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Crise de la detteLa Grèce trouve un accord technique avec ses créanciers

Un accord «technique de principe» a été trouvé, mais les discussions continuent sur certains détails. Il n'y a pas encore d'accord politique.

Le premier ministre grec Alexis Tsipras.
Le premier ministre grec Alexis Tsipras.
Keystone

La Grèce et ses créanciers internationaux sont parvenus ce mardi 11 août à un accord sur un nouveau plan d'aide d'environ 85 milliards d'euros pour permettre au pays de rester dans la zone euro et d'éviter une situation de défaut. Quelques détails restaient toutefois à régler.

Au terme d'un marathon de 23 heures entamé lundi après-midi, les membres de la délégation grecque sont sortis épuisés, tôt mardi, de l'hôtel du centre d'Athènes qui abritait les pourparlers pour annoncer la nouvelle.

«Enfin, nous avons de la fumée blanche», a déclaré un responsable du ministère des Finances. «Un accord a été trouvé». Le ministre des Finances Euclide Tsakalotos a évoqué «un ou deux petits détails à régler», mais une autre source gouvernementale grecque a assuré que ces détails «n'affectaient pas l'esprit général de l'accord».

Le 3e plan depuis 2010

Le montant de ce plan d'aide - le troisième depuis 2010 - pourrait atteindre 85 milliards d'euros sur trois ans, selon un responsable du ministère grec des Finances, alors qu'un diplomate européen a évoqué un montant du même ordre.

L'accord prévoit notamment un versement «immédiat» de 10 milliards à destination des banques grecques, qui devront être recapitalisées d'ici la fin de l'année. Athènes espère que l'accord pourra être adopté mercredi ou jeudi par le parlement d'Athènes puis validé vendredi par les ministres des Finances de la zone euro.

Des détails à régler

La Commission européenne a tempéré un peu cet enthousiasme, en notant prudemment qu'il s'agissait «à ce stade d'un accord au niveau technique», que «les discussions se poursuivaient pour finaliser les détails» et qu'il fallait désormais «un accord au niveau politique».

La prochaine étape, a expliqué une porte-parole de la Commission, consiste en «une évaluation politique». Une réunion téléphonique du Comité économique et financier (CEF) du Conseil européen, qui regroupe des responsables des ministères des Finances des pays de la zone euro, devait avoir lieu «en début d'après-midi», pour que «tous les Etats membres puissent être informés».

Parmi les Vingt-Huit, l'avis de l'Allemagne sera particulièrement scruté. Berlin s'est montrée partisane ces derniers jours de prendre le temps de conclure un accord «solide», quitte à offrir à Athènes un prêt-relais dans les prochains jours pour lui permettre d'honorer un paiement de 3,4 milliards d'euros dû à la BCE le 20 août.

Exigences revues à la baisse

Selon le quotidien grec Kathimerini, la Grèce a dû s'engager pour arracher l'accord à mener immédiatement 35 réformes dans tous les secteurs économiques.

En vertu de cet accord, il est prévu, selon ANA, que le pays connaisse un déficit primaire (solde du budget hors remboursement de la dette) de 0,25% du PIB en 2015, avant des excédents primaires de 0,5% du PIB en 2016, 1,75% en 2017 et 3,5% en 2018, au lieu d'excédents chaque année, comme prévu précédemment.

Mais les négociateurs ont dû tenir compte de l'important ralentissement économique qui pèse sur le pays, un peu plus paralysé encore depuis fin juin par un strict contrôle des capitaux, mis en place pour éviter une panique bancaire.

Le gouvernement grec s'est d'ores et déjà félicité de cette révision, qui permet selon lui au pays d'éviter sur les trois prochaines années 20 milliards d'euros de mesures d'économies budgétaires supplémentaires.

Tsipras compte sur l'opposition

Les deux parties ont également réussi à se mettre d'accord sur la création d'un fonds chargé de procéder aux privatisations et sur la manière de gérer les créances douteuses du secteur bancaire grec. Ces deux dossiers ont longtemps constitué des points d'achoppement dans les négociations.

Elu sur la promesse de combattre l'austérité, Alexis Tsipras devra une nouvelle fois compter sur le soutien de l'opposition pour faire approuver ce plan par le parlement. Le Premier ministre grec reste très critiqué au sein de son parti Syriza, dont certains membres lui reprochent d'avoir capitulé en acceptant les mesures d'austérité réclamées par les créanciers en échange d'une nouvelle aide.

ats/afp

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