Au G20, le terrorisme rapproche Poutine et Obama

Sommet en TurquieLes deux présidents ont eu un aparté inattendu. La communauté internationale est à l'unisson. Sauf Assad.

Barack Obama et Vladimir Poutine se sont serré la main dimanche à l'ouverture du sommet du G20 à Antalya.

Barack Obama et Vladimir Poutine se sont serré la main dimanche à l'ouverture du sommet du G20 à Antalya. Image: Keystone

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Face à face, penchés l’un vers l’autre, Barack Obama et Vladimir Poutine sont en pleine conversation. Assis dans des fauteuils en cuir, ils se sont isolés dans un coin de la grande salle où circulent d’autres dirigeants mondiaux. Sur ces images de la télévision turque, on voit clairement le président des Etats-Unis et son homologue russe avoir un aparté inattendu, hier, en marge de la réunion du G20 qui se tient pour deux jours dans la station balnéaire d’Antalya. Ils auraient eu une discussion «constructive», malgré leurs profonds désaccords sur la Syrie (comme sur l’Ukraine). Face au terrorisme, les deux hommes ont voulu se montrer ensemble.

Moins de quarante-huit heures après les attentats de Paris, la question s’est évidemment imposée au sommet des vingt plus grandes puissances mondiales. Si les dirigeants ont observé une minute de silence en mémoire des victimes, tous doivent s’entendre sur la formulation d’une réponse «très forte, très dure» à la menace terroriste, a annoncé dès l’ouverture le président turc Recep Tayyip Erdogan. Selon plusieurs sources, le G20 prépare une déclaration spécifique en réaction aux attentats de vendredi, séparée du communiqué final traditionnellement consacré aux questions économiques. En particulier, Paris «voudra des décisions concrètes en matière de lutte contre le financement du terrorisme», a déclaré Michel Sapin, le ministre français des Finances.

La consternation mondiale

Les dirigeants des grandes puissances sont-ils prêts à passer de la parole aux actes? C’est ce qu’il faudra voir. Car les réactions ont été quasi unanimes suite à la vague d’attentats à Paris. Si Barack Obama a été le tout premier à s’exprimer, beaucoup d’autres lui ont emboîté le pas. «Nos pensées et nos prières vont au peuple français», a ainsi twitté le premier ministre britannique David Cameron samedi soir.

Dimanche matin, le chef du gouvernement italien Matteo Renzi affirmait, lui, que «l’Europe, touchée au cœur, saura réagir à la barbarie». Quant au secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, il a déclaré que «le terrorisme ne vaincra jamais la démocratie» car «nous demeurons forts et unis dans le combat». Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Hong Lei, a pour sa part affirmé que sa patrie est «profondément choquée». Pour Pékin, «le terrorisme est l’ennemi de l’humanité entière» et donc «la Chine soutient fermement la France dans ses efforts pour ramener la paix et la stabilité (…) et pour combattre le terrorisme». Quant au président iranien Hassan Rohani, il a qualifié les attentats de «crimes contre l’humanité».

Dans le monde arabe, Ahmed el-Tayeb, imam de la mosquée Al-Azhar, l’une des institutions qui font autorité dans l’islam sunnite, a appelé «le monde entier à s’unir pour faire face à ce monstre du terrorisme». De même, le Comité des grands oulémas, autorité religieuse suprême en Arabie saoudite, a jugé «contraires à l’islam» les attentats et accusé Damas. Pour sa part, le président tunisien Béji Caïd Essebsi, dont le pays a été frappé par des attaques terroristes, a condamné les attentats «barbares». Enfin, même les mouvements islamistes palestiniens Hamas et Djihad islamique, qui figurent eux-mêmes sur les listes noires terroristes, ont condamné ces attaques.

Les critiques de Bachar el-Assad

Unique voix discordante dans le concert des nations, le président syrien Bachar el-Assad a estimé que «les politiques erronées adoptées par les pays occidentaux – notamment la France – dans la région ont contribué à l’expansion du terrorisme». Il a ajouté: «On a averti sur ce qui allait se passer en Europe il y a trois ans, on avait dit ne prenez pas ce qui se passe en Syrie à la légère. Malheureusement les responsables européens n’ont pas écouté.» Résultat: «La France a connu [vendredi] ce que nous vivons en Syrie.» Ces propos ont été tenus samedi devant une délégation française dirigée par le député Thierry Mariani (Les Républicains). Andrés Allemand

Créé: 15.11.2015, 19h47

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