Passer au contenu principal

SwissLeaksHervé Falciani, héros des lanceurs d'alerte

L'informaticien franco-italien, ex-employé d'HSBC à Genève, est un héros chez les lanceurs d'alerte de la finance mondialisée.

Hervé Falciani, ici en juillet 2013.
Hervé Falciani, ici en juillet 2013.
AFP

L'informaticien franco-italien Hervé Falciani, dont les fichiers de la banque HSBC ont permis à un consortium de journalistes mené par Le Monde de dévoiler un immense système d'évasion fiscale européen, est un héros chez les lanceurs d'alerte de la finance mondialisée.

«Il est courageux. Nous pensons le plus grand bien du travail d'Hervé Falciani, quelles qu'aient pu être ses motivations, il a servi le bien public», dit à l'AFP le vice-président de l'association française Anticor, Eric Alt, qui lutte contre la corruption et l'évasion fiscale.

Parcours rocambolesque

Feu follet du SwissLeaks, poursuivi par la Suisse, protégé par la France et l'Espagne, cet élégant franco-italien de 42 ans qui vit entre la France et l'Espagne, a commencé comme employé de casino à Monaco au début des années 90, puis est devenu informaticien de la banque HSBC en 2000, d'abord à Monaco, puis à Genève en 2005.

Le parcours rocambolesque de celui que la presse française surnomme le «Snowden de la fraude fiscale» ou «l'homme qui fait trembler les riches» est digne d'un roman d'espionnage tel que raconté par l'un des journalistes du Monde, Gérard Davet, auteur de l'enquête publiée lundi:

Après son entrée dans la branche suisse d'HSBC, il a «obtenu accès à des données cryptées qui n'ont plus été cryptées pendant un court moment. Il se les procure puis essaie de partir avec sa maîtresse pour les vendre au Liban, ça ne marche pas. Il revient en Suisse, qui veut l'arrêter, le met sur écoutes, il s'en rend compte, mais au même moment il est en relation avec les services secrets français, il se réfugie en France et décide de se transformer en lanceur d'alerte. Il transmet ses fichiers au fisc français», a expliqué lundi Gérard Davet sur la radio France Inter.

En France et en Suisse, deux images d'un même homme

Le ministère des Finances, à l'époque dirigé par Christine Lagarde, transmet alors la liste à d'autres pays, comme la Grèce, où elle est connue sous le nom de «liste Lagarde» et provoque un scandale national dans un pays en pleine crise. En Espagne, la liste des exilés fiscaux révélée par Hervé Falciani est connue sous le nom de «liste HSBC».

Le lanceur d'alerte a même fait quelques mois de prison en Espagne à l'été 2012 à la demande de la justice suisse, avant de collaborer avec les autorités espagnoles qui lui accordent une protection policière ainsi qu'avec la France. Les deux pays refusent de l'extrader vers la Suisse qui le recherche pour «soustraction de données» et «violation du secret bancaire et du secret commercial».

La presse suisse met, elle, en valeur «les bisbilles» d'Hervé Falciani avec son employeur «au sujet de son salaire», certains articles s'attachant à le décrire comme «séducteur» et «pragmatique», en récusant le portrait «idéaliste» fait de lui en France.

«La fraude fiscale est une organisation, une industrie»

En France, en échange d'un salaire de 3500 euros par mois versé par l'Inria (Institut national de recherche en informatique et en automatique) où il a travaillé comme chercheur pendant des années, l'informaticien offre son éclairage scientifique à l'administration fiscale.

Lors de son audition devant le Sénat français le 16 juillet 2013, Hervé Falciani estime qu'il représente «une menace pour le bien le plus précieux des banques privées: leur réputation» et se déclare «menacé», en réclamant un soutien «étatique» à son combat.

Hervé Falciani estime que «la fraude fiscale est le résultat d'une volonté, pas d'un hasard». «C'est une organisation, une industrie» ajoute-t-il dans l'hebdomadaire Le nouvel Observateur en juin 2014.

Vocation politique

Son combat solitaire contre la finance mondialisée lui a donné le goût de l'action collective et de la politique.

Lors des dernières élections européennes, il est tête de liste en Espagne sous les couleurs de Partito X, une formation née du mouvement des «Indignés», mais n'a pas été élu. Le parti anti libéral Podemos a annoncé lundi qu'il allait lui commander un rapport sur la lutte contre la fraude fiscale.

Hervé Falciani est annoncé mardi à Barcelone où il doit participer via video-conférence à une rencontre organisée par le groupe d'activistes X Net, au sujet de la publication des «listes Falciani» d'évadés fiscaux révélées par Le Monde.

AFP

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.