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L’incohérence des prises de position de Manuel Valls crève l’écran

Favori de la primaire, l’ex-premier ministre fait une campagne déconcertante. En se reniant pour tenter d’être central à gauche.

Manuel Valls
Manuel Valls
Lucien Fortunati

A la première épreuve de sa campagne pour les primaires de «La belle alliance populaire», l’émission politique de France 2, jeudi soir, Manuel Valls n’a pas convaincu. Le sondage Harris Interactive de fin d’émission tombait d’ailleurs comme un couperet: l’ex-premier ministre s’était montré moins convaincant qu’Arnaud Montebourg et Benoît Hamon dans le même exercice, tant auprès d’un panel de Français que de sympathisants de gauche.

Favori de la primaire pour les sondeurs, l’ex-premier ministre a sans cesse été ramené à ses contradictions par David Pujadas, Léa Salamé et François Lenglet. Et pas sur un seul sujet: usage du 49.3, foulard à l’université, ISF, 35 heures, défiscalisation des heures supplémentaires, sérieux budgétaire.

Principal artisan du quinquennat de François Hollande, l’homme qui veut incarner «un social réformisme» a voulu apparaître «central» à gauche, au risque de se renier et de renoncer à ce qui fait sa force. Dans le même temps, il n’a pas pu se départir d’un bilan dont il a été le principal artisan. Il a ainsi été contraint d’assumer des choix comme la déchéance de nationalité, qui a profondément divisé son camp. Ou le 49.3, «que les députés frondeurs du PS m’ont imposé».

Pour ne pas rééditer l’erreur stratégique d’Alain Juppé s’adressant aux Français plutôt qu’au «peuple de droite» lors de la primaire de son camp, Manuel Valls affirma qu’il avait «changé», défendant des tabous de la gauche, qu’il n’hésitait pourtant pas à bousculer jusqu’ici. «Je n’ai pas changé de conviction, j’ai mûri, j’ai grandi», déclarait-il. Mais ce mantra usé par Nicolas Sarkozy est devenu, depuis, inaudible.

S’il figure toujours en tête des sondages à deux semaines du premier tour de la primaire, Manuel Valls devra l’emporter sur ses concurrents lors des premiers débats télévisés de jeudi et dimanche pour espérer rester devant. Même avec cet avantage, on voit mal comment celui qui avait fait 5% en 2011, et que beaucoup de socialistes détestent, pourrait éviter au second tour une coalition de ses adversaires (Montebourg, Peillon, Hamon), qui firent un bout de chemin ensemble au sein du Nouveau Parti socialiste (NPS).

Et même s’il franchissait cette étape, on imagine mal que Manuel Valls puisse être présent au second tour de la présidentielle, tant la gauche est divisée, sur les idées, mais aussi sur sa personnalité.

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