible par les Français: le retrait pur et simple de la liste arrivée en troisième position pour permettre le ressaisissement démocratique.»

Nicolas Sarkozy, président des Républicains, a écarté lui toute fusion avec la gauche et tout retrait face au FN pour le second tour des Régionales. Lors de sa brève allocution, l’ancien chef de l’Etat a fait référence aux électeurs qui devront «se mobiliser en faveur de la seule alternance possible: celle incarnée par les républicains de la droite et du centre». Cette habituelle ligne politique du «ni - ni» a immédiatement allumé la polémique avec le PS. «Nicolas Sarkozy n’est pas en position de fanfaronner» car la droite n’a «pas de réserves» pour le second tour, a estimé la porte-parole du PS.

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