Passer au contenu principal

Hollande: fin de mandat en «chemin de croix»

Le président français entame la dernière année de son mandat mais ne semble pas prêt à renoncer à une candidature en 2017.

François Hollande ne se laisse pas abattre et est décidé à «être plus à l'offensive», selon l'un de ses proches.
François Hollande ne se laisse pas abattre et est décidé à «être plus à l'offensive», selon l'un de ses proches.
Keystone

Obligé d'abandonner une réforme de la Constitution française et vivement contesté dans la rue, le président français François Hollande entame la dernière année de son mandat dans une ambiance «crépusculaire» mais ne semble pas prêt à renoncer à une candidature en 2017.

«Depuis deux ans, il y a une chute continue de la popularité du chef de l'Etat» en raison de l'absence de résultats économiques, «mais depuis quelques semaines il y a une accélération de la désaffection dans son propre camp», note le politologue Bruno Jeanbart de l'institut de sondages Opinionway.

A peine 15% d'avis favorables

Le socialiste François Hollande jouit d'à peine plus de 15% d'opinions favorables dans l'ensemble de la population, et parmi ses électeurs du premier tour en 2012, seuls 40% le soutiennent encore, relève le sondeur.

C'est d'ailleurs une partie de l'électorat de gauche, notamment dans la jeunesse, qui est descendue massivement dans la rue jeudi pour s'opposer à un projet de réforme du droit du travail, jugée trop libérale.

Scandant «Hollande t'es foutu, la jeunesse est dans la rue», entre 390'000 personnes, selon les autorités, et 1,2 million, selon les syndicats, ont battu le pavé, soit plus du double que lors d'une première manifestation le 9 mars.

Entre-temps, le gouvernement avait profondément revu sa copie. Mais les syndicats contestataires veulent l'abandon pur et simple du texte et ont appellé à de nouvelles manifestations les 5 et 9 avril.

«Le début de la fin»?

«Le début de la fin», titrait en Une vendredi le quotidien de droite Le Figaro, quand le journal régional Sud-Ouest dépeignait un «soir crépusculaire» laissant «filtrer cette lueur grise qui accompagne les chemins de croix et les fins de règne».

Outre la pression de la rue, François Hollande a essuyé un autre revers de taille, mercredi, quand il a dû annoncer l'abandon d'une réforme constitutionnelle qu'il avait annoncée juste après les attentats djihadistes du 13 novembre (130 morts).

Il a rejeté la faute sur l'opposition de droite, mais le projet, qui prévoyait d'étendre la déchéance de nationalité pour les auteurs de crimes terroristes, a surtout semé la division dans son propre camp, provoquant même la démission de la ministre de la Justice Christiane Taubira, figure de la gauche morale. «Tout ça n'est pas bon. A l'Élysée, les gens sont tétanisés» par la tournure des événements, confie un intime du président.

Plus offensif

Pourtant, loin de se laisser abattre, le chef de l'Etat, qui a connu d'autres creux dans une carrière politique heurtée, est décidé à «être plus à l'offensive», selon une autre source dans son entourage.

D'abord, il n'entend pas céder sur la réforme du travail. «La mobilisation aujourd'hui est significative mais pas de nature à nous faire reculer», selon cette source. Ensuite, il ne désespère pas de reconquérir une partie de l'opinion. Le 14 avril, il doit participer à une émission télévisée pour expliquer sa «politique qui a son sens, son contenu et qui va donner des résultats», ajoute-t-on dans son entourage.

François Hollande a toujours conditionné une nouvelle candidature à une amélioration sur le front de l'emploi. Or l'institut national de la statistique (Insee) envisage un très léger mieux à la fin du premier semestre avec un taux de chômage sous la barre des 10%.

Second mandat?

Ce frémissement aiderait à légitimer une candidature à un second mandat. S'il ne briguait pas sa réélection, «cela voudrait dire qu'il obéit aux sondages, refusant de mener la bataille», confie un autre proche.

Pourtant «ses chances sont quasi inexistantes de pouvoir espérer être réélu», souligne Bruno Jeanbart, alors que la plupart des sondages le donnent éliminé au premier tour du scrutin.

Malgré ce risque d'un second tour entre l'extrême droite et la droite, et des appels à une primaire à gauche, «on ne se bouscule pas au parti socialiste pour remplacer Hollande dans la perspective de 2017», relève-t-il.

«Un autre candidat aurait à porter le poids de l'échec sans profiter de la stature de président sortant, souligne le sondeur. Ce n'est pas sûr qu'il ferait mieux que Hollande. Il pourrait même faire pire».

(AFP)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.